LES « COMMUNIQUÉS . FRANÇAIS
qu'en passant et à peu près indiscernable pour ceux qui ne sont pas initiés.
Le coup de massue est donné par le communiqué du 24 août, 23 heures :
« La situation en Belgique. — A l'Ouest de la Meuse, l'armée anglaise, qui se trouvait à notre gauche, a été attaquée par les Allemands. Admirable sous le feu, elle a résisté à l'ennemi avec son impeissibilité ordinaire. L'armée française, qui opérait dans cette région, s'est portée à l'attaque. Deux corps d'armée, dont les troupes d'Afrique, qui se trouvaient en première ligne, entraînés par leur élan ont été reçus par un feu très meurtrier ; ils n'ont pas cédé, mais, contre-attaques par la Garde prussienne, ils ont dû ensuite se repUer. Ils ne l'ont fait qu'après avoir infligé à leur adversaire des pertes énormes. Le corps d'élite de la Garde a été très éprouvé. »
Sur un ton plus solennel, le communiqué ajoute :
« Du fait des ordres donnés, la lutte va changer d'aspect pendant plusieurs jours ; l'armée française restera pour un temps sur la défensive ; au moment venu, choisi par le commandement en chef, elle reprendra une vigoureuse offensive. Nos pertes sont importantes ; il serait prématuré de les chiffrer ; il ne le serait pas moins de chiffrer celles de l'armée allemande qui a souffert au point de devoir s'arrêter dans ses mouvements de contreattaque pour s'étabhr sur de nouvelles positions.
Et immédiatement, un Aperçu d'ensemble :
« D'une manière générale, nous avons conservé la pleine liberté d'utiliser notre réseau ferré, et toutes les mers nous sont ouvertes pour nous approvisionner. Nos opérations ont permis à la Russie d'entrer en action et de pénétrer jusqu'au cœur de la Prusse Urientale.
« On doit évidemment regretter que le plem offensif
16 L'ÉNIGME DE t CHARLEROI .
pax suite de difi&cultés impossibles à prévoir, n'ait pas atteint son but : cela eût abrégé la guerre : mais notre situation défensive demeure entière, en présence d'un ennemi déjà afiaibli... Certaines parties du territoire national souffriront malheureusement des événements dont elles seront le théâtre ; épreuve inévitable, mais provisoire. C'est ainsi que des éléments de cavalerie allemande, appartenant à une division indépendante opérant à l'extrême droite, ont pénétré dans la région de Roubaix- Tourcoing, qui n'est défendue que par des éléments territoriaux.
« Le courage de notre vaillante population saura supporter cette épreuve avec une foi inébranlable dans le succès final, qui n'est pas douteux. En disant au pays la vérité tout entière, le gouvernement et les autorités militaires lui donnent la plus forte preuve de leur absolue confiance dans la victoire qui ne dépend que de notre persévérance et de notre ténacité. »
Et le communiqué continue sur le même ton, le 25 aoiit, T5 heures :
« Dans le Nord. — Des parties de cavalerie qui s'étaient montrés avant-hier dans la région de Lille, Roubaix, Tourcoing, ont apparu hier dans la région de Douai. Cette cavalerie ne peut s'avancer davantage qu'en s'exposant à tomber dans les lignes anglaises renforcées hier par des troupes françaises.
« Situation générale. — Malgré les énormes fatigues imposées par trois jours consécutifs de combats, et malgré les pertes subies, le moral des troupes est excellent et elles no demandent qu'à combattre. Dans la journée d'avant -liier, le fait saillant a été la rencontre formidable des tirailleurs algériens et sénégalais avec la troupe réputée, la Garde prussienne. Sur cette troupe soUde, nos soldats africains se sont jetés avec une inexprimable furie : la Garde a été éprouvée dans un combat qui dégé-