Ma vois: ce que Virgile a dit à Dante, I
à -—- me mme asa DIVI
PORTE DE L'ENFER, VESTIBULE; CEUX QUI NE SERVIRENT NI DIEU NI LE DÉMON; CÉLESTIN V; L’ACHÉRON ; CHARON; PASSAGE; TREMBLEMENT DE TERRE.
Rien de plus sombre et de plus douloureux que cette entrée de l'enfer. Certes, il a fallu que le grand poëte eût une bien claire et bien puissante vision de tout ce qu'il imagine, pour avoir imprimé à son langage tant de terreur.
Dès ce chant nous rencontrons ce que nous rencontrerons encore bien des fois, l'entrelacement des êtres de la mythologie païenne parmi les conceptiôns chrétiennes. L’Achéron arrose l'enfer, et Charon est là avec sa barque pour passer les âmes :
« Portitor has horrendus aquas et limina servat Horribili squalore Charon. »
(Æn., vi, 298.)
Mais un trait qui lui est propre, c'est d'avoir placé dans le vestibule les âmes de ceux qui n’eurent ni le courage du bien, ni le courage du mal. Le poëte médiéval a été inspiré en ceci par l’Apocalypse, qui dit: « Je connais tes œuvres, c'est que « tu n’es ni froid ni bouillant ; 6 si tu étais ou froid ou bouil- « lant ! Parce donc que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni « bouillant, je te vomirai de ma bouche. » (ui, 15 et 16.)
Dante a mis ces tièdes parmi une troupe d’anges tombés aussi, mais dont le crime est non pas de s'être révoltés contre Dieu, mais de n'avoir sungé qu’à soi et d'étre demeurés neutres dans la grande rébellion. Les commentateurs n'ont pas retrouvé dans les anciens textes mention d'une classe d'anges de ce caractère ; il paraît donc que c'est une création de l’imagination du poéte. Béranger, en un tout autre sens, a, dans sa gracieuse chanson de l’Ange exilé, fait un sort à part, mais plus doux, à l'un des esprits révoltés.
Per me si va nella città dolente, Per me si va nell’ eterno dolore; Per me si va tra la perduta gente.
Giustizia mosse il mio alto fatore; Fecemi la divina potestate, La somma sapienza e il primo amore.
Dinanzi a me non fur cose create, Se non eterne; ed io eterno duro.
Lasciate ogni speranza voi ch’ entrate.
Queste parole di colore oscuro Vid’ io scritte al sommo d’ una porta ; Perch’ io : « Maestro, il senso lor m° è duro. » Ed egli a me, come persona accorta :
« Qui si convien lasciare ogni sospetto :
Ogni viltà convien che qui sia morta.
Noi siam venuti al luogo ov' io t' ho detlo Che tu vedrai le genti dolorose Ch’ hanno perduto il ben dello intelletto. »
. Ed poi che Ja sua mano alla mia pose Con lieto volto, ond’ io mi confortai, Mi mise dentro alle segrete cose.
Quivi sospiri, pianti ed alti guai Risonavan per l’ aer senza stelle;
Par moi se va dans la cité dolente; Par moi se va dans l’eternel dolor ;
Par moi se va parmi la gent pullente.
Justice mut mon souverain faitor;
Et sì me firent devine Poestés
G Raisons hautisme et premeraine Amor.
Chose avant moi, se non eternités,
Ne fu; et si eternaument je dure.
Toute esperance laissés, vous qui entrés.
Cestes paroles d’une color oscure Je vi escrites au somet d’une porte.
2 Etje : « Ci a senefiance dure. »
Et il à moi, com cil qui autre enorte :
« Ici convient laisser tout contredit ; Toute viltés convient qu'ici soit morte.
Venu nous somes au lieu où je t'ai dit Que tu verras les gens maleürées 48 Qui ont perdu le soverain delit. »
Puis, o sa main et ma main assemblées, D'un lié visage dont je me confortai, M'entroduisi ens aus choses secrées.
Tentir s’ oioient souspir, plaintes et wai, En ceste nuit profonde sans esteles ;