‹ L'ennemi de la familleChapitre 8 sur 67 · LES GERMAINS · texte numérisé non relu

LES GERMAINS

L’indépendance germaine , qui a respecté l’individu, a conservé la famille. Le despotisme latin, qui a écrasé l’individu, a du même coup mutilé la famille. I jC$ attitudes se sont' maintenues. L’histoire future dira où se trouvait l’avenir.

Je ne veux rien exagérer.

Les Germains de l’antique Germanie ne possédaient pas la famille intacte. Bien que la monogrfmie fût le fait habituel chez eux, elle n’était pas la règle absolue. Bien que le divorce formât l’exception, le divorce existait. Les Germains, en outre, versant, au rebours des autres peuples, du côté des respects exagérés, presque de l’adoration envers les femmes, avaient méconnu tout autant que ceux-ci le caractère sacré de l’union formée par la volonté divine et sur le plan divin. La femme, chez eux, sortait du rôle que lui a donné son créateur. Prophétesse, prêtresse, organe privilégié des oracles célestes, elle quittait, pour saisir de haute main la chose publique, cette ombre où Dieu l’a placée; elle répudiait les devoirs

si les hautes classes allemandes, qui venaient, au siècle dernier, chercher en France les modes avec l'incrédulité, ont profité de la permission, et cela d’une manière scandaleuse ; le peuple, le gros, le vrai de la nation, la race, a résisté.

Ajoutons que l’Évangile remis en vigueur accomplit en Allemagne, de même que partout, son œuvre de réformation. En réalité, le divorce suivi des secondes noces disparaît des mœurs. Laissez faire l’Évangile, il disparaîtra des lois.

L’HISTOIRE

tout intérieurs dont II a fait sa part et son bonheur ; elle entrait dans les domaines réservés à l’homme, et y exerçait une autorité qui ne lui sied nullement.

Ceci dit, maintenons la supériorité germaine en tout ce qui tient à l’union conjugale, et par elle au sens moral.

La chasteté de ce peuple frappait Tacite, le Romain accoutumé aux impuretés de son pays. Il la signale, en intègre historien qu’il est : « Chez ces genslà, dit-il, point d’adultère. Ces gens-là ne rient pas du vice ! Être corrompu et corrompre ne s’y nomme pas la mode du siècle ! Le mariage, parmi ces genslà, est si solennel, si vrai, si profondément enraciné, que les veuves se remarient rarement. De même qu’elles n’ont qu’un seul corps et qu’une seule âme, elles prennent un seul époux. Leur pensée ne va pas au delà. »

Il semble qu’un dernier souffle, exhalé par l’Eden à jamais fermé, vienne rafraîchir notre cœur.

LES JUIFS

C’est ici que nous attendent les ennemis de la Bible.

Votre Bible, s’écrient-ils, si elle a créé la famille, n’a pas su protéger sa création ! Votre Bible a sanctionné la polygamie, autorisé le divorce; elle a réglementé, appuyé ces destructions du mariage. Tel code tel peuple. Vous dites : « On reconnaît l’arbre à son fruit! » Regardez votre nation modèle, ses patriarches, ses rois, ses mœurs, et prononcez sur votre arbre !

J’y consens. Regardons.

Seulement, pour voir, il faut se mettre au point de vue. Or le point juste, le seul vrai lorsqu’il s’agit de constatations historiques, se nomme comparaison.

L’HISTOIRE

A mon tour je dis : Examinez ! et j’ajoute : Comparez !

