‹ L'EnferChapitre 27 sur 116 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

porte ce style dont ses contemporains lui ont fait honneur. 1l a manqué à nos trouvéres, ceux du moins qui eurent du talent, de s'être donné un tel maitre.

Byron, dans son Childe Harald, II, 8, exprime en de beaux vers combien il serait doux de pouvoir converser avec les anciens sages qui ont honoré la vie mortelle:

« Yet if as holiest men have deem'd, there be A land of souls beyond that sable shore....

How sweetit were in concert to adore With those who made our mortal labours light, To hear each voice we fear’d to hear no more, Behold each mighty shade reveal’d to sight, The Bactrian, Samian sage, and all who taught the right! »

Dante a réalisé pour lui cette aspiration, qui a hanté bien des esprits avant que Byron la consacrât dans les vers touchanis que je viens de citer, et il s'est donné le bonheur ineffable d’avoir, pendant son voyage, la compagnie de l'ombre de celui pour qui il avait le plus d’admiration et de reconnaissance.

Nel mezzo del cammin di nostra vita Mi ritrovai per una selva oscura ; Chè la diritta via era smarrita.

E quanto a dir qual era è cosa dura Questa selva selvaggia ed aspra e forte, 6 Che nel pensier rinnuova la paura !

Tanto è amara che poco è più morte ; Ma, per trattar del ben ch' i’ vi trovai, Dirò dell’ altre cose ch’ io v’ ho scorte. I’ non sò ben ridir com’ io v’ entrai, Tanto era pien di sonno in su quel punto 42 Che la verace via abbandonai.

Ma poi ch’ io fui al piè d’un colle giunto, Là ove terminava quella valle Che m’avea di paura il cor compunto, Guardai in alto, e vidi le sue spalle Vestite già de’ raggi del pianeta 18 Che mena dritto altrui per ogni calle.

4. Mi chemin : la trente-cinquième anuée de la vie de Dante, qui correspond à l’an 1300.

2. Selve oscure: la vie de péché dans laquelle il était tombé depuis la mort de Béatrice. C'est Dante lui-même qui donne cette interprétation, Purgat., XXIII, 115-

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