‹ L'ennemi de la familleChapitre 56 sur 67 · GUERRE A L’ÉVANGILE · texte numérisé non relu

GUERRE A L’ÉVANGILE

rompu, s’en sont servis comme d’un bouclier pour couvrir toutes leurs passions et tous leurs despotismes.

Regardez l’Evangile dans sa pureté. Il fonde l’égalité à coté de l’autorité; il place au même rang, il appelle aux mêmes destinées les hommes et les femmes. Et tout en faisant cela, il établit ce caractère exclusivement féminin, cette existence d’intérieur que la femme ne déserte jamais sans déchoir. Depuis que l’Evangile a paru dans le monde, et pas avant, s’est introduit l’ensemble d’idées qui a fait cesser l’oppression des pauvres, qui a détruit l’esclavage, qui a réalisé des libertés croissantes, et qui, pour les femmes en particulier, a opéré une émancipation telle, amené de tels progrès, que ceux qu’on propose aujourd’hui sont misérables à côté.

Je trouve autant de folie que d’ingratitude dans ces assauts contre l’Evangile livrés par des femmes qui doivent tout à l’Evangile. Ne savent-elles pas que ce qu’elles désirent, j’entends les bonnes victoires, dépend des sentiments que la foi chrétienne mettra dans le cœur des hommes et dans leur propre cœur ? N’ontelles jamais pensé à l’enfer terrestre où elles tomberaient si le ciel se fermait sur leur tête, si les prières cessaient, si rien d’éternel n’entrait dans les relations de famille? C’est bien alors que leur mission s’abaisserait, que leur influence morale disparaîtrait,

DEUXIÈME APPENDICE

que la force régnerait seule, qu’on les exclurait brutalement de la vraie vie, des travaux, des professions, des enseignements, des questions que les hommes voudraient se réserver !

Si vous en doutez, promenez vos regards sur les temps antérieurs au christianisme et sur les pays qu’il n’a pas encore transformés. Prenez cette loi romaine qui assimilait les femmes aux enfants, donnant au pater familias droit de vie et de mort sur elles. Prenez la Grèce, et Rome encore, avec leurs gynécées, avec ces spectacles d’une indicible corruption : divorces continuels, crimes contre nature. Prenez l’Amérique dans sa portion sauvage ! La squaw du Peaurouge y croupit sous un asservissement absolu, les durs travaux sont pour elle, c’est elle qui porte les fardeaux, elle vit des restes que le mari lui laisse après s’être repu, son mari la quitte et la reprend comme il lui plaît, voilà l'idylle. Quant aux enfants nés de ces unions éphémères, à peine attachés à leurs parents par un lien très-éphémère aussi, ils quittent dès qu’ils le peuvent le wigwam paternel, et c’est à peine si dès ce moment on se connaît. Voyez l’Afrique ! Écoutez les récits de Speke et Grant sur la dégradation de ses femmes à l’engrais! Parcourez l’Orient. Est-ce la Chine ? sont-ce les Indes ? l’infanticide portant sur les tilles y produit d’effroyables massacres; pour que l’usage de ces meurtres quotidiens pratiqués sur une

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