‹ L'énigme allemandeChapitre 47 sur 106 · DR · texte numérisé non relu

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Non, non. Les raisons d’entente sont au contraire, entre vous et nous, nombreuses. Je veux dire que vous ne nous comprenez pas, et je crains que vous

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ne nous compreniez Jamais.

— Est-ce de notre faute tout à fait?

— Un peu de la nôtre, si vous voulez; mais

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beaucoup de la vôtre. D'abord vous ne nous croyez pas... Ah! ne dites pas non. Je vous connais bien, allez. Je vais souvent en France. Tel et tel sont mes amis, et nous parlons ensemble à cœur

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ouvert. Je vous le répète, vous ne nous croyez pas. Pour la moyenne de l'opinion française, un Allemand est un brutal ou un menteur, ou les deux ensemble. Et vous dites « un Allemand » : bavarois, Saxon, wurtembergeois, badois, prussien, hessois, etc... sont des distinctions où vous n’entrez pas. Qu'il vienne de Berlin, de Dresde, de Breslau, de Francfort, de Leipzig, de Munich, de Brême ou de Cologne, un Allemand pour vous est un Allemand, c’est-à-dire un individu sournois, mal dégrossi et brutal. Dans tous les actes où il vous apparaît tel que vous voulez qu'il soit, vous le jugez naturel et sincère; et si, manifestement, 1l est autre, vous ne doutez pas qu'il ne cherche à vous tromper. Voyons, est-ce que ce n'est pas cela?

Comme je faisais un geste vague, le voyageur, sans plus attendre, poursuivit :

— Vous avez aussi décidé que l'Allemagne a pour vous des sentiments hostiles, qu'elle vous surveille, vous guette, qu’elle cherche le moment favorable de vous accabler... Vous ne réfléchissez pas qu’en ce cas elle serait bien maladroite. Combien d'occasions se sont offertes, les meilleures qui soient, qu'elle a laissé échapper! Elle aurait pu profiter, sans remonter plus haut, du moment où votre alliée russe avait affaire en Mandchourie, ne pas attendre que votre amitié avec l’Angleterre

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