OPINION DES NEUTRES
a.our de la bataille, ils se sont trouvés en ordre compact, Uors (|ue les adversaires étaient divisés. Toutefois, les iifïérentes armées allemandes ne sont peut-être pas ç3ncore suffisamment fortes pour accomplir la tâche qui (^ieur incombe, puisque, malgré une excellente impulsion, ^lles n'ont nullement réussi à écraser l'ennemi et ont 5 même failli être arrêtées par lui. (C'est la seule restricjtion que la sympathie se permette.)
a 2° Les Belges, les Anglais et les Français n'ont pas jpu, après vingt-cinq jours de guerre, réunir les difiérents ^commandements en un commandement unique et coorj donner entre eux les mouvements. Chacun a combattu j vaillamment, mais pour son propre compte ; les Belges j d'abord et seuls ; les Anglais, à l'endroit où ils s'étaient ^portés après le débarquement ; les Français, en des endroits ^imprévus, imposés par la nécessité du moment, j u 30 Les Français n'ont pas cru, jusqu'à il y a très peu de jours, à la gravité de la menace allemande en Belgique... Il est difficile de penser que l'action, plutôt décousue et limitée, confiée aux armées françaises, : samedi et dimanche, ait été le fruit d'une étude longue et réfléchie.
, 0 4» La valeur déployée par les troupes alliées dans l'action tactique a, d'une façon ou d'une autre, diminué le8 défauts de la conception stratégique. »
; Nous allons voir qu'un jugement tout différent et, •jusqu'à un certain point, inverse, eût dû se dégager i d'une appréciation renseignée sur les combats de la Sambre, Mais l'impression générale est telle que ce serait une sorte de paradoxe de discuter et d'analyser • les circonstances et les modalités du succès. L'Allemagne s'est fait, de ce jour, une certitude de la vic- ^ toire finale qui a rayonné d'elle sur le monde. ,. De cette conviction elle vivra, en quelque sorte, i pendant des mois et des années. Tant les débuts
BATAILLE de: la SAIVIBRE
Positions le 22 Août 1314
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que dans la défensive. Il semble que l'armée assaillie, prise dans une manœuvre enveloppante, n'ait plus qu'un moyen de salut : c'est de se retirer précipitamment avant que l'enveloppement ne soit accompli ; si elle n'est enveloppée que d'un côté, les deux tiers de cette armée peuvent être sauvés... Il n'y a de « bataille de Cannes » que dans les conditions suivantes : l'assaillant subit la loi de la plupart des offensives, o il marche à tâtons dans l'inconnu », comme dit Clausewitz ; mais, à un moment donné, il se voit engagé en un combat de front où son centre présente encore une force suffisante, et il n'attaque la manœuvre par les deux ailes que quand l'ennemi attaque de toutes ses forces sur le centre. »
Le critique militaire à qui nous empruntons ce texte a bien senti (après coup) le risque d'une telle conception qui, transportant dans la stratégie les méthodes de la tactique, met l'assaillant dans une situation inférieure, non seulement parce qu'il « marche à tâtons dans l'inconnu p, mais aussi parce que en raison de l'ampleur de la manœuvre, l'armée assaillie a peut se retirer précipitamment avant que l'enveloppement ne soit accompli ». C'est ce qui se produira dans la manœuvre de la Marne et il est utile de le rappeler dès maintenant.
Malgré la force de ces objections, — qui, encore une fois, se sont produites après coup, — l'autorité des idées de Schlieffen s'imposa incontestablement au commandement allemand. Les faits sont là : puisque les Allemands ont attaqué à la fois en Lorraine et en Belgique, il faut bien admettre que le mouvement se faisait simultanément par les deux ailes, le centre (armée du kronprinz et du duc de Wurtemberg), étant tenu en réserve pour asséner le coup décisif.