TOUTE UNITÉ REELLE EST UNE SYNTHESE I9I
produit de toutes ces volontés convergentes représente l'infini de l'énergie, de l'intensité, l'unité vraie. Et comme elle dessine le but, cette thèse de la conscience implique aussi le point de départ. On ne saurait trop répéter ce qui va sans dire : la loi d'un être, sa destination ne se distinguent point de son essence. Si la volonté fondamentale du moi ne pose pas le moi mais le nous, c'est que la vérité du moi ne se trouve que dans le nous, c'est que la collection n'est que la forme de l'unité foncière, c'est que l'homme se sait et se veut un. Ou bien cette formule : Je ceux que nous soyons restera toujours arbitraire, inexplicable et paradoxale, ou bien elle se confond définitivement avec celle-ci : je veux être, qui est la définition même de l'être.
D L'unité n'est point compromise par la multitude, si tous se comprennent, si tous s'aiment, si chacun vit en tous et pour tous, et si chacun apporte à tous un complément de force et de joie.
» Toute unité réelle, même celle de l'esprit individuel, est une unité concrète, une synthèse. Le rapport constitutif de l'unité des êtres est un rapport variable, dans lequel l'expérience constate une progression. L'unité la plus puissante est aussi la plus riche ; c'est celle qui comprend les élé-