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recevra d’autres solutions que celle du sang; mais il suffit que le conflit ancien fasse de nouveau entendre sa menace pour commander la politique des deux grands peuples du centre et de l'est. Ils n’y sont pas asservis, certes, au point que soit écartée la possibilité d’un choc entre la France et l'Allemagne. Mais l'Allemagne le désire-t-elle? Y a-t-elle intérêt? Où sont les actes qui ont trahi ce désir? En montant sur le trône, Guillaume I, s’adréssant à son peuple, attestait son amour de la paix, sa volonté de travailler pour la paix. Vingt-cinq années n'ont pas démenti sa parole impériale. Le grand labeur de ce règne ne fut-il pas dévoué à l’industrie nationale, et la marine qu'il a constituée est-elle autre chose que la garantie nécessaire de la sécurité commerciale? En ces derniers mois où, à certains jours, la paix sembla si chancelante, le monde a assisté aux efforts parallèles de la diplomatie française et de la diplomatie allemande, toutes deux unies, sans concert préalable, par la force des choses, dans leur opiniâtreté à retenir des alliées avides, toutes deux, au milieu de l’Europe en alarme, champions de la paix, et rencontrant, dans leur noble travail, l'aide loyale de l’Angleterre. La diplomatie allemande, assurément, reçut l'impulsion de l’empereur Guillaume, qui alla jusqu'à intervenir en personne, quand il le fallut, auprès de l’archiduc
François-Ferdinand; il était ainsi fidèle à son idéal moral. Un étranger de grande autorité, avec qui le souverain, chaque fois qu'il se rend en Allemagne, s’abandonne volontiers en des entretiens familiers, et qui eut récemment l’occasion de causer longuement avec lui, me disait : « Tant que l'Empereur
aura le contrôle, il ne faudra rien craindre pour la.
paix. » Mais la volonté impériale fut-elle donc, en ces heures troubles, le seul frein? Une loi supérieure n'a-t-elle pas commandé la politique des deux pays? Serait-il très difficile de démontrer qu'aussitôt qu’elles quittent le Rhin, l'Allemagne et la France n’ont dans le monde que des intérêts convergents? Supprimons un instant 1870 de lhistoire : est-ce à la Russie lointaine, autocratique, ignorante, ignorée, à demi-barbare, que la France eût songé à nouer ses destinées ?
L'Allemagne, dit-on, a besoin de colonies. Il se-
rait plus exact de dire : l'Allemagne a un parti colonial. J’ai rencontré bien des Allemands qui contestent la nécessité pour elle de se répandre à travers l'univers. « Soyons fidèles, disent-ils, à l’enseignement de Bismarck : concentrons sur notre sol tout ce que nous pouvons accumuler de force germanique. » Des colonies? Qu'en feraientils? Leur commerce essaime dans les colonies des autres, et leur grande bataille sur le Maroc eut
principalement pour objet, dans sa seconde phase;
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