CONTRE-ATTAQUE ALLEMANDE
secouru par la brigade Hollender (du ^'^ coq^s). Le général Hollender a ordre de se tenir sur la défensive. Sa brigade est opposée au VII« corps allemand qui ne débouchera que le lendemain. Le corps de cavalerie se replie vers le sud, découvrant Charleroi à l'ouest.
Heureusement, le 18^ corps organise le front Thuin- Gozée-Ham-sur-Heure, sa cavalerie en avant gardant les ponts de Thuin à Marchienne ; mais le 4® groupe de division de réserve Valabrègue quitte seulement la région de Vervins ; et l'armée britannique très loin en arrière n'est encore que vers Saint-Hilaire-Landrecies-Le Cateau.
En somme, la journée du 21 a surpris le commandement français qui comptait prendre l'offensive le 22 après-midi. Le général von Bùlow a porté rapidement la garde et le X° corps contre les deux corps français, portés en flèche, lo^ et 3® corps. Les choses sont gravement compromises pour le général Lanrezac, au moment même où il donnait les ordres pour attaquer le lendemain : tels sont les avantages de l'initiative !
Journée du 22 août.
Et cette journée du 21 n'est qu'une épreuve prélininaire. La journée du 22 est la bataille proprement litr. Bien entendu, le projet du général Lanrezac de ucher, ce jour- là, au nord de la Sambre, n'a plus 'U; en raison des événements ; les ordres qu'il a oiumuniqués aux corps, le 21 au soir, sont périmés.
ennemi a pris l'initiative et il la garde.
Namur et le 1^^ corps. — La journée du 22 août est
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dure pour la garnison de Namur ; malgré l'appui des trois bataillons français qui ont tenté une ofifencive pour dégager la place, la situation est difficile dans la soirée : le lort de Maizeret ruiné est évacué, le fort de Marchovelette est anéanti.
Le I®' corps reste l'arme au bras avec une seule brigade sur Sart-Saint-Laurent ; la relève de la garde des ponts de Meuse n'a lieu que dans la soirée.
10^ corps. — Au 10^ corps, l'ordre est donné de rejeter l'ennemi ; dès l'aube, dans les fonds de Sarabre, la division Bonnier attaquant sur Aisemont-Auvelais, la division Boë sur Tamines, la 37^ division algérienne (Comby), en renfort de la droite sur Fosse, Le général Boë, des 5 h. 50 du matin, progresse lentement sur FalisoUe, mais le brouillard gêne l'artillerie et les bois sont fortement occupés par l'ennemi ; l'attaque échoue ; à gauche, le 3® corps est à nouveau rejeté de Roselies, tandis qu'à droite la division Bonnier, qui a réoccupé Arsimont, est ensuite rejetée par le feu violent de la garde sur le bois de Ham; la division Comby, qui intervient de ce côté subit de fortes pertes au 3^ zouaves.
A partir de 11 heures du matin, le 10^ corps se met en retraite en combattant ; l'ennemi lance plusieurs attaques après de violentes préparations d'artillerie ; la 20^ division se replie sur Sart-Eustache, le général Boë est blessé grièvement et reste sur le champ de bataille ; la 19® division gagne en ordre Fosse- Vitrival, qu'elle abandonne à 7 heures du soir, tandis que le général Ménissier, remplaçant le générai Boë, replie sa division jusque Gougnies-Devant-les- Bois. Il y a de grosses pertes au 10* corps et un recul très prononcé, mais le moral reste bon.
BEA U COMBA T DA NDERL UES 67
3* cofps. — Les efforts mal dirigés de la division de droite du 3» corps, division Verrier, ont été brisés successivement dans la nuit du 21 au 22 sur Aiseau- Roselies : au début de la matinée, cette division est entre Loverval et Presles, tandis que la 6" division Bloch, tient à gauche jusqu'au nord de Boraerée.
Dès 9 h. 45, l'ennemi, débouchant de Châtelet, a enlevé Bouffioulx et les hauteurs à la division Verrier, que l'unique brigade de la 6^ division reçoit l'ordre de secourir ; c'est alors que la 38* division d'Afrique (Muteau) est appelée pour sauver la situati'jn ; sa brigade Schwartz échoue en un quart d'heure dans une contre-attaque brillante, mais sanglante. Il est 13 heures, la journée est haletante, lourde de sacrifices et de déboires ; on se résigne à contenir, si possible, l'ennemi, sur Presles-Binche, Sous le feu de l'artillerie ennemie, il n'est pas possible de rester en place ; le io« corps recule à partir de II heures ; à 16 h. 45, le 3^ corps a reculé sur Nalinnes- Tarcienne-Hanzinne ; la division Verrier et la brigade Schwartz s'écoulent par le goulet de La Figotterie.
Ainsi, la journée du 22 a mis à une rude épreuve la Utria francese, dans des combats partiels, des engagements successifs et fragmentaires, pour tenter la reprise des villages occupés par l'ennemi dans les fonds de Sambre, terrain très difficile pour de bonnes préparations d'artillerie. Nos troupes ont été jetées à la bataille, comme l'on dit, bûche à bûche.
Cependant, les deux corps qui ont encore porté le poids de la journée font tête et se maintiennent sur une ligne oblique qui s'éloigne de la Sambre plus on avance vers l'Ouest.
Corps de cavalerie et i8« corps. — La bataille s'est
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allumée peu à peu de ce côté dans la soirée, la brigade HoUender a protégé la retraite c'u corps de cavalerie en se battant héroïquement à Anderlues ; elle a contenu l'ennemi ; mais, très éprouvée, elle s'est repliée, dans la nuit, à son tour, par le pont de Thuin ; elle garde les ponts de Lobbes et de Pont-Lévêque ; le corps de cavalerie Sordet, repassant lui-même la Sambre au sud, a fait sauter les ponts de Merbes et ''d'Erquelines et gagne le soir la région de Bersillies-l' Abbaye.
Heureusement, le i8^ corps, qui n'a pas encore combattu, a protégé, par sa présence, le 3® corps à droite, le corps de cavalerie à gauche ; une division tient entre Thuin et Ham-sur-Heure, l'autre a une brigade entre Beaumont et Merbes et une autre en route vers Nalinnes pour secourir le 3^ corps. Pourtant, le vide existe à l'ouest de Charleroi : c'est là a^ue les VII® et IX® corps allemands vont s'engager, pour attaquer le lendemain, 23, l'armée britannique.
Le 4* groupe de divisions de réserve (Valabrègue) est en marche pour gagner le 23 à 10 heures du matin, le front Jeumont-Montignies-Saint-Christophe.
L'armée britannique elle-même s'élève et dépasse la ligne de Maubeuge, mais elle n'est pas encore en place.
La 5® armée est sortie ébranlée par cette bataille de deux jours ; mais son chef ne la juge pas dissociée. Elle a porté de rudes coups à l'ennemi, son artillerie est intacte ; dans une région plus ouverte, elle pourra agir plus efi&cacement. Le moral du soldat reste excellent, il ne se considère pas comme battu : c'est à reprendre. Et le commandement français se dispose à le faire. Il espère, le 23, reformer les troupes étayer