Comparez Israël, tel quel, avec ses voisins. Avec Chanaan souillée et perdue, dont il sort; avec la Phénicie, la mère des cultes monstrueux, qui, par mille débouchés, lui verse et ses produits commerciaux et ses infamies sans nom. Comparez Israël avec ces populations idolâtres, gangrenées jusqu’à la moelle, acharnées à le corrompre, qui le pressent de toutes parts. Songez aux fanges en perpétuelle ébullition dont les exhalaisons lui arrivent portées sur l’aile du vent, attachées aux pieds des voyageurs, balancées on le dirait au pas nonchalant des caravanes. Comparez les mœurs, comparez la famille. Mettez l’absolue dégradation, sans remords, sans retours, mettez le pourrissoir, état définitif des nations environnantes, en face des puissants réveils du peuple biblique, des soudaines horreurs du péché qui tout à coup le saisissent, des magnifiques résurrections qui lui restituent une âme, de ses efforts virils, de ses résolutions à bien faire, de ses relèvements prodigieux, et prononcez.

Il y a plus; je vous y rends attentifs.

line loi d’or appliquée à un peuple essentiellement rebelle, habituellement entraîné, dont les générations successives, malgré beaucoup d’écarts, toujours a respectent et toujours y reviennent, cette loi ne

LES JUIFS

porterait-elle point le sceau divin? Et si pas un trait de lettre ne s’en efface ; si toutes les révoltes, si toutes les défaillances de la nation à qui elle fut imposée n’ont jamais réussi à en détacher une ordonnance; si tant d’infidélités ne sont jamais parvenues à en atténuer un arrêt; si cette loi s’est maintenue comme une colonne de lumière au travers des ténèbres, direxvous que ces Juifs pervers dont les vices vous scandalisent l’ont improvisée? direz-vous que ces Israélites déplaisants et revêches en sont les promulgateurs, qu’elle vient de ces cruels, que ces bandits et que ces pillards l’ont inventée comme ils l’ont conservée !

On nie les miracles. En voilà un. J’en connais peu de plus décisifs : la Bible de Dieu, resplendissante, inébranlable, debout au milieu du Ilot des impuretés qui par moments envahit la nation de Dieu et menace de l’engloutir?

Or la nation de Dieu ne périt point. Par la bouche de ses prophètes, par la sincérité de ses repentirs, la nation de Dieu affirme l’éternelle vérité de la loi, l’éternelle fidélité de son Dieu. Elle est un témoin. C’est de ce peuple-là que le Sauveur naîtra. C’est de cette race-là qu’il prendra douze hommes, douze Juifs, pour régénérer l’univers.

Maintenant, voyons les textes '.

1. Afin de rester équitables envers la législation de l’Ancien Testa-

LES JUIFS

mains qui livrent l’esclave prisonnière aux longues épingles de leurs épouses et de leurs matrones, derrière les murs sans écho du gynécée sans pitié !

Mais là n’est pas la question : — « Tu la prendras pour ta femme. » — Qui vous a dit que cet homme, invité au mariage et non au désordre, remarquez-le, soit déjà marié ? « Tu seras son mari , elle sera ta femme ! » — D’où inférez-vous que cet homme dont la prisonnière sera la femme, ait déjà une, deux, trois, plusieurs femmes? Votre supposition, basée, je l’imagine, sur la coutume qui mariait les Israélites de bonne heure, n’en demeure pas moins une supposition absolument gratuite quant au texte. Moïse prescrit le mariage pour éviter la débauche : voilà tout.

On cite, au même chapitre du Deutéronome, les versets 15, 16 et 17 : — Cette fois, s’écrie-t-on, nous tenons la polygamie !

Non, vous ne la tenez pas. Vous tenez un règlement d’héritage; vous tenez la répression d’un fait qu’il faut bien mentionner puisqu’il existe; vous ne tenez pas, puisqu’elle n’existe pas, la législation de ce fait, seul document qui eût de la valeur, car seul il légitimerait le péché en l’organisant.

Prenez le Livre et lisez vous-même : — « Quand un

homme aura deux femmes, l’une aimée, l’autre haïe,

et qu’elles lui auront enfanté des enfants, tant celle qui

L’HISTOIRE

est aimée que celle qui est haïe, et que le fils aîné appartienne à celle qui est haïe, et que le jour vienne où le père partage son bien à ses énfants. » — Voilà le fait. — « Alors il ne pourra pas faire aîné le fils de celle qui est aimée, préférablement au fils de celle qui est haïe, lequel est né le premier. Mais il reconnaîtra le fils de celle qui est haïe pour son premier-né, en lui donnant double portion de tout ce qui se trouvera lui appartenir. » — Voilà le règlement. —

La loi ne s’applique pas au fait, qu’elle sanctionnerait en le réglant ; elle s’applique aux conséquences du fait, dont elle extrait le venin.

