‹ L'énigme allemandeChapitre 100 sur 106 · À L'AL · texte numérisé non relu

À L'AL

de nous, avec tous les deuils et les désastres qu’elle entraînerait à sa suite. Nous ne faisons appel à personne pour soutenir nos droits et nos libertés par une violence ou une menace quelconques:

Nous n'avons pas besoin, Croyons-nous, de la guerre pour assurer à notre pays, tôt ou tard, une situation conforme à ses vœux dans l'Europe civilisée. Nous savons attendre, et nous attendons. Nous avons la conviction que la justice immanente amènera inévitablement., fatalement, une nouvelle discussion de la question d'Alsace-Lorraine, où l’Europe entière — y compris l'Allemagne — devra, voudra enfin nous entendre. La question d’Alsace-Lorraine, de l’aveu de tous les hommes sincères, éclairés et non prévenus de tous les pays, est le cauchemar de l'Europe. C’est la faute commise par l’Allemagne en 1871 qui est la cause essentielle des armements ruineux de la Triple Alliance et de la Triple Entente. C’est de la question d’Alsace-Lorraine que dépend et dépendra de plus en plus l’équilibre européen. Le jour viendra où toutes les puissances de l'Europe — l'Allemagne comprise, encore une fois — éprouveront le besoin impérieux, irrésistible, de régler enfin cette question brûlante qui empêche l’Europe toul entière de respirer librement et de se livrer sans crainte aux iravaux féconds de la paix.

De nos jours, le monde va vite, les opinions en apparence les plus réfléchies, les convictions les plus fortement enracinées changent vite aussi. Ge qui s'est passé dans les Balkans, depuis quelques mois, est là pour le prouver. Tout le monde a dû se convaincre que, même chez des populations moins cultivées que la nôtre, chez des populations qu’on traite de demi-

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barbares, le principe des nationalités et le droit des peuples de disposer d'eux-mêmes ne peuvent plus de nos jours être considérés comme de vains mots. Il a L été démontré aux esprits les plus sceptiques que même plusieurs siècles de domination extérieure ne suffisent pas pour asseoir une conquête sur des bases solides, lorsque à la conquête extérieure ne vient pas s’ajouter la conquête morale des nationalités opprimées. Le spectacle que les Balkans et les grandes puissances — y compris l'Allemagne, je le répète — nous ont donné dans ces derniers temps, est un spectacle consolant et réconfortant pour tous les opprimés en Europe...

… La cause générale de la civilisation est intime- | ment liée au drame qui se déroule en Alsace-Lorraine. | Nous avons un rôle à jouer dans l’histoire de l’humame nité! On a fait de nous des victimes du principe : « La | force prime le droit », qui était en honneur dans les temps anciens. Nous leur opposons cet autre principe, | qui est en honneur dans les temps modernes : « Le | droit finit par primer la force ». Et nous osons espérer que l’histoire dira un jour : La cause de la civilisation, de la vraie, de celle qui ne repose pas sur la force, sur la force grossière, mais sur la justice et la vérité, sur la volonté, les sentiments et la liberté des peuples, n’a Jamais eu de défenseurs plus nobles et plus dignes que les Alsaciens-Lorrains.

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France et Allemagne. — Une vieille querelle. — De César

à Bismarck. — De Iéna à Sedan. — Le poids d’une faute. — Les peuples historiquement et diplomatiquement solidaires. — Examen de conscience. — L'esprit de paix ou l'esprit de guerre? — L'éducation civique. — Force militaire, puissance financière. — L'Allemagne de Mme de Staël. — Gloire ou profit? — L’Erbfeind. — Entre l’Allemagne et l'Angleterre, la France « otage ». — Que veut le gouvernement? — La presse et l'opinion. — Les libéraux, les pangermanistes, les socialistes, les universitaires. — L’empressement de tous à s'expliquer. — Quarante ans avant :-un prophète. :::..2:050mR RÉ

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Les caractères d'Agadir. — Le metteur en scène : M. de Ki-

derlen-Wæchter. — La marche vers Agadir, fait brutal, mais non isolé. — L'accord de 1909. — Les chemins de fer marocains. — Histoire d’une négociation. — Tout le

monde est d'accord, M. Cambon insiste, mais M. Cruppi a le temps. L'expédition de Fez décidée : regrets, avertissements et mauvaise humeur de la Wilhelmstrasse. —

M. de Bethmann-Hollweg à la rescousse. — Ses inquiétudes. — Le malentendu fondamental de Kissingen. — Les raisons d'Agadir. — Réaction contre la politique du

prince de Bülow. — Déboires de l'Allemagne au Maroc. — Comment on décida l'Empereur.........:....:...,.

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A Kissingen. — Le successeur de Bismarck à la villa Germania. — Le chapeau vert et la pèlerine. — La politique des faits et de l'intérêt. — Méfions-nous de la « grande politique ». — En Turquie. — En attendant « le grand jour ». — Pourquoi une hostilité systématique? — Les tâches communes de la Triple Alliance et de la Triple Entente. — L’utopie du désarmement. — Agadir expliqué par son auteur. — Au service de la paix. — Plus de question marocaine. — Le rôle de la presse. — Avances à la France. — Le Bagdad. — Tout pour la paix. — Mais les lois militaires? — Un jardin historique.............. 46

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Du régime absolu au régime parlementaire. — Le paradoxe du prince de Bülow. — Le premier chancelier parlementaire. — M. de Bethmann-Hollweg, soldat de l'Empereur. — Les mots et la chose. — La censure des couloirs. — Un personnage d’Ibsen. — M. le President craint de se compromettre. — Le député-professeur von Liszt. — Une œuvre utile. — Les raisons de s'entendre. — Les pangermanistes font du bruit. — « Le bel ouvrage » des politiciens. — Espoir dans les journaux. — L'aviation agressive. — Pourquoi les libéraux ont voté les armements. — La crainte de l'Angleterre. — L'Allemagne détachée du Maroc. — La politique des grands gestes. — Patience et confiance... toits mu HUM ES 70

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