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A Hi d'elle-même. Après quarante ans de conquête, | 1: $ vous en êtes encore à chercher un mode de ger- HA manisation. La troisième génération des annexés | \ ê est plus loin de vous que n’était la première. Les 1 k fils des Allemands immigrés sont plus alsaciens if que les Alsaciens. Est-ce notre faute ?
FE __ Si vous les souteniez moins, les Alsaciens se | k | résigneraient plus aisément. Mais je reconnais que 1 à de lourdes maladresses ont été commises par des qi | fonctionnaires mal choisis et mal dirigés. Ce sont
des fautes administratives qu’il est sans doute possible de corriger, et qui laissent intact le fond de la question. Ne nous laissons pas influencer par les A attitudes. La France, jadis, conquit l'Alsace : savezqi Li à vous si, dans le premier moment, les Alsaciens
ont montré beaucoup d'enthousiasme à devenir È Français? Vous porteriez-vous garant des senti- 1h ui | ments des Alsaciens dans deux cents ans, dans
| cinquante ans? Réfléchissez aussi que germanisa- (4 1 tion et bien-être sont deux choses. Les Alsaciens ie résistent, il est vrai, à leur nouvelle nationalité;
mais nous avons beaucoup fait pour leur pays, et le temps viendra, lorsque les passions se seront
| apaisées, où il leur faudra bien reconnaître les 1 progrès économiques et matériels qu'ils nous doi- | vent. Peut-être alors se diront-ils que nous n'avons Nil : Fe. Tai [HE pas été pour eux des conquérants trop durs. Mais [I | quand votre presse, quand opinion française les | À (i :
encouragent dans leur mauvaise humeur, les excitent contre nous, savent-elles ce qu’elles font? Ces Alsaciens que vous croyez vôtres, êtes-vous sûrs que, librement consultés, ils voudraient redevenir Français? |
D'une voix plus caressante, avec des gestes plus souples encore, M. Harden continua :
— Quoi qu'il en soit, il est bien vrai, hélas! que nous sommes encore très loin les uns des autres. Ne serait-il pas temps que, des deux parts, l’on se mît en marche? Car enfin, supposez un rapprochement entre l’Allemagne et l'Angleterre, comme la chose faillit se conclure il y a quelques semaines.
Je fis un geste de surprise.
— Oui, oui, je dis bien, comme la chose fut un instant probable, il y a peu de temps, ne pensezvous pas que la position de la France, par rapport à l'Allemagne, se trouverait quelque peu modifiée, et que peut-être elle ne deviendrait pas très agréable? L’entente anglo-française, il faut bien le dire, est une combinaison tout artificielle, car, entre les deux peuples, il n’est aucun point de contact, et de tous les peuples du monde, l'anglais est celui qui vous comprend le moins. Que ne produirait pas, en revanche, l'union de nos deux pays? Faut-il donc désespérer que la France comprenne jamais tout ce qu'aurait de profitable, de sûr, d’efficace, une
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