‹ L'énigme allemandeChapitre 8 sur 106 · TS RES · texte numérisé non relu

TS RES

+? Ge TS * @ ee ie me © TT A à at Nr ?

LE - : res 2 ES d =.

'édr RE nl Ep c 4 Lepee SET P2 4 4

ame nié PRE SEVEN EP NE EE LEPT ENV >= he 3 Ta ’ 1:

Seth Lg pt gnmnss ti - re mrgnmèee STE ag verre 2er d : dy D “ ed 2 2 .

eee et -— -

+ Doro en dE L L ü

obscur, ce clair-obscur des choses qui ne jaillissent pas de la raison, mais de l’âme, que la logique ne commande pas, mais une sorte de sentimentalité inconsciente. Nous sommes ainsi faits. Nous ne parlons pas du fond de notre intelligence, mais du fond de notre âme, et l’âme humaine est quelque chose d’incertain, de fragile, souvent d’incohérent. Que j'aimerais à voir les Français se mettre à apprendre l'allemand! Parler une langue, c'est déjà entrer un peu dans les idées qu’elle modèle. Les moyens, vous le voyez, sont lents. Si un résultat doit être obtenu, il est bien lointain. Hélas! je ne crois pas aux moyens rapides.

M. Walther Rathenau s'arrêta un instant.

— Je n y crois pas, parce qu'entre nous il y a une question qui est au fond de tout, et dont il faut bien que nous parlions : l’Alsace-Lorraine Eh! bien, non, n’en parlons pas. Qu’aurions-nous. vous et moi, à en dire”? C’est le secret de l’avenir. Qui de nous peut se flatter de deviner quelles seront plus tard les formes des États et des Empires, ni ce que la concurrence vitale fera de l’Europe? Hypothèses énormes, et qui débordent l'esprit. Que valent, en regard, nos querelles de frontières! Alors on s’apercevra qu’elles n'étaient point le grand jeu, mais la petite amusette. Et, je vous le dis, c’est là mon espérance. Espérance assez mélancolique, ne trouvez-vous pas? C’est

celle de la sagesse. Ne nous obstinons pas à précipiter l’ordre des événements. Considérons toutes choses non du point de vue resserré et court de la politique changeante, mais du point de vue philo-

sophique. »

M. Rathenau fit trois pas et poursuivit :

— Je vous ai beaucoup parlé de nous. Si nous parlions un peu de vous? Je connais assez bien les bornes des Allemands, mais je distingue aussi celles des Français. Quel singulier défaut est le vôtre, quand vous êtes à l'étranger, de tout déniorer! Que ne dites-vous des montagnes de la Suisse, du couchage de ce pays-ci, de la nourriture de celui-là! Vous ne rencontrez rien que vous ne vous empressiez de comparer à Paris. Méthode déplorable, et trop humiliante pour l'objet comparé, puisque l’art consiste toujours à lui opposer un terme incomparable, en l'espèce Paris. Ne voyagez-vous donc que pour vous donner des occasions de comparer ? Il semble que ce soit chez vous un tel besoin que j'hésite toujours à conseiller à des Français de venir chez nous; nous y risquons trop. Nous avons, nous, le défaut contraire. Nous adorons le carnaval. Nous passons notre vie à nous travestir, aujourd'hui en Français, demain en Russes, puis en Italiens, en Espagnols et, plus tard, en Anglais. Le Français, lui, trouve partout

le mouchoir d'Othello. Et ceci même n’est que le signe d’un caractère plus général.

« Il est très attaché à ses coutumes, il tient à ses traditions. C’est une sorte de fidélité qu'il nous arrive d'admirer chez lui, mais dont nous nous sentons incapables. La tradition est sans doute une force très noble, mais aussi une force apaisante, une force statique, qui détourne de la curiosité et de l'effort. Nous ne comprenons pas très bien, par exemple, votre amour exclusif des grands styles historiques, et comment votre goût pour le Louis XIV ou le Louis XV peut-il vous faire mépriser le temps où vous vivez? Vos grands peintres de l’école dite impressionniste ont été chez nous consacrés, quand la France les méconnaissait : leurs œuvres atteignent ici des prix dont vous seriez étourdis.

