Appliquées aux femmes de même qu’aux hommes
LE REMÈDE
diantes, totalement dépourvues de courage cl d’honneur; si, pratiquée de la sorte, l’aumône se fait socialiste, détruisant le travail, détruisant la famille, détruisant l’individu; il n’en reste pas moins vrai que le don doit subsister, que donner avec amour est toujours un privilège, que recevoir avec simplicité est parfois un devoir. H y a des brèches à réparer, il y a
des obstacles à renverser, il y a des ruines à redresser.
L’aumône qui, maebinisée, enfante le paupérisme; l’aumône dont les distributions officielles et régulières aggravent toujours le mal; l’aumône a pour mission de parer aux accidents, de subvenir aux infortunes exceptionnelles, de remédier aux maladies, de pourvoir aux chômages involontaires, d’empêcher les désastres, de- secourir quand elle ne peut sauver. L’aumône, ainsi comprise, donne de vigoureux, de fraternels coups dé main sans lesquels, à certains moments d’orage, et l’homme et la société périraient. Pour cela, pour ces élans, pour ce tact, pour respect de l’individu, pour ces sympathies qui soulagent sans écraser, qui aident sans suppléer, je vous défie de trouver un. autre agent que la famille, un autre moteur que des cœurs réchauffés, vivifiés, éclairés par la .famille.
Supprimer la bienfaisance, supprimer les compassions, supprimer la parenté humaine; jamais la famille ne supportera cela !
LE SOCIALISME
Les gens qui, les deux pieds sur leurs chenets, au sortir d’un bon dîner, pérorent doctement sur les dangers de l’aumône, concluant que toute charité bien ordonnée consiste à ne rien donner à qui que ce soit, ces gens-là n’ont jamais rencontré le regard' enfiévré, n’ont jamais entendu celte voix creuse de l’homme qui a faim !
11 suffît de visiter les pauvres et les malades, il suffit de pénétrer dans certains réduits pour comprendre que la suppression de l’aumône est la plus impossible des impossibilités.
Essayez de manger, après avoir vu cinq ou six allumés autour d’une soupière à moitié vide! Essayez de vous chauffer, après avoir vu des enfants grelotter devant un àtre éteint! Essayez de dormir, après «avoir vu le grabat sans draps, sans couvertures, parfois le tas de chiffons où se pelotonnent et s’entortillent comme ils peuvent des membres congelés!
Allez, vous mettrez ici de la viande et du pain, là vous mettrez du bois, ailleurs ce sera des vêtements, du linge, de la propreté ; partout vous apporterez des sollicitudes, des prévoyances avec des tendresses, vous ne pourrez autrement! Alors, sous ces chaudes haleines quelque chose qui vaut mieux que le bienêtre éclora; ce quelque chose, c’est la fraternité dans ce qu’elle a de plus cordial, de plus ému et de meilleur.
LE REMÈDE
La famille vous enseignera cela. Vous ne pourriez embrasser vos enfants si vous n’aviez fait cela.
Regardez l’œuvre de charité pendant la crise du Lancasliire! On n’a pas donné seulement des livres sterling, on s’est donné. Il y avait là des femmes riches qui laissaient leurs riches salons pour s’établir durant des journées entières dans les écoles d'ouvriers, ranimant le courage de ceux-ci, développant, l’intelligence de ceux-là, passant de l’école aux intérieurs dénués, appliquant les secours bien entendus partout où se faisaient sentir les besoins. Ces femmes voyaient par leurs propres yeux, ces femmes tendaient leurs mains vaillantes aux mains affaiblies, ces femmes priaient, et le trait d’union s’établissait, le nœud se serrait entre les classes indigentes et les classes opulentes, le problème social se résolvait sans longs discours, sans gros livres, tout simplement par l’action bénie de la famille dont l’Evangile avait louché le cœur.
Que la famille exige de l’Etat certaines réformes, qu’elle obtienne des traités internationaux pour supprimer radicalement le travail des femmes et des enfants clans les manufactures, qu’elle fasse voter des lois pour fixer le maximum des heures de travail de l’ouvrier, pour assurer le repos du dimanche, pour obtenir une forte augmentation du salaire en cas de
veilles, pour fermer tout logement malsain, pour res-
LE SOCIALISME
trcindrc le nombre des cabarets, pour astreindre à des règlements sévères tout débit de vins ou de liqueurs, pour flétrir l’ivrognerie, pour châtier les ivrognes; et la famille aura remporté la victoire. Nous assisterons, grâce à la famille restaurée par l’Évangile, à la plus belle victoire qui ait été accomplie sous les ci eux.
Un temps viendra, je l’espère, où nos successeurs ne voudront pas croire aux souffrances dont les cris montent vers Dieu à 1’heure même où j’écris. Ils ne voudront croire ni au travail forcé des femmes, ni au travail forcé des enfants, ni au travail forcé «les hommes, ni au travail mal rémunéré de la nuit, ni aux mères désertant la maison, ni aux familles disloquées, ni aux désordres, ni aux corruptions, ni aux remèdes pires que le mal, ni à rien de ce que nous supportons maintenant.
Laissez l’Évangile refaire la famille, laissez la famille refaire la société; je vous l’ai dit, le monde, remis sur son axe, se relèvera.