PIVOT DE DIAMANT
conscience me le reproche ; je sens que j'aurais dû agir autrement : je ne devais pas écrire cette lettre, je devais visiter mon ami. Par ce reproche, ma conscience m'oblige de croire que ce que j'aurais dû faire et que je n'ai point fait pouvait vraiment se réaliser. Avant d'agir, j'étais donc libre de choisir entre deux actes également possibles. Ils Tétaient à tel point que l'un d'eux s'est réalisé ; quant k l'autre, il l'était aussi, car ma conscience me l'aftirme : pour nier qu'il le fût, il me faudrait renier ma conscience morale, et par suite ma dignité d'homme. Sur ce fait de la liberté,, fondement de la responsabilité humaine et du bien moral, sur ce « pivot de diamant », comme dit Secrétan dans une œuvre de jeunesse, il va bâtir sa philosophie.