« Même si, d'aventure, vous consentez à accepter un présent étranger, c'est pour le transformer aussitôt à votre mode. Vous avez eu un acteur qui s'appelait M. Antoine. Il était, disiez-vous, admirable. La première fois que je l’ai vu jouer, j'ai été stupéfait. Il s'inspirait visiblement de moyens qui nous étaient, à nous, familiers; mais il avait déjà dénaturé, francisé, destitué de leur originalité propre les sources allemandes et anglaises auxquelles 1l empruntait, et cela n’empéchait pas les Parisiens de trouver ce M. Antoine très hardi.

Oui, vous avez tellement l'amour de votre passé et de votre génie, tellement l’admiration de tout ce qui sort de chez vous, de vos mets, de vos costumes, de votre littérature, de votre art, qu'il sera toujours très difficile à des étrangers de vous apparaître autrement que comme des bêtes curieuses et d’être pour vous autre chose qu'une distraction ethnographique.

« Voilà certains des caractères qui nous séparent, ou, je le préfère, qui nous distinguent. Ces désaccords psychologiques, joints à ce que nous savons, peuvent-ils aller jusqu’au conflit? Craignons les fatalités, et disons-nous que les hommes ne commandent pas toujours aux événements. Mais sachez aussi — je vous le déclare avec toute la force dont je suis capable — qu'en Allemagne personne ne veut la guerre, qu'une guerre jamais ne sera rendue inévitable par un entraînement de lopinion allemande, que la guerre peut venir de ceux qui dirigent, mais ne jaillira pas du sol même de la nation. Voilà de quoi vous devez être convaincu et convaincre à votre tour vos compatriotes.

— Je veux bien, dis-je. Rappelez-vous cependant qu’en 1911 les pangermanistes, minorité en temps ordinaire, ont bien paru tenir la tête et prendre la direction.

— Les pangermanistes? Vous allez me parler des

CARS à ND de MT FA ME eq à PT AS Je VU ES TEE gd tu de on dus : s£ : URL OLREE.

er + : = £ OT ER Ce RTL Si

- - px ir , 2 anne , Era S 258,

. " ans Rs LS las se à Tr pus pis ones Eggs L-vafità ge = tohgoa le

Lai

CAE ou de um dr À L … : Z # Fe »

pa

176 L’EÉNIGME ALLEMANDE

pangermanistes? Ce sont des braillards. Laissonsles crier : le peuple veut la paix. Est-ce à dire que ce peuple pacifique refuserait de répondre à l’appel de la guerre? Non. Il suffirait de lui refaire le coup de la dépêche d’Ems, et il marcherait sans discuter. Ce que j'entends, c’est qu'il est possible de l’enflammer en le travaillant, mais qu'il n’est point, par lui-même, explosible.

« Je ne vous dis pas que tout cela soit très rassurant, et, quoique très optimiste, je ne ferme pas les yeux au danger. Les solutions seront enfin, je le crois, celles que je souhaite. Mais elles se feront attendre, et nous ne gagnerions rien à vouloir les précipiter. Si elles sont tardives, sera-ce tout à fait de notre faute? Vous voyez avec quelle liberté d'esprit je m'exprime devant vous. Je vous prie, à votre tour, de faire votre examen de conscience, et je ne vous demande pas de confidences. Ne répondez pas à ce que je vais vous dire, mais laissez moi vous le dire. Réfléchissez à ceci : il y a des sujets, vous le savez, qui sont interdits à un journal français, à un orateur français; il y a des choses que vous-même ne pourriez écrire dans aucun journal de votre pays. Eh! bien, cela, chez un peuple de culture, de civilisation raffinée, de liberté illimitée, où l’on peut parler de tout, écrire sur tout, anarchie, révolution, pornographie, c’est un signe très grave!

0 pr

« Autre chose encore, que vous me permettrez d'ajouter. Vous avez une catégorie de personnes dont toute la vie est fondée sur la mésintelligence de nos deux pays. Ce sont les professionnels de la haine. Ne les comparez pas à nos pangermanistes, pauvres gens qui crient, et que nul n'écoute, cervelles ingénues, sans idées générales, qui se sont fait de la patrie allemande une conception étroite et sotte, qui étaient hier pour les Boërs et seront demain contre les Russes ou les Italiens. Les vôtres, vos nationalistes, ont, eux, une spécialité, qui est la haine de l’Allemagne. Va-t-on leur enlever leur raison d’être?

