INVASION DE LA BELGIQUE
la marche des armées allemandes et que notre aile gauche, c'est-à-dire l'armée anglaise, est débordée et enveloppée (i) ».
Le 23, on ai)prend ])ar de vagues rumeurs que les journées du 21 et du 22 n'ont pas été bonnes sur la Sambre. Le communiqué du 23 août paraît et s'applique à pré])arer les es])rits :
« E.n Belgique. — A Naraur, les Allemands fout un grand effort contre les forts qui résistent éuergiquement. Les forts de Liège tiennent toujours. L'armée belge est tout entière concentrée dans le camp retranché d'Anvers. Mais c'esi sur la vaste ligne allant de Mons à la frontière luxembourgeoise que se joue la grosse partie.
a Nos troupes ont pris partout l'offensive. Leur action se poursuit régulièrement en liaison avec l'année anglaise. Nous trouvons en face de nous, dans ce mouvement offensif, la presque totalité de l'armée allemande, formations actives et formations de réserve. Le terrain des opérations, surtout à notre droite (il s'agit des Ardennes), est boisé et difficile. Il est à présumer que la bataille durera plusieurs jours. L'énorme extension du front et l'importance des effectifs engagés empêchent de suivre pas à pas le mouvement de chacune de nos armées. II convient, en effet, pour apprécier cette situation, d'attendre un résultat qui serve de conclusion à la première phase du combat..., etc., etc. »
Ce n'est pas la « victoire en coup de vent » dont on avait conçu si imprudemment l'espoir aux heures de l'enthousiasme...
Le 24, les événements militaires sont déjà accomplis. Les communiqués du 24 et du 25 contiennent tout ce
(i) Ant, Délérraz, Parh pendan. la tnoblisation, p. ^n.
que le public connut officiellement de la « bataille de Charleroi ». Il faut les citer in extenso :
D'abord, le communiqué du 24, au matin, qui donne comme une sorte d'exposé des opérations.
« La grande bataille entre le gros des forces françaises et anglaises et le gros des forces allemandes continue. Pendant que cette action se poursuit, dans laquelle nous avons l'importante mission de retenir la presque totalité des armées ennemies, nos alliés de l'Est (les Russes) obtiennent de gros succès dont les conséquences doivent être considérables...
« 15 heures. — Nos armées, placées face à leurs objectifs, se sont ébranlées avant-hier, prenant résolument l'offensive. Entre la Moselle et Mons, la bataille générale est maintenant engagée, et la parole n'est plus qu'aux combattants eux-mêmes. (Suit un rappel des batailles de Lorraine et des Ardennes.) Une troisième armée, de la région de Chimay, s'est portée à l'attaque de la droite allemande entre Sambre et Meuse. Elle est appuyée par l'année anglaise, partie de la région de Mons.
a Le mouvement des Allemands, qui avaient cherché à déborder notre aile gauche, a été suivi pas à pas, et leur droite se trouve donc attaquée maintenant par notre armée d'aile gauche, en liaison avec l'armée anglaise. De ce côté, la bataille se continue vivement depviis plus d'une journée. Sur tout le reste du front, elle est aussi engagée avec le plus grand acharnement et déjà les pertes sont sérieuses de part et d'autre. A notre extrême gauche, un groupement a été constitué dans le Nord pour parer à tout événement de ce côté. »
Il y a bien, dans ces derniers mots, l'idée d'une conception stratégique qui, jusqu'à un certain point, s'oppose à celle de l'ennemi. Mais elle n'est indiquée