‹ L'ennemi de la familleChapitre 57 sur 67 · GUERRE A L’ÉVANGILE · texte numérisé non relu

GUERRE A L’ÉVANGILE

grande échelle se soit ainsi établi et perpétué, il faut que ni la femme ni la mère n’existent en quelque sorte dans toute l’étendue de ces royaumes démesurés. Est-ce Java? est-ce Siam? est-ce l'Égypte? est-ce la Turquie? Partout la femme, mariée enfant, sans avoir vu son fiancé, sans avoir été vue de lui, sans être consultée, rencontre cet abaissement de la réclusion pour lequel on ne trouve pas de termes : vie nulle, développement nul, intimité nulle; ni travail, ni intérêt d’aucune espèce; la maternité même dénaturée ! se baigner, se parer, tuer le temps, accepter des rivales, vivre dans l’attente du divorce, ne rien apprendre, ne rien savoir, souffrir, se heurter contre les barreaux de la cage, c’est toute l’existence et c’est tout l’avenir. A Siam, lorsqu’un grand seigneur est ruiné, il vend ses femmes et ses enfants; ses filles vont peupler d’autres harems. Plus on s’éloigne des frontières chrétiennes, plus la femme descend les degrés qui mènent de l’être perfectible à la chose; le point exact où commence l’Évangile marque la fin d'une si prodigieuse abjection. Placez l’Evangile au milieu de ces ténèbres, tout s’éclaire. Ainsi, dans le Liban, l’enseignement des écoles fondées par madame Thompson a déjà produit de notables progrès. Les jeunes filles musulmanes suivent les leçons; plusieurs femmes ont demandé d’y être admises ; les hommes consentent, approuvent, et, renonçant aux

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unions précoces usitées jusqu’ici, recherchent en mariage les élèves de madame Thompson. De là à l’abolition, en fait, de la polygamie, il n’y a qu’un pas.

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