LE CATHOLICISME EN FRANCE ET LA FRANC- MAÇONNERIE FRANÇAISE
Le fond de l'histoire de France, depuis cent cinquante ans, est, nous l'avons déjà déclaré, que la Franc-Maçonnerie française veut y détruire le catholicisme.
Pour atteindre ce but, les séides de Satan ont fondé l'Église du Mal en lui donnant une organisation d'une force et dune étendue considérables, une langue particulière, admirablement piopreà tromper les simples, et des moyens extrêmement variés et puissants.
(i) II nous semble superHu de montrer comment la secte a réalisé en hrance ses plans de campagne contre l'Enseignement religieux. Les faits sont trop récents et trop connus pour qu'il soit nécessaire d'insister. La formule célèbre « l'Enseignement public en France sera laïque, gratuit et obligatoire » est sortie des ateliers francsmaçonniques. Les loges travaillent sans relâche à la diffusion de l'instruction sans Dieu. La ligue maçonnique de l'enseignement fondée par le F.-. Jean Macé a prouvé surabondamment par ses efforts l'intérêt que la Franc-Maçonnerie attachait à l'exécution de ses desseins sur l'enfance.
A Lille, la loge la Fidélité, dont le vénérable est un inspecteur de l'enseignement primaire, est peuplée d'instituteurs. C'est dans cette loge que, le 8 décembre i883, un certain F.". Giacomoni a porté un toast chaleureux aux « filles » de ce la Fidélité » : la Société du Sou des écoles, l'Association philotechnique et la Société Diderot.
Dans le même ordre d'idées voici une édifiante déclaration faite le lo février en séance plénière du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France par les F.* F •. Prost et Francolin :
« \^ous savez combien d'institutions de filles sont encore inféodées aux Eglises et comment l'habit laïque n'est pas toujours une garantie contre l'esprit clérical, .\ussi devor.s-nous appeler votre attention
Ils en ont fait la déclaration officielle :
/, « Nous assistons à la disparition de l'ancien culte qui s écroule dans le néant et dans la pourriture de ses vieux dogmes. »
« Où sera le salut ? »
« Du côté du catholicisme ? Il représente le passé, avec ses étroitesses, avec ses despotismes. »
« Du côté du protestantisme? Il représente ses étroitesses et des intolérances révoltantes. »
« Du côté du judaïsme ? Il n'est qu'un souvenir historique. »
« Que reste-t-il donc debout ? »
« La Franc-Maçonnerie française (i). »
/^ « La Cour de Rome n'a aujourd'hui qu'un seul objectif ; combattre la Franc-Maçonnerie. »
sur l'importante proportion d'un tiers au moins des Institutrices libres qui n'ont pas craint de recevoir le patronage de la Franc- Maçonnerie, l'adversaire déclaré de la réaction cléricale. » (Journal officiel de la Fédération du Grand Orient de France. Année 1845, no 12, page Syo.)
Et pour apprécier à sa juste valeur ce que les Francs-Maçons français pensent de ces institutrices libres et des filles élevées par elles sous le patronage de la Franc-Maçonnerie, voici trois opinions absolument contradictoires de trois maçons absolument hors de pair... maçonnique :
D'abord le F.'. Emmanuel Arago, sénateur et ambassadeur de France en Suisse, a déclaré le 3o octobre 1876 :
« Quelques-uns ont dit avec justesse : Faisons de la femme notre égale; moi je dis : Faisons de la femme un être supérieur à nous. » (Journal de la Maçonnerie Universelle, 1876, page 472.) . Mais le b".-. Emile Chevé, 33" Gr. Or. de la G. L. G. de France est intervenu et a déclaré le 21 juin 1886 que :
ce L'infériorité intellectuelle pèse sur le sexe féminin comme une fatalité naturelle. » (Mém., n» gi, page 17, 1 32 et 33.)
Pour les mettre d'accord, le F.'. Goudchoux, 33" Gr. Trésorier du Sup. Lons. de France, a joué le rôle du troisième larron et a déclaré le 25 juin 1887 que :
« La femme est la première et la plus digne éducatrice que nous puissions choisir pour nos enfants. » (Mém. n° g5, page 53, 1. i6 et 17.)
(1) Le F.'. Dide, sénateur, le 19 sept. 1887, dans le Journal off. de la Mac. franc., année 1887, page 690.
