‹ L'énigme allemandeChapitre 34 sur 106 · D EE · texte numérisé non relu

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magne, c'est-à-dire l’ensemble de leurs importations et de leurs exportations (1) :

France Allemagne 1000... 2. 8 646 200 000 fr. 12 731 400 000 fr. AR. 14 1442 700 000 fr. 21 793 400 000 fr.

En dix ans, quand l'activité commerciale de la France progressait de cinq milliards et demi, celle de lAllemagne en gagnait donc près de neuf!

Bornons-nous à ces chiffres. Mais considérons en outre le progrès général des affaires, une avance économique, une diffusion du bien-être, qui s’attestent par la multiplicité des transactions, l’augmentation du trafic sur les chemins de fer (2), l'accroissement de la production de la houille et de la fonte (3), la consolidation du taux moyen de

(1) Ces chiffres sont pris dans le Rapport annuel (1912) rédigé par M. Alfred Picard au nom de la commission des valeurs de douane.

(2) L'empire allemand possédait, en 1870, 19 575 kilomètres de voies ferrées; en 1910, il en avait 61 148.

Il possède 50575 bureaux de poste; la France n'en à que 43 631; soit, pour 100 000 habitants : d'un côté, 79,4; de l’autre, 34,7. Alors que l'Allemagne à 974640 postes téléphoniques, et, par habitant, 26,2 communications, la France n'a que 219 333 postes et 6,5 communications par habitant. L'Allemagne a 4 million de kilomètres de plus de lignes télégraphiques que nous (4 950 000 contre 914 000).

(3) L'Allemagne fournit près du quart de la production mondiale du fer et de l'acier (22,1 pour 400); 19,3 pour 100 de la production mondiale de la houille; le quart (24,3 pour 100) de la production mondiale du coke. Elle occupe, dans ses exploitations minières, près d'un million d'ouvriers.

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11 l’'escompte, le développement de la consomma- {1 tion (1), la hausse des salaires (2) et celle du coût | j de la vie, plus accentuées qu’en France, et con- | cluons avec un de nos économistes : « On gravit la Hi pente, on ne la descend pas. »

| … On gravit la pente... Mais si l'Allemagne a | retenu le geste de Bismarck lui montrant les D mines à creuser, l'industrie à créer, c’est, répéqi: tons-le, par besoin vital. En 1870 et dans les ‘1 années qui suivirent, elle pouvait vivre peut-être ! 1 sur elle-même et se contenter des produits du sol. . il Mais la terre allemande est pauvre, incapable de l. le nourrir plus de cinquante millions d'habitants, et | | | lorsque la nation doit faire venir du dehors la nour- | Îl riture de vingt millions de ses enfants, comment ji

la payera-t-elle, si elle ne trouve, dans les produits

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de sa fabrication, l'équivalent des biens que lui

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refuse la terre? C'est ainsi que l'Allemagne, pous-

sée vers sa destinée par la parcimonie de son sol

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et la richesse de son sous-sol, devint industrielle

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(1) De 1880 à 1910, la consommation par habitant a augmenté

dans les proportions suivantes : pommes de terre, 80 pour 400; viande, 46,9 pour 100; sucre, 188,5 pour 100; fruits du Midi (en grande partie français), 300 pour 400; houille, 120,5 pour 100; fer brut, 203,8 pour 100; zinc, plomb, cuivre, 225,9 pour 100; coton, 100 pour 4100, etc.

Re (2) Le tableau de la hausse des salaires accuse, depuis vingt IE et trente ans, des augmentations qui vont de 50 pour 400 à ll } te plus de 100 pour 100. Ainsi les maçons et charpentiers de Ber- EL 11. lin, qui gagnaient 3 marks en 1882, en recevaient, en 4908, 6,75; le salaire des ouvriers des usines Krupp, à Essen, est passé, de 3 marks 19 en 1880, à 5 marks 35 en 1906.

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et commerçante (1). Elle y gagna bientôt quelque bien-être : ses besoins s’en accrurent, et, avec eux, le désir de produire davantage. Ainsi l'entraîna une fièvre de travail qui se décuple. Ainsi le commerce allemand ouvre sans cesse, à travers le monde, des routes nouvelles aux produits de l'industrie allemande. Ainsi est apparue la nécessité d’une marine marchande, puis d’une marine de guerre (2). Ainsi se constitue, jour par jour, une richesse qu’il serait puéril de nier.

Les Allemands, sans doute, sont portés à l'exagérer. Certains vont même jusqu'à affirmer qu'elle a dépassé la fortune de la France. Récemment,

(4) Cependant l'Allemagne, qui ne comprend que 28 1/2 pour 400 de population agricole, pousse la culture de son sol aussi vigoureusement que le développement de son industrie. Elle fait des engrais chimiques l’usage le plus intelligent et le plus abondant. Elle exploite scientifiquement. Dès maintenant, elle dépasse en quantité la France pour plusieurs produits du sol, tels que froment, seigle, orge, avoine, pommes de terre, betteraves. Ces magnifiques résultats sont obtenus par l'entente et l'énergie collective : deux millions et demi de cultivateurs sont maintenant groupés, à travers tout le territoire, en Coopératives. (Renseignements extraits d’un document de grand intérôt : c'est une étude publiée récemment par la Dresdner Bank, sous le titre de les Forces économiques de l'Allemagne.

Les encouragements à l’agriculture viennent, du reste, de haut. En février dernier, l'empereur Guillaume fit, au Cercle national d'agriculture, à Berlin, une véritable conférence agricole : « J’ai prouvé, conclut-il, que nous sommes en mesure de porter notre production à un degré de développement tel que nous pouvons approvisionner notre patrie non seulement de viande, mais encore de pain. »

(2) Exemples : le tonnage des bateaux circulant sur les fleuves et canaux a, depuis trente ans, quintuplé; celui des bateaux traversant le canal de Suez, sextuplé.

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