« Malgré tout, j'espère. Oui, je crois que prévaudront la sagesse et le bon sens. La tourmente passée, nous reviendrons au calme, qui déjà se décèle. Puis nous connaîtrons, après la détente, l'entente et, je le souhaite, l'amitié, c’est-à-dire la pénétration réciproque de lesprit français et de l'esprit allemand. Alors ce sera le salut, la grande victoire de la raison et de la vie. »

Ainsi parla, ce jour-là, de sa voix tranchante et

un peu sourde, le docteur Walther Rathenau.

ER AT PP er —

Te D ; RTE Verre es M Er er ete

Le pangermaniste. — Sa patrie. — Son programme. — Son action. — Sa doctrine. — Le pouvoir et la nation, par moments, complices. — Les petits papiers du Kaïser. — Explosions. — La propagande : Ligues et journaux. — Le général Keim.— Le congrès pangermaniste d’Erfurt. — Les gens raisonnables. — Une lettre du général. — Le général s’explique. — Donnez-moi vos colonies, je vous donnerai la paix. — Renforçcons l’armée!

Un gentleman : le comte de Reventlow. — Le Maroc. — Les maladresses de l'Allemagne. — Deux langages. — Toujours l'Alsace-Lorraine et le traité de Francfort. — L'Allemagne ne demande rien. — Paix ou guerre, comme on voudra.

Une race exécrable, ce sont les pangermanistes. Ces gens-là ne rêvent que chicane. Ils font leur jubilation de se plaindre, de crier, de menacer. Au bout de leurs bras, ils brandissent des piques barbelées ; de leur bouche, privée de voix humaine, on n’entend que grondements de charge et tinta- : marres de ferraille; leur vie n’est qu'explosion. Matamores? Pas même. Le matamore a du panache; le matamore est généreux, sert un idéal, et s’il apparaît haut et maigre, s’il a de longs bras et de grandes mains, c’est pour se rapprocher da-

vantage de ses amies familières : les étoiles. Eux, les pangermanistes, ont la peau jaune, la bouche sèche, le regard vert des bilieux. Ils ne vivent pas dans le ciel, ils fuient la lumière; cachés dans leurs hypogées, ils épluchent des traités, compulsent des articles de journaux, pâlissent sur des cartes, mesurent des angles, ergotent sur des textes ou des tracés de frontières.

Patriotes? Sans doute. Mais de quel bas et amer patriotisme? Aïmer sa patrie, pour eux, c’est mépriser, honnir, piétiner toutes les autres patries. Les malheureux ne sont capables que de haïr et de mentir. Car ils mentent. A eux-mêmes, peutêtre, en premier lieu ; à leur pays, certainement. Ils sont possédés de cet « esprit international » dont parlait naguère, à la conférence de Lake Mohonk. le président N. Murray Butler, mais ne l’entendent point au sens noble où le prenait ce généreux orateur. Leur « esprit international », à eux, consiste à se mêler de toutes choses dans le monde, à se montrer partout où ils n’ont que faire, à tout critiquer, tout régenter, tout rabaisser, tout déformer. Quelle pitié que de pareils hommes, vingt-trois siècles après Socrate et Platon, deux mille ans après Jésus, aient encore une voix dans le monde, pis que cela, que cette voix soit écoutée, pis encore, qu'elle puisse être crue!

À mesure que le domaine terrestre de l'homme.

de toutes parts pénétré, en tous sens parcouru, se fait plus petit, et que son intelligence plus vaste semble l’absorber, ces pauvres gens n’ont d'autre occupation que de resserrer les bornes que le progrès recule, et de se composer, dans le monde plus clair, une âme rétrécie et courte, sans idéal et sans lumière.

