‹ L'énigme de CharleroiChapitre 45 sur 53 · PRÉPARATIFS DE LA CONTRE-ATTAQUE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE LA CONTRE-ATTAQUE

éclaire, à son tour, les positions sur le terrain. 40 A l'extrême- gauche : entre Picquigny et la mer, un barrage sera tenu sur la Somme par les divisions territoriales du Nord ayant comme réserve la 6i« et la 62^ divisions de réserve.

(Ces troupes surveillent l'ennemi : on ne leur demande pas autre chose. Il est de toute évidence qu'on les garde pour les circonstances ultérieures, puisqu'on met en arrière les deux éléments les plus robustes, la 6i« et la 62^ divisions de résen^e. Nous allons voir pourquoi on les garde.)

50 Le corps de cavalerie sur l'Authie, prêt à suivre le mouvement en avant de l'extrême- gauche.

(Ceci, c'est la manœuvre proprement dite, en un mot, le mouvement. Le corps de cavalerie, comme c'est son rôle, y prendra part, mais seulement quand tout sera prêt ; et c'est pourquoi on le tient en réserve, je dirai presque : on le cache, sur l'Authie.)

60 En avant d'Amiens, entre Domart-en-Ponthieu et Corbie ou, en arrière de la Somme, entre Picquigny et Villers-Bretonneux, un nouveau groupement de forces constitué par des éléments transportés en chemin de fer (y^ corps, 4 divisions de réserve et peut-être un autre corps d'armée actif), es^ groupé du 27 août au 2 septembre.

Ce groupement sera prêt à passer à l'offensive en direction' générale Saint- Pol-Arr as ou Arras-Bapaume. . .

(Nous tenons la clef de toute la combinaison. Voici donc pourquoi on masse des troupes dans l'attente et un peu loin de l'ennemi jusque derrière l'Authie ; voici donc la raison de cette attente de cinq jours, et de cet échelonnement de nos, forces du Nord le long des

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Dispositif des troupes

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Secteurs de retraite

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Positions arriére

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io6 L'ÉNIGME DE CHARLEROI

routes par où descend l'armée allemande ; voici le pourquoi de ces contre-attaques « courtes et violentes » : l'objet de cet ensemble de mesures est d'attirer l'ennemi et de le faire glisser dans le piège. Car cette manœuvre n'est pas sans analogie avec celle de la Trouée de Charmes. Elle vient de la même inspiration classique : une bataille de front s' accompagnant d'une surprise de flanc. Et, ce qui est le plus singulier, c'est que, précisément à cause de cette simplicité classique, les Allemands, pas plus à l'Ouest qu'à l'Est, ne comprendront et ne se méfieront.

Un « groupement nouveau » sera donc constitué, soit en avant d'Amiens, soit plus au Sud, derrière la Somme, et ce groupement sera l'cirme de manœuvre du général Jolre. Il aura pour mission précise de to ber sur le flanc de l'ennemi en marche, pour amorcer la grande bataille qui devra être livrée dans cette région, toutes forces réunies.

Or, le groupement ainsi constitué est celui dont le général Maunoury prend le commandement : c'est LA 6^ ARMÉE. La manœuvre de flanc qui lui est prescrite dans le Nord est précisément celle qu'elle accomplira, un peu plus tard, sur l'Ourcq.

Remarquez la souplesse de la dernière indication : « l'offensive se fera soit sur la ligne Arras-Bapaume » (si l'ennemi s'est engagé plus au Sud), « soit sur la ligne Saint-Pol-Arras » ( s'il a calé ses forces et s'est consolidé avant de reprendre la marche sur Paris). On ne pouvait croire qu'il serait assez fou pour se précipiter dans la nasse sans laisser le moindre répit à ses troupes : il était sage de prévoir l'éventualité d'une attaque plus au Nord si l'ennemi ne se trouvait pas encore engagé trop loin vers le Sud.

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