‹ L'ennemi de la familleChapitre 42 sur 67 · II Corint., TU · texte numérisé non relu

II Corint., TU

liberté. Si je ne possède pas mon âme, je ne pourrai pas donner mon âme à Dieu; si je ne possède pas ma vie, je ne pourrai pas consacrer ma vie à Dieu; si je ne possède pas un sou, je ne pourrai pas faire le &crifice d’un sou; si je suis contraint, je ne pourrai pas donner gaiement. L’esclave, qui ne possède rien, n’a rien à donner : là est l’abjection suprême! Ravir à l’homme son droit de posséder, que ce soit la propriété du cœur, du corps, 'de la conscience, des facultés, du sol ou de l’argent, c’est commettre le grand attentat, c’est mettre la main sur sa liberté.

On dit : Le don est offert à Dieu, une fois pour toutes. L’homme, une fois [tour toutes, s’est volontairement démis du droit qu’il avait de posséder!

Eh bien, c’est justement parce qu’il l’a fait une fois pour toutes, que l’homme s’est dispensé de le faire toutes les fois que Dieu le veut. Cette grande abdication n’est au fond qu’une grande dispense de soumission. L’égoïsme s’accommodera toujours des partis [tris une fois pour toutes; il n’en a pas peur, ce n’est pas là ce *qui le tuera. L’égoïsme a peur de la liberté, il a peur des libres mouvements de la conscience, il a peur des libi 'es élans du cœur, il a peur de la libre obéissance au jour le jour; il sait qu’avec cela il lui faudra mourir. Aussi l’égoïsme se fera-t-il socialiste, communiste, tant qu’on voudra.

LE SOCIALISME

La communauté détruit autre chose que la famille, la communauté anéantit la charité, la sympathie, les joies du renoncement. Celui qui ne possède rien en propre ne peut se priver de quoi que ce soit pour son frère; il ne peut nouer ces doux liens du sacrifice d’une part, de la reconnaissance de l’autre, qui unissent entre eux les membres de Jésus-Chrisf ; il ne peut se gêner pour faire éclore du bonheur là où l’on ne rencontrait que de la souffrance; il ne peut, supprimant quelque plaisir, mettre un rayon de soleil

sur le chemin des déshérités. Là où l”individu fait

défaut, vous chercheriez vainement l’amour. L’engin socialiste prend la pâtée et l’administre à chacun, réduisant ainsi l’humanité au rôle de bétail à l’engrais!

Venez, après cela, nous parler de fraternité !

Où est-elle? qu’en avez-vous fait? comment voulezvous qu’elle s’exerce? Personne n’a plus besoin de personne. D’ailleurs, où trouver l’homme? Je vois des râteliers, je vois des mâchoires; mais d’hommes je n’en vois pas un.

Admirons quels progrès l’Evangile aurait réalisés dans l’humanité, s’il l’avait dotée du socialisme! Plus de foyer, plus de sanctuaire, plus d’enfants, plus de travail, plus de possession ni de soi-même ni de rien : la chrétienté au couvent; quel paradis sur la terre!

Grâce à Dieu, c’est la famille que l’Evangile est venu rétablir ; la famille, démolie pièce à pièce depuis

Adam; la famille, qu’ après Jésus-Christ l’homme s’est efforcé de détruire ; la famille, création merveilleuse, <lon béni, miracle plus éclatant cent fois que les plus éclatants prodiges.

Les hommes ont inventé la polygamie, le divorce, la communauté, le saint célibat.

Inventer la famille, cela n’appartenait qu’à Dieu.

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