La patrie, pour eux, est un organisme isolé, et ils admettent qu’il lui soit possible de vivre et de se développer dans le mépris orgueilleux de tout ce qui l'entoure. Ou plutôtils la conçoivent comme un élément permanent de dissolution, comme un monstre dévorateur et insatiable, comme une bête de rapine, dont la fonction est de convoiter. Tout ce qu’elle ne possède pas, elle en a été dépouillée. L'univers est à elle. Comme les Arabes qui, assaillis dans Tripoli par les Italiens, eurent l'audace de défendre leur ville et leurs biens, et furent pour cela traités de « rebelles », de même est rebelle quiconque essaye de se soustraire à sa domination.

Cette patrie hérissée, cette bête rugissante dont ils sont les servants, il leur plaît en même temps, comme par un caprice de potentats, de la parer des attributs les plus magnifiques et les plus charmants. Elle est toute vertu, toute intelligence, toute grandeur. Les forêts les plus chantantes, les campagnes les plus opulentes, les montagnes les plus majéstueuses, c’est en elle que l’on les dé-

couvre. Les fruits qu’elle produit sont les plus succulents. Nulle part, le firmament n'est plus éblouissant dans la lumière du soleil, plus mystérieux quand il vous regarde de ses cent mille yeux qui clignent; et, pour ses ténèbres, elles sont divines. Dans ses fabriques, la science de l’homme a prononcé les mots de la suprême perfection; ses commerçants sont les premiers du monde, et vous l’outragez si vous différez d'en convenir. Barbare, quiconque ne souscrit pas sans délai à toutes les fantaisies de son goût; faussaire, quiconque essaye de s’en inspirer; détrousseur, quiconque ose entrer sur son territoire avec des caisses d'échantillons et des bulletins de commande.

Oserez-vous leur glisser à l'oreille qu'il est possible que tout en elle ne soit point parfait, et qu'en cette matière ou en telle autre il lui serait profitable de se surveiller? C’est Judas qui parle, et ils tendent l’oreille pour écouter dans votre poche le tintement des trente deniers de l’étranger. Qui ne admire souverainement pour sa beauté, sa force, son désintéressement, sa noblesse, son génie, sa gloire, pour tout enfin, est décrété de trahison. Ce n’est pas assez d'aimer la patrie; pour ces cœurs de bronze, les amours ordinaires ne sont qu'impuissance et platitude. Il faut l’aimer en chevalier, la célébrer en derviche hurleur, les yeux clos, la bouche frénétique, tout le corps en extase; 1l faut

the TT" s #1

= em pr

: ERA ed tte me

», Se 'AT x à à Ads = CAES A de GPA Ein 9 NT a ax à és :

É4-231 ds is —

ram —— - -"

ee =

Zn ES Er a

boucher ses oreilles à ses faiblesses et à ses aveux, les boucher à la rumeur du monde: il faut haïr tout ce qui n’est pas elle. La Haine est sainte. Aimer, haïr : quand il s’agit de la patrie, deux termes d’un pareil état d'âme.

Dans un discours américain, j'ai lu des paroles qui s'offrent à la méditation du sage : « Le patriotisme, disait l’orateur, est une vertu noble et pure; mais 1l ne faut jamais oublier l'observation si profonde du docteur Johnson, que Boswel rapporte fidelement : « Notre conversation étant tombée sur le patriotisme, dit Boswel, Johnson jeta soudain, d’un ton catégorique : « Le patriotisme est le dernier refuge des scélérats! » Cette boutade stupéfiera bien des gens, ajoute Boswel; mais il y a lieu de considérer que Johnson ne parlait pas de l’amour véritable et généreux de notre pays, mais de ce prétendu patriotisme sous lequel tant d'hommes, chez tous les peuples et dans tous les temps, dissimulent leur propre intérêt. »

Apôtres de la force, pour eux l’armée n'est pas un instrument de défense; elle est une promesse d'empire. Le progrès industriel n’est pas un signe heureux de la vitalité nationale, mais un moyen de domination. La géographie n’est pas la science de la terre, mais la révélation des lignes entre lesquelles s’élaborent les plans stratégiques de la conquête. Tout voisin est nécessairement un jaloux ;

tm

tout jaloux est un ennemi qui guette. Le monde est peuplé de hyènes sordidement accroupies sur des terres d'où 1l convient de les déloger.

