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XLII APPENDICE

Comme les tendres fleurs que le froid de la nuit A reclus et fermé, quand le soleil reluit, S'ouvrent en se dressant sur leur verte ramée, De mesmes il m’advint de ma vertu laissée ;

Etle cueur m’enhardit lors de telle façon Qu’'ainsy je commencay sans aprehension :

Piteuse celle là qui me fut aïdante,

Et toy sage courtois qui d’ame obeissante

Sa parole en effait as miz si promtement.

Tu m'as avec desir rendu l’entendement ;

Et la grande vertu de ton poli langage

Ores me fait tourner en mon premier courage.

Va donc, que de nous deux soit une volonté.

Sois mon chef, mon seigneur et mon guide aresté. Ainsy luy dis, et puis qu’en voye le vis mettre, J'entray dans Je chemin noir, sauvage et ciampestre.

Ces deux traductions en vers, inédites et inconnues, témoignent que jadis en France on s'est plus occupé du poëme de Dante qu'on ne le croirait à l'apparence 3. La traduction du quinzième siècle est notablement supérieure à celle du seizième. Une traduction du quatorzième (j'ai exprimé plus hau le regret que nous n’en eussions pas) serait encore meilleure ; le traducteur aurait eu à son service une

4. Dans la suite, le traducteur change de rhythme, quitte le vers de douze syllabes et prend celui de dix.

2. Je n'ai pas parlé de la traduction en vers de Grangier. Elle est imprimée (3 volumes, 1596), et on peut la consulter, du moins dans les bibliothèques publiques. Non-seulement elle est très-inférieure aux deux versions inédites dont je viens de citer des échantillons, mais encore elle est en soi tout à fait mauvaise. A peine si l'on y rencontre de loin en loin quelque vers réussi. M. Le Clerc, Histoire lilléraire de la France, t. XXI, p. 96, en

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