‹ L'enfer, poëme traduit en versChapitre 5 sur 38 · DE DANTE ALIGHIERI. RAT · texte numérisé non relu

DE DANTE ALIGHIERI. RAT

de ses conciloyens. Sa précocité se faisait remarquer .en toutes choses. Il semblait que, déjà homme par l'esprit, il dût l'être aussi par le cœur; car à cet âge il s’éprit trèssérieusement d'une charmante jeune fille qu’il nomme dans ses écrits Béatrix, et dont le père s'appelait Folco Pertinari. :

.Get amour ne nuisit point à ses études. Il avait senti que ce qui plaît surtout aux femmes, dans notre sexe, c’est notre supériorité ; et dans son âme comme dans toutes les âmes bien faites, s'étaient développés, avec le désir de plaire, les plus nobles moyens d’y parvenir. Il approfondit avec ardeur tout ce qu'à cet âge on effleure avec dégoût. . Il s’appliqua surtout à l'étude des profanes grecs et latins, presque oubliés ou excommuniés de son temps. Il jeta sur les travaux les plus arides le charme de cette sensibilité réveuse que l’on retrouve même dans ses plus amers souvenirs. Plus tard, sous les sèches controverses de la théologie, il se plut à poursuivre les mystères de l'infini. Supérieur aux mesquines dévotions de son siècle, il lut au fond des fictions de la mythologie les merveilles d’une civilisation perdue, et les trésors d’une haute philosophie lui apparurent à travers ce voile de poésie qui couvre les œuvres de l’antiquité. Déjà peut-être il rêvait que si la force des armes est une puissance qui dompte les hommes, la douceur des lettres a un charme qui les attire et une puissance qui les civilise ; que le temps était venu de les éclairer au lieu de les asservir, et qu’à tout prendre l’homme est Je roi de la’'eréation, non comme la plus forte, mais comme la plus iatelligente des créatures. |

Les passions n'avaient donc dans cette âme fortement trempée rien de ce qui énerve et amollit ; elles participaient de l'élévation de son esprit et de la fermeté de son caractère : « 91 di virtd come d’amore materiate. » C’est ainsi qu'il

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