DIEU A VOULU
contradiction absolue, le mal absolu ; et comme la souffrance n'est autre chose que le sentiment de la contradiction, c'est en même temps la souffrance absolue, c'est un ver qui ne meurt point, c'est un feu qui ne s'éteint point. »
Cependant le monde où nous vivons, plein de mal et de misère, n'est pas absolument mauvais. Il y a quelque bonté dans cette corruption, il y a une tendance toujours renaissante vers un idéal entrevu. Gomment expliquer ces manifestations contraires ? Rappelons ici le principe fondamental que nous avons déjà posé : les volontés de l'absolue liberté sont absolues. Dieu a voulu que la créature fût; elle sera, et rien ne pourra l'anéantir. Dieu a voulu que la créature fût libre ; elle sera libre, éternellement, et les conséquences de sa liberté, si déplorables qu'elles puissent être, devront se développer librement. Dieu a voulu que sa créature fût heureuse, puisqu'il l'a créée par amour ; et cette volonté de Dieu devra, elle aussi, et malgré tout, se réaliser.