‹ L'enfer, poëme traduit en versChapitre 29 sur 38 · ENS · texte numérisé non relu

ENS

Quelque aride que soit la matière de ce chant, il faut le

lire avec attention, car il est comme l'argument et la clé de tout le reste du poëme.

4 Quand le cœur la renie, etc.

Il y a quelque part dans les livres saints : Dirit insipiens in corde suo : non est Deus.

2 Et lé blasphémateur, et Sodome et Cahors.

Cahors est une ville du Quercy, qui, du temps du Poète, renfermait, dit-on, beaucoup d'usuriers.

3 +. + + + . -« lesfils de Simon, etc.

Les Simoniaques, qui trafiquent des choses saintes, comme les Barattieri trafiquent des honneurs terrestres.

Sinon : qui conseilla aux Troyens de recevoir le cheval de bois.

& . Les néüds de la nature et cés nœuds plus étroits.

Non plus seulement l'amour du prochain, qui est un lien naturel, mais les liens sociaux, ceux de l’amitié, de la famille, de la patrie.

5 Brutalité, Malice et folle Incontinence.

Voici le texte d’Aristote : Dicendum est rerum circä mores fugiendarum tres species esse : Incontinentiam, vitium et feritatem.

Non pas que Dane ait adopté la division d’Aristote. Il veut seulement montrer, par ce rapprochement, que tous les pé-

chés, n’ayant pas la même gravité, ne doivent pas être punis tous de la même peine.

6 Ce que dit la Genèse, à son commencement.

— « De ces deux, c'est-à-dire de la nature et l’art, il faut » augmenter ses commodités. Car au Genèse il est escript

» qu'au commencement du monde il fut besoin que l’hu- » maine génération prit un ordre de vivre et que l’un avan- » çât l’autre par la nature et par l'art. Pour cette cause il x, monstre que l'Usure est une chose damnable qui est éloi- » gnée des moyens que l’on doibt tenir pour augmenter son » bien, comme est la nature et l'art, lesquels méprise l’usu- » rier. Aussi Dieu défend l'usure au Lévitique. « Pecuniam » tuam non dabis fratri tuo ad usuram, et frugum superabun- » dantiam non exiges. » (Note de Grangier.)

7 Le signe des Poissons à l’horison surnage.

Dante a décrit la chûte du jour dans les premiers vers du second chant, le milieu de la nuit dans le septième : il explique en ce moment le retour de l’aurore. Le soleil est dans le signe du Bélier. Les Poissons le précèdent de deux heures à l’horison : au même instant le char de Bootez, autrement appelé le char d'Orion, brille au nord-ouest, d'où s'échappe le vent appelé Corus en latin, et en italien Maestro ponente.

Cuvier a dit d' Homère qu'il était anatomiste profond, qu'il décrivait toutes les blessures de ses guerriers suivant les règles de la science, qu'il ne les faisait jamais mourir d’un coup qui ne fût pas mortel. Dante est tout à la fois logicien, géographe, physicien et astronome. C'est que le poète, comme l'orateur, ne doit regarder aucune science comme étrangère à ses études. |

SpéL

A Telle est cette ruine, eic.

C'est te mont Barco, entre les villes de Trente et de Trévise.

2 L'opprobre de la Crète, etc.

Le Minotaure, fruit de l'amour monstrueux que Pasiphaë, femme de Minos, avait conçu pour un taureau. Il fut tué par Thésée.

3 Quand ici j’ai passé, etc.

Puisqu’alors je venais de mourir, et que le Christ, dont la mort a causé ce tremblement de terre, vivait encore cinquante ans après moi. (Voir ch. 1x, vers 23 et suiv.; — ch. tv, vers 53 et suiv.)

h Je crus que, tout-à-coup, dans toutes ses parties, etc.

C’est le système d’'Empédocles, que la face du monde aurait été déjà plusieurs fois renouvelée par ces immenses révolutions. |

5 Le troisième est Folus, etc.

Folus, assistant aux noces de Pyrithoüs, roi des Lapythes, voulut lui enlever sa jeune épouse Deïdamie. Il fut tué avec presque tous les autres Centaures.

Chiron, fils de Saturne et de Philire, fut chargé, par Thétis, de l'éducation d'Achille.

Nessus, fils d'Ixion et de la Nue, fut tué à coups de flèches par Hercule, au moment où il enlevait Déjanire. On sait comment il se vengea, même aprés sa mort. La crédule princesse reçut de lui une robe trempée dans son sang, et la fit revêtir à Hercule qui mourut.

6 Ici pleure Alexandre, et ce cruel Denis.

Presque tous les commentateurs refusent de voir ici Alexandre-le-Grand : c'est, suivant eux, je ne sais quel

Alexandre de Phère, tyran de Thessalie. L'auteur de l'Ode à la Fortune en aurait, je crois, jugé autrement. Denis, tyran de Syracuse.

7 La tête aux cheveux noirs est d’un tyran servile.

Servile a ici un sens énergique. Cet Azzolin était gouverneur de la marche de Trévise, pour Frédéric Il; et ce fut au nom de son maitre qu'il tyrannisa les Padouans. Tacite a dit dans le même sens : Serviliter pro dominatione.

Obizzon d’Est, dont il est parlé plus bas, marquis de Ferrare, homme cruel et avide qui fut tué par son propre fils. Les mots « per vero » au 101° vers, indiquent que les opinions étaient partagées sur ce point.

Il est curieux de rapprocher ici deux grands nee qui ont tracé les mêmes portraits.

L’Arioste parle ainsi d'Azzolin :

« Ezellino, immanissimo tiranno

» Che fia creduto figlio del demonio » Farà troncando i sudditi tal danno »s Chè . … …. …

» Federico imperâtor secondo

» Fia....rotto et messo al fondo. »

Et plus bas :

« Obizzo vidi, etc. » | (L'Orlando far. - — Cant. 53.)

8 Regardez à l’écart cet homme à l’œil farouche.

Guy de Montfort, pour venger la mort de son père, tua, dans l’église de Viterbe, et pendant la messe, Henry, fils de Henry IIL, roi d'Angleterre. Le cœur du jeune prince fut embaumé et envoyé à Londres. Je crois avoir vu à Westminster une statue qui le représente, tenant à la main une coupe d’or où cette relique est déposée.

9 Gelui qui fut nommé le fléau de Dieu même,

Attila, roi des Huns.

CHANT XIHIL.

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