Sous un ciel sans étoiles
e .. …. . + . + + + Loca torbida, tristes » Et sine sole domos. . . . . .»
(Vinc. Énéips.)
C’est surtout pour le poète qui a vécu sous le beau ciel de
l'Italie que l'aspect d’un ciel sans étoiles est déjà un supplice.
3 0 + + + + + + + + auchœur des mauvais anges, etc.
On lit dans Clément d'Alexandrie : « Novit enim aliquos quoque ex angelis propter socordiam humi esse lapsos. » . Dante, comme le sévère et sage Solon, voue au mépris cette tourbe d'hommes qui, suivant l'expression de l’Arioste, ne sont né corvo, né colomba, et qui, dans les temps d’agitations politiques, gardent une prudente neutralité, toujours prêts à se ranger du côté du vainqueur.
h + + + + + + + + en reconnaissant l’homme Qui fit le Grand-Refus..…
Célestin V, nommé pape en 1294 (voir la vie de Dante), abdiqua presque aussitôt. Le vers 105 du 27° chant me para exclure toute autre interprétation : mais pendant que Dante placait ce pontife à un rang si abject, les conciles le rangeaient parmi les saints.
5 Attends qu’à l’Achéron nous arrêtions nos pas.
Fleuve de l'Enfer des païens que Dante a transporté dans celui des Chrétiens.On verra plus tard comment il sait s’approprier cette création. (Chant 14°.)
6 Sous la main d’un vieillard tout blanchi par les ans, etc. Imité de Virgile :
« Zerribili squalore Caron, cui plurima mento » Canities inculta jacet : stant lumina flammä, etc. »
7 Ainsi qu’aux premiers froids, etc.
Imilé de Virgile :
« Quäm mulla in sylvis autumno, frigore primo, » Lapsa cadunt folia, etc. »
Mais combien le rende de Dante est plus beau! Malheureu-
sement ces délicatesses exquises ne se font sentir qu’à une seconde lecture; et, de nos jours, qui a lu deux fois un livre ?
8 Me dit avec douceur, etc.
Quelques instans auparavant, Virgile a parlé d’un ton sévère. |
A J'étais au bord du val, etc.
L'enfer de Dante n’est pas, comme celui d'Homère et de Virgile, une surface plane, mais un immense entonnoir divisé en neuf grands cercles superposés, et au milieu desquels est percé un puits qui sert à communiquer du premier au second, du second au troisième, ainsi de suite jusqu’au dernier de tous qui est aussi le plus étroit et le plus doulourenx.
RE nous passions lentement
Cette forêt d’Esprits. . . . . . .
Et non pas cette forêt pleine d'Esprits, comme l'ont supposé presque tous les commentateurs. Cette locution n’a même rien d’étrange pour nous qui disons fort bien une forêt de lances, une forêt de cheveux.
Grangier, qui vivait sous Henri IV, et qui a traduit toute
la divine comédie vers par vers, avec une fatale exactitude, Grangier a dit avant moi :
CR +. . * dla forêt noire et sombre.
» Cette forêt, j je dis, des Esprits en grand nombre. »
3 Sept portes devant nous, etc.
Ce palais, ces sept portes ne signifieraient-ils pas le temple de la Sagesse, les sept sages de la Grèce? etc.
[A Electre était mêlée aux héros de son sang, etc.
Fille d'Atalante qui régna sur une ville d'Italie que l'on croit être aujourd'hui Corneto. Elle eut de Jupiter Dardanus, le fondateur de Troie.
César se trouve mêlé aux héros troyens, parce que les nobles Latins veulent tous descendre des compagnons d’Enée, comme les nobles Français des guerriers Francs.
e Nascetur pulchrä Trojanus ab origine Cesar. »
Camille, reine des Rutules, qui secourut Turnus contre Enée. — Penthésilée, reine des Amazônes, qui secourut les Troyens contre les Grecs. — Latinus, roi du Latium, qui donna sa fille Lavinie au prince Troyen, quoiqu'il l’eût promise à Turnus. — Julie, fille de César et femme de Pompée. — Marcia, femme de Caton d’Uthique qui, l'ayant répudiée pour la faire épouser à Hortensius, la reprit aprés la mort de celui-ci. — Cornéfie, fille de Scipion FAfricain, mère des Gracches. — Saladin, sultan de Babylone, qui remporta une grande victoire sur les Chrétiens, en 1187. C'était un trait d'audace, au 14° siècle, de placer en si bonne compagnie le plus terrible ennemi des Chrétiens. Dante a fait mieux encore : car il a placé dans le Purgatoire et dans le Paradis des héros et des sages du paganisme.
5 Je vis le Maitre assis, etc.
Aristote. « Magister dirit » était la formule scolastique qui
répondait à tout. Dante le met au-dessus de Socrate et de Platon. Pétrarque, qui florissait à peu près dans le même temps, a donné la préférence à ce dernier.
Démocrite, qui ne voit dans le monde qu’un composé d’atômes s'accrochant au hasard. — Diogènes le cynique, de Synope. — Anaxagores, de Clazomènes. — Thalès, un des sept sages. — Empédocles, d’Agrigente, qui se préeipita dans le cratère de l'Etna. — Diascoride, né en Silicie, qui a fait un traité sur les propriétés des végétaux et des métaux.
Grangier avoue naïvement qu’il n’a pu traduire mot à mot le vers de Dante; et sa périphrase est curieuse :
« J'ai vu le bon simpliste auteur de l’Apothèque » Des herbes et métaux, Diascoride l’ancien. »
Il se tire par des abréviations de cette longue nomenciature de noms propres :
« Thalès, Empéd. Héraol. et le Zénon Stoïque. »
Celui qui écrivait de tels vers a précédé de peu d'années le grand Corneille.