‹ L'ennemi du peupleChapitre 3 sur 5 · I. i;xm:mi du i'i;ri'i,i · texte numérisé non relu

I. i;xm:mi du i'i;ri'i,i

elle taisait, les lorclios tle la libertr sociale et de libre-pensée; à présent, elle se tourne en rellux contre ceux (jui la rappellent vers ses origines et demandent à son histoire d'avoir un sens. Elle rampe devant les incai'nations les plus inl'àines de laulorité. s abandonne au prêtre et au soldat, réalisant lapophtegnie de Kant « que celui gui s'esl fait rer doit s'attendre à être écrasé ». Les Droits de IHomme, doctrine de justice, et de raison, servis, par le suilrage universel, gouvernement de bon plaisir (^t de caprice, donnent le spectacle néfoste dune République sans foi républicaine, dune République militaire et cléricale, d'un Parlement où siègent les derniers des misérables ; faussaires, prévaricateurs et tenanciers des jeux, les mains souillées encore de la cervelle et du sang des suicidés.

Mais riiisloire du progrés humain nest autre chose que la révision des procès intentés aux Ennemis du peuple. Socrate, que les Héliastes se lassaient de nourrir au Prytanée, est devenu, par sa mort, l'éducateur de la jeunesse, à travers les siècles. La couronne de violettes dont Alcibiade enguirlandait ses tempes au banquet d'Agathon, brille d'une jeunesse indéfectible. Et j'ai appris du chantre de la Pharsale qu'il ne faut pas craindre d'intenter une action qui. pour un châtiment d'un jour,

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imparlil ù sou aiilour nue louange iiumortellc. Ouellos que soicul l'iucouiprclu'usiou de la lourhc. la scélératesse des gouvonieiuiMits. le Héros, seul. jui?e ses propres actes et détinil la loi.

Stock uiaun. honni de ses compatriotes se rélujçiera dans son orgueil, dans la paix consolante du devoir accompli.

Vainqueur des dieux, le Titan, du haut de son Caucase, annoncera leur fin. la lumière des honuncs victorieuse des Ténèbres sacrées et de Tanticiue Nuit. Et nous, à celte heure merveilleuse où la France étirant son suaire, leate, parles meilleurs de ses fils, un ellort vers la Justice, la raison et la vérité, nous poursuivons aussi une révision sublime, qui rendra leur piéileslal aux défenseurs de la miséricorde et de léquité. A Zola proscrit, à Picquart prisonnier pour la délense du bon droit, de la liberté de penser et de la révolution, notre mère, nous rendrons quehpu' jour les honneurs qui leur sontdi'is. Nous unirons dans une gloire pareille, l'écrivain sui)erbe ([ui depuis trente ans a porté si haut la gloii-e des lettres Irauraises et le soldat irréprochable (jui n<ms montre que, même sous lunilorme militaire, peut battre un co>ur d'honnête homme. Et leur triomphe sera le nôtre, à nous tous (]ui luttons, suivant l'exemple de Stockmanu contre

l'iufamie des « inajurités compactes », rèvaut, comme lui, de préparer à ceux qui viendront après nous des demeures salubres et de paisibles foyers.

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