XXI: VIE
vaines tentatives, une troupe nombreuse de cavaliers tente enfin la fortune, s'élance dans la campagne de Florence, force les portes, pénètre à grande course jusqu’à la place San-Giavanni., Mais « le peuple et les flots sontchangeans. » Les anciens amis des Guelphes-Blancs e’arment contre eux et les rejettent hors de la ville.
Dante alors se réfugia près d’Albin della Scala, sire de Véronne, qui consacrait ses immenses richesses à secourir les exilés et les malheureux, quelle que fût leur bannière. Mais la magnifique hospitalité de ce baron ne put faire oublier à Dante sa patrie. Il écrivit des lettres suppliantes pour obtenir son rappel; une, entre autres, au peuple même de Florence, commencant par ces mots :« Popule mee, quid feci tibi? » Ces tentatives ayant échoué, le poète quitta Véronne et ne cessa d’errer, comme Homère avant lui, comme après Ini Pétrarque et le Tasse, trainant partout ce regret de la patrie absente, ce mal dont on ne peut guérir et qu’il faut avoir souffert pour le comprendre. Il parcourat l'Italie, revint à Can Grande della Scala, frère et digne héritier de son noble ami, visita la France, se fit recevoir, à Paris, théologien : ce qui alors voulait dire Sage parmi les Sages. Puis, on voit dans un poëme latin de Boeace qu'il fit un voyage en Angleterre. |
L'empereur Albert venait de mourir assassiné, et Henry, comte de Luxembourg, avait été mis à sa place par les électeurs de l’Allemagne. Toute l'Italie connaissait l'ambition de ce prince. Dante composa en son honneur son ouvrage De Monarchiä, accepta sa protection, mais refusa de rentrer . ans sa patrie, les armes à la main. Henry ayant mis le siége devant Florence, fut contraint de le lever après quarante jours d’une glorieuse résistance, et mourut dans sa retraite empoisonné avec une hostie.
Aighieri perdit tuute espérance : non content de recher-