‹ L'ennemi de la familleChapitre 7 sur 67 · LES GERMAINS · texte numérisé non relu

LES GERMAINS

Notre esprit a besoin, pour se reposer, d’un spectacle moins répugnant.

Les mœurs des Germains, si bien décrites par Tacite, nous le fourniront.

Elles forment avec les coutumes grecques et romaines le contraste le plus absolu.

On le sent, Dieu tient en réserve cette race-là, cette honnêteté-là, pour rajeunir les nations décrépites, pour y leconder l’Évangile, pour y retrouver l’individu, pour y relever la famille, pour rallumer en un mot les purs foyers.

Faites-y attention, n’est-ce pas le rôle que remplissent, aujourd’hui comme alors, les peuples ger-

maniques, les peuples anglo-saxons?

Un de nos traits les plus saillants, à nous autres

L’HISTOIRE

latins, c’est la perpétuelle ironie qu’excite chez nous le mariage. Bonheur, malheur, tout sert de prétexte à nos sarcasmes. Ceux-là même qui ne se moquent point restent frivoles. Pas dç bonnes histoires s’il n’y a quelque mari trompé au bout. L’éternelle aventure de l’éternel roman éternellement le même nous ramène invariablement l’adultère sous toutes les formes, à toutes les sauces, dans tous les milieux. Notre littérature en vit, ou plutôt elle en meurt. Baillé, léger, flottant, le lien conjugal n’étreint plus. On s’arrange d’ailleurs pour le rendre aussi ténu que possible. Le premier soin quand on l’accepte, c’est de lui soustraire les grands côtés de la vie, c’est d’en détourner les plus intimes besoins du cœur.

La race germaine, au rebours, met ses aspirations, rattache son avenir à ce fait, immense pour elle, de

l’union des deux âmes, de la fusion des deux existenses, de l’intimité du nid conjugal, avec les tendres sollicitudes pour tout ce qu’abrite son duvet.

La race germaine apporte au mariage, à l’acte suprême, à l’événement décisif, un profond sérieux. Elle en attend tout, félicité, énergie, progrès. Elle n’en détourne rien, ni le cœur, ni les volontés, ni la soif de l’idéal *.

1. Si le protestantisme, à sa honte, et par un excès de réaction contre Rome qui en fait un sacrement, a compromis le mariage, en Allemagne et ailleurs, en autorisant le divorce suivi des secondes noces ;

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