LE PROGRES
le terme est la production de riiiinianité comme espèce. »
La nature entière, nous l'avons vu, porte les traces de la chute. La nature entière, nous le verrons, porte les marques du progrès. Il n'y a là aucune contradiction. Le fait du progrès ne s'oppose point à l'idée de la chute : il la corrobore. Au dix-huitième siècle, on opposait l'idée du progrès au dogme de la chute, comme au dix-neuvième siècle on a opposé l'idée de l'évolution au dogme de la création. Secrétan accepte à la fois l'idée de la création originelle et celle de l'évolution, dont il fait le mode de la Restauration, c'est-à-dire de la création rédemptrice. De même le progrès n'est pas pour lui le contraire de la chute, mais le signe de sa réalité, et le mode de sa guérison :
a On croit tout expliquer par le progrès, saus s'aviser que le progrès lui-même aurait besoin d'être expliqué. Un progrès vers un but inaccessible est un progrès illusoire. Si le terme est infiniment reculé, qu'importent les espaces franchis ? nous en sommes toujours à la même distance, à la distance de l'infini. Or. de fait, l'idéal est pour nous en toutes choses un but infiniment éloigné.