‹ L'énigme de CharleroiChapitre 22 sur 53 · LES CORPS FRANÇAIS SUR LA S AMBRE · texte numérisé non relu

LES CORPS FRANÇAIS SUR LA S AMBRE

étant une fois accrochée vers l'Est, toutes les forces disponibles se jetteront sur les armées allemandes pour les prendre de flanc dans l'Ouest, en plein mouvement tournant,

La preuve que cette volonté est celle du haut commandement français ressort à la fois des documents et des faits (i) : sa préoccupation principale, celle qui se manifeste par des ordres réitérés, est de garder ses armées bien ramassées et unies autour de la Meuse, de ne pas les laisser s'aventurer ni trop au Nord, ni trop à l'Ouest, de les maintenir à l'état de bloc offensif qu'on jettera sur la masse allemande en mouvement pour essayer de la briser.

Attaquer le Rhin et sur\-eiller la Meuse : ainsi, dans la mesure du possible, on protège la Belgique et le Nord, mais, pour rien au monde, on n'obéirait à la manoeuvre allemande qui voudrait nous forcer à dégarnir la région de l'Est ; pour rien au monde on n'abandonnerait la liaison de toutes nos armées soit de l'Est, soit de l'Ouest avec leur principal point d'appui au centre, Verdun.

Le 20 août, le front des armées alliées se présente en Belgique Occidentale dans les conditions suivantes :

A droite, la place de Namur, avec ses neuf forts, protège la région d'entre Meuse et Sambre. La 4^ division belge (général Michel) est affectée à la défense de cette place ; elle a reçu, en plus, la 8^ brigade qui, primitivement, occupait Huy.

Le 22, cette garnison sera encore renforcée par la

(i) Voir l'easernble des preuves et les positions détaillées des corps alleaaiids et iraaçais dans l'Histoire d* la Gutrrt it 1914, t. V, p. 263 et sq.

8® brigade française (général Mangin). On pensait que Namur, ainsi défendu, pouvait tenir aussi longtemps que Liège : la place était, pour ainsi dire, le pivot de la bataille à droite et appuyait l'ofiensive, française qui avait, d'ailleurs, pour mission de la-^ dégager.

Vient ensuite la 5^ armée (général Lanrezac), auii va porter son quartier général à Chimay le 21 à 10 heures ; les corps de cette armée sont échelonnés au Sud] de la Sambre dans l'ordre suivant, de droite à gauche : !

1° Le i^r corps (général Franchetd'Espérey), quartier général Anthée, auquel est rattachée la 8^ brigade (général Mangin), Il garde les passages de la Meuse au Nord de Revin. Il attend la 51^ division de réserve (général Bouttegourd) qui doit le relever de la garde des ponts sur le fleuve. Alors, il se portera plus au Nord, dans l'angle de la Sambre et de la Meuse, pour déboucher à l'abri des forts ouest de Namur.

2° A gauche, le 10® corps (général Defforges) , quartier général Florennes, ses avant-gardes à Fosse, avec ordre de s'opposer au débouché des colonnes ennemies, au Sud de la Sambre ; est adjointe à ce corps la 37® division d'Afrique (général Comby) occupant, plus au Sud, la zone Florennes-Philippeville.

3° Toujours à gauche, le 3^ corps (général Sauret) quartier général à Walcourt ; il occupe le front Villers- Poterie-Loverval d'où il domine Charleroi sur la rive Sud. Ce corps reçoit comme renfort la 38^ division d'Afrique (général Muteau) qui occupe la région Somzée, Gourdinne, Berzée.

4° Plus à gauche, le i8« corps (général de Mas- Latrie) ; venu de Toul, il opère son débarquement

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