Les adversaires de la Bible ne se tiennent pas pour battus. Ils ont par devers eux l’Exode, chapitre xxi : — « Si un Israélite vend sa fille 1 , et qu’elle ait déplu à son maître qui ne l’a point fiancée, il la fera vendre ; toutefois il n’aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, après qu’il lui aura «té infidèle. Mais s’il l’a fiancée à son fils, il fera pour dlle selon le droit des filles. Que s’il en prend une autre pour lui, il ne retranchera rien de sa nourriture, de ses habits, et de l’amitié qui lui est due.

S’il ne fait pas pour elle ces trois choses-là, elle sortira sans payer aucun argent. »

Fiancée , pas fiancée! de tels mots, convenons-en,

1. On sait que tous les sept ans les esclaves hébreux rentraient gratuitement en possession de leurs libertés.

LES JUIFS

et cet autre : infidèle! sonneraient étrangement, appliqués à la corruption la plus révoltante de toutes : à la corruption patentée, patronnée, hardiment plantée en pleine famille, largement épanouie au grand soleil d’une loi qui est la sainteté de l’Éternel 1 ! Encore un coup, nous demanderons pourquoi lire, ici comme ailleurs, au delà de ce qui est écrit? Pourquoi voir une infamie là où le texte ne nous montre que le fait, très-légitime en ce temps où régnait l’esclavage, d’un homme qui achète la fille de son frère pauvre, qui tantôt la fiance à son fils, puis, abandonnant l’idée d’une pareille union, veut en écarter l’objet; qui tantôt, sans se l’être fiancée à lui-même, après avoir eu du goût pour elle n’en ressent plus, lui est infidèle , et cherche à s’en délivrer ! — Vous voulez absolument qu’il y ait là des profondeurs de vice, légitimées par des faiblesses de concession incompatibles avec l’idée de Dieu! Alors je vous demanderai ce que vous faites des lois qui concernent les vierges, ordonnant impérieusement au suborneur de réparer ses torts envers la jeune fille séduite, de l’épouser, et delagardeV*!

1. La Bible, lorsqu’il s'agit d’un acte grossier, emploie le mot brutal. C’est sa manière de démasquer le vice; elle ne biaise jamais de langage avec lui : au péché hideux, le mot cru. Point d’hypocrisie, le vrai partout.

2. Exode, xxh, 16. Dans le cas où le père de la jeune fille refuse absolument son consentement au mariage avec le séducteur, celui-ci •doit payer une forte amende.

C’est bien! répondez-vous. Moïse n’a pas expressément favorisé la polygamie. Mais s’il ne l’a pas favorisée, il ne l’a pas interdite non plus!

Vous vous trompez. Dieu condamne le vice, stigmatise le vice, interdit le vice à ceux mêmes qui pourraient y trouver excuse ou prétexte par leurs immenses richesses ou par cette sorte d’immunité que donne un rang exceptionnel. Dieu interdit la polygamie aux rois : « Le roi ne prendra point plusieurs femmes, afin que son cœur ne se corrompe point »

Remarquez le motif : afin que son cœur ne se corrompe point!

Telle est la défense. Vous savez ce qu’en ont fait les rois. Mais la défense demeure incrustée au livre de Dieu, et toutes les révoltes, et toutes les désobéissances, et toutes les négations ne l’en arracheront pas.

Reste le divorce.

Ici, vous avez une permission, et vous avez une interdiction.

La permission concerne le renvoi d’une femme coupable; soulignez ce trait. L’interdiction prohibe les secondes noces ; elle les prohibe absolument. To-

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