SCENE IX
Les mêmes, MADAME GRANDIER, REVOL, puis PIERRE MADAME GRANDIER Eh bien, si j'y comprends quelque chose ! Ah! tiens, un Fi ALINE Oui, mère, un officier qui vient...de France... MADAME GRANDIER (vivement.)
De France ! Mais alors ?...Mais alors c'est. . c'est Armand ! C'est lui, c'est toi !
ARMAND (courant à elle.) Mère !
MADAME GRANDIER (dans ses bras.) Mon petit ! mon enfant ! C'est toi enfin, c'est toi ! REVOL (à Hénier.) Quel est donc ce monsieur ?
HENIER
C'est M. Grandier, le fils de M. et de Madame Grandier
REVOL M. et Madame Grandier avaient un tls ?
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HENIER
Vous voyez. (à Grandier.) Je vous en prie, mon ami, allez les trouver...ÆEst-ce qu'il serait possible de ne pas pardonner après avoir vu pareille scène ?
GRANDIER (bas, mais avec fermeté.)
Je pardonnerai quand réparation pleine et entière aura été faite à notre chère enfant, Jacques.
Eh bien ! en ce cas, ce ne sera pas long, vous allez voir ! Je brûle mes vaisseaux ! (il va vivement à la porte de gauche, et appelle) Pierre !
PIERRE (sur le seuil.)
Monsieur !
HENIER
Ah! bon, tu étais à ton poste. ..(il lui parle bas) (Haut) Ne lui dit pas un mot de ce que tu viens de voir. . Va ” 1 (Pierre sort et Hénier revient en se frottant les mains.
MADAME GRANDIER (avec amour.) Mon petit !
GRANDIER (à Hénier.) Regardez !
Oui, c’est beau !
GRANDIER C'est beau, soit ! Mais demain ?
HENIER
: HENIER
Eh bien, quoi ? demain ? Oh ! oui, je sais ce que vous allez dire : Réparation, expiation, etc., etc... .Si vous croyez que ça va se passer comme Ça | Madame Grandier
ne sait rien : elle n’apprendra rien...
Voilà assez longtemps qu'il se fait attendre | Appelez votre
fille.
GRANDIER
Je ne comprends pas bien ce que vous dites, mon ami, mais je vous connais trop pour ne pas avoir confiance en vous... Faites ce que vous voudrez. (à Aline) Veux-u venir ici, un moment, Aline ? C'est M. Hénier qui désire
te parler.
ALINE (inquiète.)
Me voici...
HENIER (l'entraînant à l'écart.)
Vous savez, Aline, pas un mot à votre mère de tout ce qui concerne le passé de votre frère, du moins de ce qui peut y avoir de repréhensible dans ce passé. . .
ALINE Mais est-ce possible ? Armand est revenu justement. . HENIER
Pour réparer, je sais. Mais il n’a rien à réparer — æ moins publiquement—puisque le docteur Reynaud est ibre. ..
ALINE
Libre ! Oui, mais déshonoré, disparu, perdu à jamais pour nous...
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154 DEVOTION a HENIER
Qui sait ! (allant vers la porte de gauche) Es-tu là, Pierre ?
PIERRE (dans la coulisse.)
Oui, monsieur.
HENIER En ce cas, fais entrer le prince...
ALINE Le prince ?
REVOL Un prince ! Diable !
HENIER
Le prince Charmant ! Le voilà ! (entre Jacques Reynaud qui, en apercevant tout ce monde, s'arrête brusquement et fait mine de retourner. Il est un peu changé, un peu pâle. Tableau. Armand s'est levé, effrayant de pâleur, raide, les veux fixes, tandis que sa mère le regarde avec stupéfaction. Révol est ahuri. Aline, à l'autre bout de la scène, reste un instant comme pétrifiée, puis, traversant la place, elle se jette avec force dans les bras de Jacques.)