Deutéronome, xxiv
LES JUIFS
et si fort : deux cœurs liés pour le travail, pour la bonne guerre; l’homme s'assurant en sa femme; la femme, son aide, sa vaillante, lui faisant du bien tous les jours? Qui a protégé l’union par ces terribles foudres dont l’éclair va frapper l’adultère, proclamant du même coup l’inviolable sainteté de l’œuvre parfaite de Dieu, ce couronnement de la création? Qui donc, saisissant le mariage et l’énlevant d’un trait, le porte dans les cieux, sur les ailes de ces comparaisons splendides, éternelle expression de l’éternelle dilection de Dieu *? Qui a fondé la famille et qui nous l’a raconléè : Isaac pleurant sa mère, Joseph pleurant sur le cou de ses frères; Moïse, le bel enfant, caché, conservé en dépit de l’arrct du Pharaon, tandis que sa sœur se
t. Quant à cette idée subversive du mariage, la sainteté par le célibat, on sait si l’Ancien Testament l’admet à un degré quelconque. Les prêtres juifs, les souverains sacrificateurs, les sacrificateurs, les lévites, sont tous mariés. Il y a plus. Les N acariens eux-mômes, qui font des vœux, ne rangent à aucune époque le célibat au nombre de leurs engagements exceptionnels. Le nazaréat, essentiellement temporaire, consiste à porter la barbe et les cheveux longs, sans que nul fer tranchant ne les touche plus; il consiste à s’abstenir de toute boisson enivrante, à fuir le contact de tout ce qui pourrait souiller la chair. Or la loi du nazaréat, type de la pureté intérieure, n’a pas un instant supposé que le mariage, ce retour de Dieu sur son œuvre pour la perfectionner, pût jamais contaminer le corps ou le cœur.
Les prophètes, ne l’oublions pas, étaient mariés. Tous les apôtres, sauf Paul, étaient mariés. Il y avait, du temps de Jésus, des Esséniens qui, fondant la sainteté sur le célibat, ne se mariaient point. Or Jésus n’a jamais dit : Allez, et faites comme eux ! — Jésus a dit : « An commencement, Dieu fit un homme et une femme, c’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme. Marc, x, 6, 7. Math., xix, 6.
L’HISTOIRE
tient aux aguets parmi les roseaux du Nil? Qui nous a fait voir les fils, les filles, sauvés avec les pères; les liens de la parenté fortement serrés par le nœud des ordonnances; les caravanes se rendant en famille aux belles fêtes de Jérusalem? — Ce cri dont l’accent, on le dirait, traverse, en dépit des égarements, l’histoire entière du peuple de Judée : « Pour moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » 1 2 ! qui donc l’a proféré, bâtissant la maison sur le roc*?
Le Livre reste unique : lumière au milieu des ténèbres, pureté au milieu des corruptions, vivant au milieu de tout ce qui meurt, parlant d’espoir quand tout se détruit et que tout se dissout.
Le peuple reste unique : souvent infidèle, mais connaissant Dieu, mais trouvant pour Dieu des élans d’adoration, des virilités d’obéissance, des dévouements étrangers aux autres peuples; souvent révolté, mais conservant dans le vase d’élection la sainteté du