Détestons d'abord ces hommes redoutables qui, dans leurs mains ingénues et avides, portent la menace d'affreux malheurs ; ensuite plaignons-les. Plaignons-les d’être à ce point fermés à tous les vastes espoirs qui composent la noblesse de l'homme. Plaignons-les de se faire les serviteurs des plus sombres instincts, des concupiscences et des brutalités quiavilissent les foules, et de se montrer incapables de participer aux efforts de l’idéahsme pour l'enfantement d’une conscience de l'humanité. Plaignons-les d'enfermer en eux, avec des visages contractés et des yeux inquiets, avec des bras noueux et des doigts crispés, le fantôme sanglant et décrépit de la violence et du meurtre, que l'humanité a tant de peine à arracher d’ellemême. Plaignons-les surtout d'être coléreux et tristes, et d'ignorer les joies augustes de la bonté et de l'amour.

Tristes et coléreux pangermanistes, frères 1rrités et injustes de tous les déclamateurs coléreux et tristes dont les fureurs, en toutes les langues, répondent aux vôtres, et que vous avez bien tort de tenir pour vos ennemis; pangermanistes de la Sprée et du Mein qui, par-dessus les frontières, recevez le souffle fraternel du panslavisme russe,

ee me + + do Sn ne

de l’irrédentisme italien, de l’impérialisme anglais, du nationalisme français, que voulez-vous?

Le pangermaniste a décidé qu'une part de l’Autriche, la Suisse, les Flandres, le Luxembourg, le Danemark, la Hollande, sœurs par le sang germanique, ont le devoir de montrer au monde l'harmonie d’une race privilégiée, une pour vouloir, une pour commander. Cette race est élue de Dieu pour ordonner le monde moderne, et l’invincible Kaiser, délégué divin, sera la tête et Le bras du triomphant Empire. Qui lui résiste n’est qu'un orgueilleux et un usurpateur. Qui lui résiste va contre les décrets de Dieu et sera brisé. Le pangermaniste veut la paix, certes, mais c’est sa paix qu'il veut, à la manière d’un satrape persan qui, par amour de la concorde et de l’unité, fait jeter aux bêtes qui ose discuter. Le pangermaniste aime la France, n'en doutez pas, mais le sourire qu'il lui fait a la grâce d’un rictus, et ses dents grincent dans son rire. Il aime la France; mais partout où la France veut mettre le pied, la panse affamée du pangermaniste l’a devancée, et, si la France entretient une légion étrangère, le pangermaniste est là pour soulever contre elle tous les journaux pangermanistes et même les autres.

Les Allemands se rient du pangermaniste. À ses extravagances, ils haussent les épaules. Ils le trouvent comique et s’esclaffent à la nouvelle que

Î ET cn st fé

des Français puissent lui accorder crédit. S1 comique et si haïssable que soit le pangermaniste, les Français n’ont pas tout à fait tort de prêter l'oreille à ses furieuses vociférations. Le pangermaniste a, sur la molle opinion allemande, la sorte d'action que possède toujours, dans l'indécision des foules, l'homme qui s’agite, qui crie, qui fouette, qui infatigablement répète les mêmes appels, infatigablement va éveiller, au fond des âmes incertaines et troubles, les égoïsmes, les instincts, les passions, les appétits, les vanités, les fanatismes, les barbaries.

Le pangermaniste parle d’une voix éclatante et sèche. Il ne discute pas; il affirme et décrète. À la première résistance, il devient rouge et agite le tonnerre. S’exprimant au nom d’un impératif catégorique, sacré dépositaire de la vérité et de l’ordre, il ne respecte rien ni personne. Si la loi est contre lui, il faut la réformer; les ministres sont des commis à manœuvrer; l'Empereur, à ses yeux, est le premier d'entre eux, et, si le pangermaniste consent à s’incliner devant son cimier d’or, c'est en mâchant entre ses lèvres qui se tordent la consigne qu'il prétend imposer.

Il est exigeant et âpre. Qui crie avec lui ne crie jamais assez. Qui lui a cédé est embrigadé. M. de Kiderlen le savait bien, qui, au début de la négociation marocaine, pensa fortifier sa politique en

CA. TEEN ED :

” ht 5 an À. Fsû Ross uv

Ho = 2

Nr

ri Qn A er SEE me eee ani ge à

Fa

Page 1