CHAPITRE II ASCENSION VERS L'IDÉE DE DIEU
Charles Secrétan, comme tous les autres philosophes, veut répondre à la question : quel est le principe de l'univers ? Pour cette recherche, deux voies s'ouvrent à l'esprit humain. D'une part la raison, c'est-à-dire l'analyse et la synthèse des idées, et d'autre part l'expérience, c'est-à-dire l'observation et la comparaison des faits. Parmi les philosophes, les uns se fient à la raison et dédaignent l'expérience, les autres s'en remettent à l'expérience et dédaignent la raison. Secrétan, ici comme ailleurs, s'est efforcé d'unir les deux éléments opposés et d'en faire une synthèse où l'un et l'autre puissent subsister sans rien perdre de leur vertu. Ce n'est pas
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un peu de raison qu'il va combiner avec un peu d'expérience, c'est toute la raison et toute l'expérience dont il se servira pour établir sa philosophie. Il ira jusqu'au bout de la spéculation théorique la plus hardie, il ira jusqu'au bout de l'observation du monde tel qu'il est ; il s'efforcera de tenir conipte à la fois de toutes les réalités matérielles et de toutes les réalités de l'esprit. La marche de sa pensée est comparable au vol d'un aéroplane. L'aviateur s'élance vers le ciel et plane au-dessus de la terre, mais il faut qu'il redescende de temps en temps pour reprendre des forces et s'approvisionner d'essence. De même, la philosophie de Charles Secrétan plane dans le royaume des idées, mais elle en redescend et vient assurer ses pas sur la réalité avant de s'envoler à nouveau.
Existe-t-il un principe de l'univers, et ce principe est-il un ? A ces deux questions préliminaires, Secrétan répond brièvement, car à ses yeux la vraie difticulté n'est pas là. Pour quiconque a foi en la raison, l'existence même et les besoins impérieux de la raison humaine lui montrent qu'il existe un premier principe. Mais faut-il avoir foi en la raison ? Il va sans