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un économiste réputé, M. Steinmann-Bucher, l’évaluait à 440 milliards de francs environ; mais, sans discuter 1ci le détail qu’il en donnait, on peut dire qu'il se trompait de beaucoup. En 1902, le grand professeur von Schmoller, dont on a entendu plus haut la voix, l’estimait à 250 milliards de francs; elle serait donc aujourd’hui voisine de 300 milliards (1). D'autre part, selon M. Edmond Théry, celle de la France s’élèverait à 290 milliards environ. L'actif des deux nations semble, en vérité, à quelque chose près, se balancer; mais si, réparti, dans notre pays, sur un moïns grand nombre de têtes, il y affirme une plus grande prospérité, il est certain, d'autre part, que l’enrichissement de l'Allemagne est plus rapide que celui de la France.
La crise d'Agadir fut, pour la solidité financière de nos voisins, une redoutable épreuve, qu'ils se montrent fiers d’avoir supportée. Nous venons d'entendre des financiers nous dire qu’elle avait été moins lourde à l'Allemagne qu’à la France, et leurs raisons, soit qu’ils nous les aient eux-mêmes exposées, soit que je les aie trouvées en des publications spéciales, se résument ainsi :
Certes, la Bourse de Berlin a accusé quelque embarras dans l'été de 1911, et il n’est pas niable que la crise marocaine y ait été pour beaucoup :
(1) La Dresdner Bank, dans le document cité, la porte à 270 milliards de marks, soit environ 333 milliards de francs.
le 9 septembre notamment, sous l’influence de mauvaises nouvelles venues de Paris et de Londres. fut un « samedi noir », où, dans la bourrasque, on vit tous les cours s’effondrer. Cependant les causes premières et profondes du malaise sont ailleurs; il faut les chercher dans les troubles du Mexique, dans le désaccord de la Russie et de la Chine à propos de la Mongolie, dans la situation économique des États-Unis et dans la faiblesse du marché de New-York, enfin dans la pénurie de betteraves qui détermina une crise des sucres, et dans une mauvaise récolte due à la grande sécheresse. Pendant ce temps, la Bourse de Paris subissait de semblables alarmes. La France devait même, pour des raisons économiques bien plus que politiques, rappeler l’argent qu'elle avait en Angleterre, en Belgique, en Amérique, en Allemagne. Ses banques, ayant accepté des émissions de valeurs étrangères auxquelles le marché résistait, étaient obligées d’envoyer au dehors des remises. Alors que les caisses d'épargne allemandes ne remboursaient que 43 millions et demi de francs, 100 millions étaient réclamés aux caisses françaises. La situation de l'or apparaissait meilleure en Allemagne qu’en France. La comparaison des rentes française, anglaise et allemande était à l'avantage de la dernière (1).
(4) En ce dernier point, il est nécessaire de faire observer que la rente allemande ne joue pas du tout, à la Bourse de
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