‹ L'énigme de CharleroiChapitre 34 sur 53 · L'ORDRE DE LA RETRAITE · texte numérisé non relu

L'ORDRE DE LA RETRAITE

rendent compte qu'il y a là un obstacle ; la présence de l'armée d'Amade arrête l'armée allemande dans sa marche vers la mer ; elle la gênera de même pendant les journées suivantes dans sa marche vers le sud : pour von Kluck, la course vers la Lys et la mer est manquée ; d'Amade le harcèle et le pousse dans le sillage où French l'attire.

Retraite générale. — Car French a rompu à Mons. En effet, l'après-midi ne s'est pas écoulé, qu'à 5 heures du soir, un message télégraphique qualifié d' • inattendu » par le maréchal, change^ au quartier général anglais, l'idée qu'on se fait de la situation : il apprend que trois corps allemands marchent contre l'armée anglaise ; un autre corps tente l'enveloppement par Tournai à sa droite : l'armée française se retire.

Après trois heures de combat, le maréchal French, sentant la menace se préciser, et pensant avoir affaire à toute l'armée von Kluck qui descend vers lui division par division, prend le parti, le 23,. à 5 heures 1/2, de se retirer sur la position Jenla'n pour le 24 à l'aube.

C'est dans ces conditions que le général Lanrezac, à son tour, apprenant, d'une part, que von Hausen a passé la Meuse à Hastières (il ne sait pas encore que Franchet d'Espérey l'a rejeté à la rivière), d'autre part que l'armée anglaise se replie, constatant ; que deux de ses corps sont épuisés par trois jouis de combat, se décide à ordonner la retraite de la 5« armée, le 23, à 9 heures du soir.

Le bref combat de Mons, suivi de ce prompt recul, a mis le comble à la crise;... mais il a commencé peut-être aussi la guérison. La résolution prise par French confirme vme résolution semblable chez Lan-

rezac. Les années alliées se t décrochent b mais • face à l'ennemi.

Et comme cette rupture du combat s'accomplit non par panique, déroute ni même défaite, mais par une volonté du commandement, comme il n'y a pas poursmte de l'ennemi, la retraite prend le caractère et ofîre les avantages d'une décision. Les choses vont prendre une face nouvelle. L'initiative va changer de camp.

Le 25 août au soir, après quelques conbats en retraite assez rudes, à Marienbourg (i^' corps français), à Landrecies (i^^ corps britannique), les armées alliées sont ramenées sur le territoire français ; la 56 armée occupe la ligne Maroilles-Avesnes-Fourmies- Regniowez. L'armée britannique occupe la hgne Cambrai-Le Cateau-Landrecies.

Elles sont battues : telle est la conséquence, pour ainsi dire fatale, de l'initiative stratégique et tactique prise par l'armée allemande du 19 au 21 août. Mais elles ne sont pas rompues : telle est la récompense des initiatives stratégiques combinées par le commandement français et sur lesquelles nous allons revenir Un retard de deux jours a causé la surprise et la perte de deux journées ; mais la sagesse des dispositions demeure et c'est elle q ui va sauver ce qui peut être sauvé.

Que les Allemands célèbrent la victoire de « Sambre et Meuse », comme ils l'appellent : ce n'en est pas moins pour eux une victoire incomplète et qui renferme le germe d'une prochaine défaite. C'est ce qu'il était impossible de discerner dans le trouble des premières émotions, mais c'est ce qu'il est possible de déterminer maintenant.

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