‹ L'enjoleuseChapitre 47 sur 111 · SCENE V GRANDIER, ALINE, PIERRE, puis HENIER · texte numérisé non relu

SCENE V GRANDIER, ALINE, PIERRE, puis HENIER

ALINE (avec un cri.) Le voilà ! Qui? le bonheur ?

PIERRE (sans comprendre.) Le bopheur ? J'n'ai pas dit qu’c'était le bonheur...

GRANDIER (souriant.)

On aurait pu le croire...Mais qui est-ce donc que tu annonces ainsi, alors ?

PIERRE M'sieu Hénier !...1l est r'venu | GRANDIER (très surpris.) Monsieur Hénier ? l'agent ?...celui qui...

PIERRF

Oui, le même...Il fait sa tournée dans la campagne pour ach'ter les moissons, et j'viens d’le voir qui venait par icitte. Vous savez il a toujours sa valise. . . Ah ! on peut dire que c’pas un homme peureux, qu'celui-là !

HSE ——

GRANDIER (préoccupé.)

En ce cas, je vais à sa rencontre. . . Etait-il loin d'ici

quand tu l’as vu ?

PIERRE Tout proche, il arrivait...

ALINE Et le pauvre homme est tout à fait rétabli ?

PIERRE

Ah ! mais oui...T'nez, le v‘là qui s’amene par la salle comme l’année dernière. . . Ah ! il n’est pas fier |

GRANDIER

Mais je ne veux pas qu'il entre ici, moi ! (à Pierre) Va dire à M. Hénier de m'attendre au salon.

PIERRE Ah ! ben ouiche ! par exemple ! Si vous croyez qu'il va m'écouter !... (il sort.)

HENIER (dans la coulisse.)

Bien, bien, mon brave ami...Je sais très bien où se trouve M. Grandier et je vais le trouver là où il se trouve. (il entre) Bonjour, mademoiselle, bonjour M. Grandier ! Comment allez-vous ?

GRANDIER (lui tendant la main.)

Bien...merci...et vous ?

HENIER (déposant sa valise.)

Enchan:é de vous revoir...

GRANDIER

Mon cher monsieur, je ne peux pourtant pas vous recevoir dans cette pièce. . . Nous serons plus à l'aise dans. .

HENIER

Allons donc ! Vous me connaissez ? Je n'ai que quelques minutes à vous consacrer, et ces minutes j'aime mieux les passer ici—-dans votre intimité—que dans un endroit plus...plus officiel. ..(à Aline.) Vous permettez, n'est-ce pas, mademoiselle ?

ALINE Certes. Je vous lai -e, messieurs.

GRANDIER Va, Aline.

HENIER (galamment.)

Ce ne sera pas long :—-dix minutes—et vous nous rapporterez ce rayon de soleil que vous nous enlevez en ce moment... (Aline sort.) Dites-donc, Monsieur Grandier, mademoiselle votre fille me semble un peu...un peu changée. . .un peu pâle... A-t-elle été malade ?

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