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protestants des deux sexes y donnent l’enseignement, contre 557 catholiques. Il faut y ajouter 44 israélites, qui, par une dérogation à la loi de 1906, enseignent dans les écoles protestantes (1).
A cette règle fondamentale, seuls font exception quelques États, tels que les grands-duchés de Bade, de Hesse, de Saxe-Weimar, et quelques villes bavaroiïises; mais partout où elle est appliquée, 1l faut, pour s’en écarter, des circonstances exceptionnelles, par exemple l'impossibilité, dans les très petites localités, d'occuper plus d’un maftre. Ces localités sont encore assez nombreuses. Sans doute, le petit village français, le hameau, tendent à se retirer de la terre allemande; avec une superficie sensiblement égale à celle de la France, l'Allemagne contient une population de plus de 50 pour 100 plus grande, mais qui, loin de se disséminer davantage, se condense au contraire, et, poussée par son goût de rassemblement, appelée par l'usine, forme autour de ses cheminées des agglomérations souvent considérables. Cependant il y reste bien des régions dont la vie industrielle n'a pas encore troublé la paix bucolique, et nous avons vu, au chapitre précédent, que l’on se tromperait en ne tenant pas compte d’une activité
(4) La spécialisation confessionnelle ne s’applique qu'aux écoles primaires. Les établissements supérieurs (gymnases, lycées, écoles primaires supérieures) sont mixtes.
agricole qui, bien loin de se restreindre, ne cesse de se développer. C’est dans les petits villages qu’elle s'exerce laborieusement et sans fracas. Un chiffre donnera une 1dée de leur nombre : la Prusse, par exemple, occupait, en 1911, 147 164 professeurs primaires des deux sexes, et, parmi eux, 20 198 enseignaient dans des écoles où ils étaient seuls (1). Même dans ces petites écoles, on s’applique à respecter la règle légale; elles sont ou complètement catholiques ou complètement protestantes, selon que l’un ou l’autre culte domine dans le village, et les enfants de la minorité vont chercher l’enseignement dans une localité voisine, où leur religion l'emporte.
Sauf dans le Wurtemberg et peut-être un ou deux autres États, l'instruction religieuse, tant protestante que catholique, est exclusivement donnée par l'instituteur; l’école publique suffisant à tous les besoins, remplissant pleinement son objet, et la question religieuse n'étant pas posée en Allemagne, les écoles privées sont rares, et ni le prêtre ni le pasteur n’exercent l’enseignement. Qui donc, cependant, contrôlera l’instituteur dans son rôle
(1) En 1871, la Prusse avait 83 130 écoles primaires et y envoyait 3 900 655 élèves; en 1911, elle possédait 38 684 écoles, suivies par 6 572 074 élèves. Dans la même période, cependant, le nombre d’élèves par instituteur tombait, en moyenne, de 82,9 à 43,5. (Chiffres donnés par les forces économiques de l’Allemagne, déjà citées.)
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de maître religieux? C’est d’abord à l'inspecteur scolaire que revient ce soin; mais lui-même est, le plus souvent, un laïque. À la campagne, 1l est vrai, dans les écoles qui comprennent moins de six classes, et dont le recteur ne semble pas suffisamment autorisé, cet « inspecteur local des écoles » et son supérieur hiérarchique, « l'inspecteur des écoles du district », sont encore, la plupart du temps, des ecclésiastiques, mais nommés par l’État, hors de l’action ou de la dépendance de l'Église; une tendance, de plus en plus prononcée, veut d’ailleurs, en dépit de l'opposition des cléricaux et des conservateurs, qu'ils soient remplacés par des pédagogues, et lorsque cette réforme sera accomplie, il ne restera à l’autorité ecclésiastique, sur l'instruction religieuse, qu’un moyen de contrôle supérieur et lointain : c’est celui que les États allemands lui ont reconnu en lui permettant de déléguer, environ une fois l’an, aux classes réglementaires de religion, l’un de ses membres qui interroge les élèves et, sans être qualifié pour intervenir directement auprès de l’instituteur, a la faculté de soumettre ses observations aux seuls pouvoirs scolaires de l’État. Il va sans dire que cet enseignement religieux est distinct de la préparation à la confirmation des protestants, à la communion des catholiques, laquelle est remise, sans que nul y soit contraint, aux soins d’un membre de
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l’un ou de l’autre clergé, et qui a Heu dans l’une des salles de l’école, à raison d’une ou deux heures
d'instruction par semaine.
Telle est l’organisation élémentaire de l’école allemande, telles sont les matières de son enseinement, et telle est l'harmonie qu'on y a réalisée, sans permettre qu’y soit atteint ou discuté le droit supérieur de l’État, entre l'instruction, la morale et la religion. Nous connaissons maintenant la maison. Qu’y fait-on? Que verse-t-on dans les jeunes âmes qui s'y rassemblent?
J'ai rédigé à ce sujet un questionnaire, et je l'ai soumis à plusieurs maîtres que l’on m'avait signalés pour leur probité intellectuelle, et que j'ai choisis, non à cause de leurs opinions ou de leurs tendances, dont je ne me suis pas soucié, mais à cause des garanties de sincérité que je pensais trouver en eux. Des documents que l’on va lire, les uns sont manuscrits, les autres oraux; je ne distinguerai pas toujours entre eux, parce que je me suis principalement attaché à grouper les questions; maïs les uns et les autres présentent les mêmes caractères d'authenticité. Je nommerai souvent M. Paul Samuleit, de qui l’on appréciera l'esprit généreux et réfléchi, et, si je le nomme, c'est qu'il m'y autorise : « Je ne crains pas le moins du monde, m'a-t-il écrit, de prendre la res-
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