‹ L'énigme de CharleroiChapitre 12 sur 53 · LE PLAN ALLEMAND · texte numérisé non relu

LE PLAN ALLEMAND

donnée, la marche en avant déterminait un mouvement énorme depuis l'aile droite, qui, en cas de succès, devait aboutir à «n débordement et à un écrasement de l'adversaire par étreinte.

« ...L'offensive stratégique des Allemands s'était mise en branle d'un seul coup. Pour ce mouvement d'encerclement, les forces de l'extrème-gauche devaient, pour le moment, rester fixées sur la ligne générale, tandis que celles de l'aile droite accomplissaient des marches énormes formant le mouvement tournant vers l'Ouest, avec Metz pour pivot. »

Un autre historien, Kircheisen, détermine, avec beaucoup de netteté, le premier objectif de la manœuvre par l'aile droite :

« C'était, sans nul doute, l'intention de von Kluck de couper French du côté de la côte et de rejeter ses troupes sur Maubeuge... »

Tel est le caractère du mouvement tournant, en tant qu'il fait partie du jjlan général allemand : envelopper les armées alliées par la côte, occuper la côte elle-même jusqu'à Dunkerque et Calais pour empêcher les débarquemens anglais, rabattre l'aile gauche des armées alliées sur Maubeuge et la bousculer par une poursuite vigoureuse jusqu'à l'étreinte et l'écrasement entre les deux pinces de la tenaille sur l'Aisne, la Marne ou la Seine.

Nous avons exposé les conditions dans lesquelles ce plan s'est développé à l'Est et au Centre ; nous allons suivre son exécution à l'Ouest : la Bataille de la Trouée de Charmes, la Bataille des Ardennes, les combats de la Sambre (improprement nomnxés BaiaiUc de Charleroi) sont les trois scènes d'un acte,

constituant lui-même la première partie de la Bataille des Frontières.

L'armée provisoire de la Meuse (von Emmich), composée surtout de troupes de couverture, s'était emparée des ponts de Liège, le 7 août.

Or, les armées allemandes, chargées d'opérer sur le front occidental, ne se mettent en mouvement pour la manœuvre en Belgique que le 19. Dans l'intervalle, un seul incident notable : la tentative sur Dinant, le 15. Elle est repoussée, et c'est tout.

Le dessein des Allemands reste obscur jusqu'au jour où ils se décident à s'avancer au delà de la ligne de la Cette, à forcer les ponts d'Huy et d'Ombret- Rosa sur la Meuse pour se porter sur la rive gauche, et à saillir de la forêt des Ardennes en masses énormes, qui, toutes, se mettent en marche d'Est en Ouçst. C'est un formidable débordement qui, à travers la Belgique, menace la France.

Cette marche commence le 19. Le 20, Bruxelles est ''iccupé ; le 21, les Allemands débouchent avec leurs norps de gauche sur la Sambre et, ce même jour, les rencontres des gros se produisent. En un mot, les Allemands se précipitent tout d'un coup à la rencontre des armées ennemies. Contraste frappant entre une si longue immobilité et une hâte si soudaine ! Sur la longueur du délai d'attente, le haut commandement allemand a cru devoir s'expliquer par un communiqué daté du 18 août et intitulé : i Le cas de Liège. .

t Communiqué allemand du 18 août. — Le cas de I .lÉGE. Le quartier général dit que le secret de Liège ft peut maintenant être dévoilé. Les Allemands avaient

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