‹ L'énigme de CharleroiChapitre 23 sur 53 · V ARMÉE BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

V ARMÉE BRITANNIQUE

dans la région d'Avesnes, prêt à se porter sur la Sambre. Son quartier général est à Solre-le-Château le 20, à Beaumont le 21. Il est en liaison avec le 3® corps par Ham-sur-Heure.

5° Le corps de cavalerie (général Sordet) était, le 20 au soir, en train de se replier vers l'Ouest ; épuisé à la suite de la rude randonnée qu'il avait fournie dans toute la Belgique, il avait été très éprouvé, le 19, à Perwez dans des engagements au Nord de la Sambre ; il occupait, sur le canal de Charleroi à Bruxelles, la région de Gosselies, Fontaine- l'Évêque, avec la mission de protéger les débarquements de l'armée anglaise.

50 A l'Ouest, le terrain était encore vide de troupes, à cette date du 20 août. Mais le 4^ groupe de divisions de réser\'e (53^ et 69^) commandé par le général Valabrègue, après avoir organisé défensivement la région de Ver\'ins, reçoit l'ordre de se porter vers le Nord dans la direction de Maubeuge, pour combler ce vide. La place de Maubeuge, avec sa puissante garnison et ses forts, dont plusieurs modernes, joue, à gauche, le rôle de point d'appui, comme Namur le joue à droite. Le groupe des divisions de réserve arrivera, le 22 au îoir, pour se loger, à gauche du 18^ corps, dans la zone A.vesnes-Ferrière-la-Petite-Solre-le-Château.

6° On comptait que l'armée britannique viendrait jrendre sa place sur le terrain, le 20. Mais elle n'arriva lue le 22. Le 20, elle est encore très en arrière dans la égion du Nouvion-Wassigny-Le-Cateau. Si elle eût té en place le 20, l'armée alliée se fût trouvée consituée au moment même où les Allemands entraient

Bruxelles. Le rôle réservé à l'armée britannique tait d'exécuter un mouvement tournant d'aile gauche

en se portant au Nord de la Sambre vers Mons, direction de Soignies-Nivelles ; on pensait qu'elle y serait avant von Kluck. Malheureusement, ainsi que le reconnaît l'Exposé de six mois de guerre, elle n'arrive pas le 20, comme y comptait le commandement français. Le maréchal French écrit dans son rapport officiel : « La concentration était pratiquement achevée le 21 août (jour où les Allemands attaquent, sur la Sambre) ; je pus, dès le 22, prendre mes dispositions pour envoyer les troupes sur les positions que je trouvais les plus favorables. » En fait, il ne fut en ligne que le 23.

Le 22 août, le i^^ corps anglais aura son quartier général à Maubeuge et cherchera sa liaison avec le 186 corps français par Peissant-Thuin. Le 2^ corps (général Smith Dorrien) s'échelonne de Maubeuge à l'Escaut. C'est dans cette direction que les deux mouvements tournants, celui de l'armée allemande et celui de l'armée alliée, marchaient en quelque sorte à la rencontre l'un de l'autre et devaient se heurter.

7° Heureusement, l'armée britannique ne forme pas à elle seule l'extrême aile gauche de l'armée alliée. Une armée de formation toute récente, l'armée d'Amade, est en train de débarquer à Arras, avec mission de constituer d'urgence un barrage de ]\Iaubeuge à la mer. C'est l'exécution d'une volonté du général Joffre remontant à la date du 15 : on sent toute l'importance de cette création. A la manœuvre d'enveloppement, le commandement français oppose une manœuvre de contre-enveloppement tout à fait imprévue pour l'ennemi. L'armée d'Amade crée, rien que pai" sa présence, un obstacle à la mission qu'a reçue l'armée von Kluck. Il est vrai que la nouvelle

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