‹ L'ennemi! l'ennemi! [microforme]Chapitre 4 sur 10 · LL 4 LL À LL 4 .. D · texte numérisé non relu

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Vous avez vu quelquefois, par une belle matinée du commencement de septembre, le fleuve Saint-Laurent, du haut de la terrace Durham. Le ciel alors était sans nuage; et la flotte marchande qui encombrait notre rade, se mirait coquettement dans le miroir du fleuve-géant. Le nombre des vaisseaux vous paraissait alors doublé par le mirage ; les maisons blanches de la ville de Lévis venaient se reproduire fidèlement dans ses caux transparentes.

Mais que la brise vienne! Adieu flotte pavoisée ! Adieu, palais champêtres ! Le sein du roi des fleuves s’agite : il se gonfle, il se ride; et le mirage disparait à vos regards étonnés.

Il en est de gème de la milice sédentaire. Sur le papier, son effectif est magnifique ! Son état-major est. brillant et nombreux! Mais que vienne l’heure où l’on en aura besoin ; on ne trouvera plus qu’une masse: indisciplinée et mal commandée, bonne toute au plus, à faire la guerre de guérüllas, et incapable de soutenir en rase campagne le choc d’une armée bien éprouvée.

Mais il iue semble que j’ai prouvé suflisamment la débilité de la milice sédentaire, p1ssons maintenant à la force active.

Eu Canada, l'organisation de la force active, n’est guère mieux que celle de sa sœur aînée, la milico sédentaire.

Il est inutile de constater les services importants, qu’en temps de guerre, la force active serait appelée à rendre. N’est-elle pas la première à voler sur la frontière, lorsque la patrie est en danger? et cependant la loi défend expressément que son contingent dépass : 5000 hommes,” les officiers et sous-officiers inclus. Que sont donc 5000 hommes, lorsque l’armée

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des envahisseurs en comptera des milliers et des milliers ? Il est vrai, que la clause vingt:troisième de la loi de milice, dit: “ 23°. Nonobstant que le nombre “ des compagnies militaires on corps, ou que le nombre d'hommes qui les composent, soit limité par “ Ja loi, le commandant en chef pourra accepter les services d’un plus grand nombre de volontaires, et « pourra les enrôler en compagnies ou corps, pourvu “ que la paie ou les rations ne soient pas accordies à un plus grand nombre de compagnies volontaires, corps où hommes, que celui limité par le dit acte, “ excepté dans le cas de service actif, en temps de guerre où d’insurrection. 2s.—EÆEt les compagnies volontaires et corps, qui recevront la paie seront appelés classe À, ct ceux qui ne recevront pas de 6 paie, classe B........ 19. 20. V. c. 44. s. 2.” Mais pense-t-on réellement, qu'un pauvre ouvrier, soit capable de donner trois heures par semaine, d’un temps si précieux, qu'il pourrait consacrer au bien-être de sa famille, pour aller faire l’exercice à l’Armoirie Provinciale? Heureux s'il appartient à la classe À, car la loi dans sa munificence lui accordera six dollars par année, pour toutes les peines et les fatigues qu’il s’est données ! Encore, La fourmi n’est pas prèteuse, C'est là son moindre défaut :

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et il ne peut toncher cette mince rénumération, sans que ses uniformes n'aient été payés par dix huit mois de service !

Quant au pauvre malheureux, que sa mauvaise étoile, à fait inscrire dans la classe B, il shabillera militairement depuis les pieds jusqu’à la tète, il passer: la plupart de ses soirées à écouter patiemment les leçons du sergent instructeur ; et pour cela, lorsqu'il aura fait les cinq ans voulns par la loi, chose extraordinairement rare chez le volontaire canadien, il ne recevra pas nième un merei de cenx qu'il aura fidèlement servi.

Voilà où la loi de milice, en est venn avec le système de volontaires tels qu’elle les exige.

En temps de guerre ou d’insurrection, 1l est vrai, les

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‘eux classes reçoivent la même paie ct les mémes rations ; mais je donne le défi à n'importe quel capitaine commandant de compagnies, dans la force active, de me prouver qu'il ne dépense pas au moins £30 à £35 par année, pour le soutien de son corps sur un pied respectable. Les officiers de milice en Canada, ne sont pas tous des Crésus, comme leurs confrères des Guards en Angleterre, et £30 à £35, tirés de la bourse d’un pauvre diable, qui est obligé en sus de donner son temps gratis à l’instruction de ses hommes, et de mettre de côté cent dollars pour son uniforme, sont beaucoup.

Après s'être donné toutes les peines du monde, pour réussir à faire quelque chose de sa compagnie, le capitaine est mille fois heureux, sil parvient à obtenir un bon rapport de l'officier inspecteur lorsque celui-<i fera sa ronde annuelle. Gare à lui! si par hasard il prenait à ses hommes, la fantaisie de ne pas aller à linspection, car il sera censuré impitoyablement |

Ce tableau vous parait exagéré ; cependant, il n’en est pas moins fidèle.

Une branche de service qui a été singulièrement négligée depuis l'établissement de la force active en Canada, c'est le Génie. Je ne sais si l’on a reculé devant l'instruction, habileté et la patience qu’exige cette arme spéciale ; mais dans toute la force active il n'existe que quatre ou cinq compagnies d'ingénieurs ; encore n'ont-elles été formées que dernièrement.

Cependant si l’on suit la loi de milice à la lettre, la vingt-nenvième clause s'exprime ainsi :

“29°, Dans chaque district militaire, il. pourra ‘ tre formée une compagnie volontaire de Génie: ” .......... Mais elle a soin d’ajonter plus bas, le proviso qui donne un furntente si doux à notre milice sédentaire :...,.... ‘ces compagnies ne scront pas

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