XXVI VIE
vers où l’amour, dit Paul Costa, revêtit nn caractère si noble et si élevé, que la jeunesse n’y peut puiser que de pures jouissances et de chastes émotions : un traité De Mo. narchid, où le républicain établit que la monarchie est nécessaire à l’homme; un autre De vulgari Eloquentié, qui fournit de précieuses lumières sur la nature et le caractère de l’idiome italien. Mais sa prose latine ou italienne est loin de valoir ses vers. Sa paraphrase des psaumes da David est pleine de pompe et de majesté. Ses églogues, quoique remarquables, sont au-dessous de ses stances, qui sont des modèles de goût et de grâce : on y retrouve partout catte Béatrix, qu’il choisit pour guide dans son voyage au ciel. | | |
s Era venuta nella mente mia
» La gentil donna che per sua valure « Fu posta dall’altissimo signore
» Nel ciel d’umiità dov’è Maria. »
Une autre commence par cette noble pensée :
. « Amor, che muowi tua virth dal cielo, » Come il sol lo splendore.... »
Mais le livré qui a fait oublier tous les autres, qui à fait la gloire du poète et de sa patrie, l’admiration du monde et de la postérité, c’est la Divins Comépre. On dirait, en le lisant, qu'il est allé chercher au ciel le langage et la pensée des dieux. Là, rien de plus neuf et de plus hardi que l’invention, rien de plus majestueux et de plus simple que le plan, rien de plus énergique et de plus original que le style. Dans ce miraculeux voyage, il suffit de quelques heures au poète pour vous plonger avec lui dans les plus profonds abîmes de l'enfer, et vous enlever, à travers les douloureuses joies du purgatoire, au plus haut de la plus haute sphère du eiel. Sombre comme l’enfer, radieux comme le paradis, ailleurs fondant ensemble ces deux teintes extrêmes. Après