‹ L'énigme allemandeChapitre 24 sur 106 · PES CR · texte numérisé non relu

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intrépide et obstinée. IL entreprit de revivre, avec une volonté à la fois tenace et précise, et l’on peut dire que sa jeune grandeur date d'Iéna, que, sans Jéna, la Prusse n’eût pas si tôt réalisé l’unité allemande. Oui, Iéna, dont Napoléon espérait la destruction définitive d’un ennemi inquiétant, fut le point de départ et comme la condition de son glorieux destin (1). Ce qui avait été conçu pour sa ruine devait faire sagrandeur. Or, ce miracle derésurrection, c'est par l’armée que la Prusse a su l’accomplir.

« Sans délai, sans préjugés, sans autre pensée que le salut national, on se met à la réformer. Mais on fait mieux que de la réformer; on la montre au peuple comme l'instrument auguste et nécessaire de la rédemption. Des comités s’organisent, des sociétés secrètes poussent, à travers le territoire, leurs ardentes ramifications, des poètes se lèvent, une pédagogie nouvelle formule ses méthodes et montre son but; mais tous, hommes d’État, gens des comités, techniciens, initiés, prédicateurs, conférenciers, apôtres, pédagogues et poètes, tous, parlant pour la patrie, parlent pour l'épée, c'est-à-dire pour l’armée!

(1) « Mais cette dure punition pour les temps passés d’inaction et, partant, de déchéance avait fait œuvre de purification. Dans toute sa netteté, s'était réveillée la conscience qu’un Prussien ne saurait vivre sans honneur. » Ainsi s’exprimait l'Empereur, le 10 mars 1913, dans son fameux ordre du jour À

mon armée! lancé en commémoration des grandes journées de

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« Sept ans après Iéna, en 1813, la Prusse, d’un viril effort, se redresse. C’est l'appel aux armes, la levée en masse, 200 000 hommes fournis à la coalition. En 1814, elle se donne la première des constitutions militaires d’où est sortie son armée actuelle. C'était alors un petit peuple. Mais Le 3 septembre, elle établissait le service obligatoire de trois ans, et, avec 10 millions d'habitants, elle pouvait mettre en ligne 520 000 hommes, dont 360 000 formaient l’armée active de campagne (1). Elle y dépensait par an 94 millions de francs, prélevés courageusement sur un budget total de 270 millions. C’est avec cette armée qu'elle fait, en 1848 et en 1849, les campagnes du Slesvig et du Grand-Duché de Bade, et qu’elle mobilise en 1850 et en 1859; mais alors les défauts en apparaissent, une mauvaise utilisation de la landwehr produit des résultats déplorables : refus de partir, désertions, refus de marcher, indiscipline, désobéissance devant l'ennemi; et, le calme revenu, la Prusse, en 1860, donne à son armée un statut nouveau.

(1) Du même ordre du jour À mon armée! déjà cité « C’est avec une admiration sans fin que je songe aux héros de ces jours. Je songe à Scharnhorst qui, par un travail opiniâtre en temps de paix, a établi la base du relèvement de la Prusse — du service obligatoire — mais qui ne devait pas assister à la moisson de ce qu'il avait semé. Je songe aux chefs qui conduisirent l’armée dans sa marche victorieuse : Blücher, Yorck, Bülow, Gneisenau et tant d’autres, dont les noms sont inscrits en lettres de feu sur les tablettes de l’histoire. » (10 mars 1945.)

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