‹ L'énigme du monde et sa solution selon Charles SecrétanChapitre 78 sur 124 · CHAPITRE XIII LA CONVERSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII LA CONVERSION

L'homme moderne compte les années en partant de Jésus Christ ; on dirait qu'avec lui tout recommence. Si l'instinct de l'humanité ne s'est pas trompé, Jésus est le centre où convergent tous les rayons, obscurs ou lumineux, de l'histoire humaine. Tout provient de lui, tout aboutit à lui. Jusqu'à sa venue, tous les peuples appellent de leurs vœux le héros inconnu, l'homme parfait, seul capable de réaliser l'idéal que tous les hommes entrevoient confusément. Jésus est l'homme normal. Il est, dit Secrétan, le don de Dieu à l'humanité souffrante ; par lui la créature se réconcilie avec son Créateur.

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Le sacrifice de Jésus Christ a une valeur définitive et absolue. Il est le sauveur de toute l'humanité. Gomment un seul homme peut représenter tous les hommes, et par conséquent être en quelque manière l'humanité même en présence de Dieu, nous ne pouvons le comprendre qu'en affirmant l'unité substantielle de l'espèce humaine, qui est un des fondements de la Philosophie de la Liberté. Si l'humanité ne forme vraiment qu'un seul organisme, dont nous sommes tous les membres, on conçoit que Jésus puisse en devenir la tête et diriger le corps entier dans une voie nouvelle.

La vie et la mort de Jésus Christ nous apparaissent ainsi, par rapport à tout ce qui précède, comme le couronnement de l'histoire. Mais, au lieu du passé, regardons l'avenir : Jésus sur la croix est alors le commencement, le premier germe d'où va sortir un monde nouveau. Jésus est comme l'extrême pointe de l'humanité tournée vers Dieu ; par lui se rétablit le contact entre Dieu et l'homme ; dorénavant le courant de vie divine pourra librement circuler dans l'âme humaine. Mais si l'humanité forme un tout continu, elle est formée d'indi-

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vidus distincts dont chacun possède quelque indépendance et quelque liberté. Il faut que chacun saisisse personnellement le salut conquis pour tous. Sans doute le contact est rétabli, le courant circule ; il faut cependant tourner le commutateur pour que la lumière jaillisse en un point déterminé.

Comment le salut peut-il se transmettre à chaque représentant du genre humain ? C'est l'objet d'un troisième paradoxe, qu'on pourrait appeler le paradoxe psychologique ; c'est la doctrine chrétienne de la conversion :

Le salut conquis par Jésus Christ pour toute l'humanité devient l'apanage de chaque individu, pourvu qu'il consente à l'accepter. Il lui suffit pour cela de croire, ou plus exactement de se confier, en un Dieu juste et compatissant ; de croire, c'est à dire de se confier en Jésus fils de Dieu, dont le sacrifice rédempteur lui procure le pardon. Sa foi le transforme et le régénère ; il naît de nouveau, il devient un autre homme, il vit dès à présent de la vie éternelle, l'Esprit de Dieu vient résider en lui.

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