‹ L'énigme du monde et sa solution selon Charles SecrétanChapitre 83 sur 124 · UN ACTE DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

UN ACTE DE LA VOLONTÉ

d'elle-même la réalisation de sa foi. La foi chrétienne est avant tout la confiance en un Dieu d'amour, et la certitude qu'il pourra produire en moi ce que je voudrais atteindre, ce que j'aspire de toute mon âme à réaliser, sans jamais par moi-même y parvenir. Gomme dans chacune des phases précédentes de la Restauration, la foi n'est possible que par l'intime collaboration de la puissance divine et de la volonté créée :

«f La foi est un acte de volonté. »

<r La foi est un don, il est vrai : seulement pour que Dieu nous accorde même les choses conformes à sa volonté, il faut les lui demander. Et l'expérience nous prouve assez qu'on ne croit pas à l'histoire du salut comme on croit à toute autre histoire. Elle ne nous laisse pas indifférents ; toujours elle excite ou l'amour ou la haine. Pour l'admettre, il faut en éprouver le besoin, il faut sentir sa misère, il faut se repentir, il faut lutter contre l'orgueil de la raison. Ainsi le travail de la foi commence avant que la conviction soit arrêtée et la connaissance complète. Et quand nous avons cru, quand du moins nous pensons avoir cru, d'où vient que le flambeau pâlit et vacille ? d'où vien-

l8o LA FOI CONSISTE A. SE DONNER

nent ces doutes qui nous assaillent précisément alors que nous sommes tentés par quelque passion ? Ces faits, que la frivolité seule songerait à contester, ne prouvent-ils pas qu'il y a toujours un effort dans la foi, un effort de la seule faculté de notre âme qui soit capable d'effort ? d

<K La mort de Jésus nous a » , une fois pour toutes, (sr acquis la liberté de mourir à nousmêmes ; mais il faut que chacun de nous meure effectivement à lui-même et telle est l'œuvre de la foi. »

d Au fond, la foi est la reproduction de toute Fhistoire humaine et de toute la Passion divine dans la conscience de l'individu. Par la foi chaque individu réalise l'expiation du Christ pour luimême en tant qu'individu ; dans sa communion avec Jésus-Christ, et par Jésus-Christ avec l'humanité, il se sacrifie, lui aussi, pour l'humanité dans l'abandon de sa volonté propre. La foi est donc l'acte qui nous identifiant à Christ dans la volonté, c'est-à-dire dans l'intimité de notre substance, fait de nous des chrétiens ou des Christ, comme le disent énergiquement d'autres langues. Mais ici, hélas ! nous ne pouvons que le devenir sans jamais l'être, parce que notre foi n'est point parfaite ; aussi ne saurait-elle avoir de valeur que pour

LA FOI PARFAITE l8l

nous-mêmes. C'est en nous donnant que nous nous sauvons ; mais nul n'est sauvé que par Christ, car c'est de lui que nous tenons le pouvoir de nous donner.

» La foi parfaite serait la parfaite sainteté, et la parfaite sainteté serait la vie éternelle. Un grain de foi transporterait les montagnes. Dans le vrai croyant la nature retrouverait son maître légitime avec sa liberté ; aussi ne faut-il pas dire que la plénitude de la foi sera suivie de nouveaux cieux et d'une nouvelle terre, mais plutôt qu'elle produira d'elle-même de nouveaux cieux et une nouvelle terre : la transformation de la nature, la perfection de la foi seraient les deux faces d'un seul et même accomplissement. Cet accomplissement est le but de l'histoire.

)) Christ dans Thumanité, voilà toute l'histoire. Il l'accompagne du commencement à la fin. D'abord il est la puissance providentielle qui la pousse à ses destinées ; il vit dans l'espèce, audessus des individus, qu'il pénètre de plus en plus. Puis, s'unissant à l'humanité purifiée, il devient lui-même un individu. Enfin il doit revivre dans l'espèce par l'intermédiaire des individus, vivre à la fois dans l'espèce et dans les individus, et rétablir ainsi l'unité spirituelle, l'unité libre de l'espèce. Il fallait donc qu'il cessât de

iSa CHRIST DANS l'hUMANITÉ

vivre comme un individu au milieu des autres, et c'est avec raison qu il a dit : il est bon que je m'en aille. »

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