« Le catholicisme comprend que dans un avenir peu éloigné l'institution maçonnique remplacera l'Eglise. »
« Il faut se préparer à ce grand rôle et accepter le combat. »
« Et puisque le cléricalisme ne voit dans la révolution que la décadence, puisque le prêtre bafoue toutes les idées de progrès et de liberté qui nous sont chères, c'est à nous de les défendre et de les propager par tous les moyens (i). »
Il est intéressant de savoir ce que les Francs-Maçons entendent par la « propagation » des idées de liberté franc-maçonnique :
^\ « Pas une œuvre ne doit échapper à la direction maçonnique; il faut que nous ayons voix à tous les conseils, que le Code maçonnique triomphe sur le catéchisme, que la solidarité maçonnique remplace la charité chrétienne, que le temple remplace l'Église et que la société civile remplace la société religieuse (2). »
C'est ainsi que la Franc-Maçonnerie française compte détruire le catholicisme en France, destruction qu'elle revendique hautement comme sa mission et son but.
Le F.'. Georges Martin, sénateur, a déclaré le 7 juin i885 dans la Loge « Osiris de Jérusalem » que :
^\ « La Franc-Maçonnerie est le contraire des religions, »
« Les religions professent le culte de l'ignorance dans un but de domination, et la Franc-Maçonnerie professe le culte de l'humanité dans un but d'émancipation égalitaire (3). :>
Le F.', de Lanessan, député, de son côté a exposé dans la Loge « L'Étoile de la Haute-Marne » de Chaumont, le 7 novembre i883, que :
(1) Le F.'. Victor Jeanvrot, conseiller à la Cour d'appel d'Angers, délégué de la Loge « Travail et Perfection » d'Angers au Congres mac. de Nantes, le 25 mai i885. Compte rendu off. du Congrès, page 22.
(2) Le F.'. Le Cherbonnier , délégué de la Loge « Les Cœurs Réunis » de Poitiers, le 27 mai i885, au Congrès maç. de Nantes. Compte rendu off. du Congrès, page 25.
(3) Bulletin de la Grande Loge Symbol., i885, pages i et 4.
*^ « Le rôle de la Franc-Maçonnerie est de travailler à faire disparaître les croyances et les superstitions, pour supprimer ainsi la puissance du prêtre (i). »
Elle se croit tellement certaine du triomphe qu'elle s'écrie :
/^ « Hommes des générations passées, martyrs du progrès et de la liberté, dormez en paix dans vos tombeaux, car ce n'est pas en vain qu'a coulé votre généreux sang ! »
« Vos disciples et vos fils réunis pour continuer votre œuvre vous Jurent que la France ne sera pas la fille soumise et dévouée de l'Église (2) ! »
Il en est résulté qu'une terreur franc-maçonnique qu'on appelle « discipline nécessaire » règne dans toutes les branches de l'administration publique française, privées de leur indépendance par la délation, érigée en système, qui poursuit impitoyablement tout employé soupçonné de catholicisme.
Le président du « Syndicat des Francs-Maçons membres du Parlement » l'affirme formellement :
,*, « C'est aujourd'hui plus que jamais le cas de remettre en vigueur la solidarité des Francs-Maçons occupant des fonctions publiques, car il faut résolument entrer en bataille contre cet insolent ennemi, le cléricalisme, qui vient de nous jeter sa menace à travers toutes les dépravations et toutes les corruptions. »
« Je demande conséquemment que nous nous réunissions tous et que nous engagions la lutte commune contre l'esprit de cléricalisme, cojitre le Vatican. »
« Voilà l'ennemi, // ny en a pas d'autre (3). »
Et un des Frères les plus influents de ce Rite Ecossais dont le sous-chef est ambassadeur de France en Suisse, est plus explicite encore :
*^ « Nous ne pouvons pas admettre vraiment que les graves docteurs du libéralisme nous prêchent la mesure,
(1) Monde mac , i883, page 392.
(2) Le F.' Leduc, orateur du Congrès maç. de Nantes, le 27 mai i885, Compte rendu off du Congrès, page 36, lignes 28 et 32.
(3) Le F.-. Colfavru, député, le 3i octobre i885, dans le Journal ofl, de la maç. franc, année i885, pages 739 et 741.
la modération, l'opporl unité dans nos revendications contre la s^ecte papale, avide de notre or dont elle se sert pour nous combattre, pour nous atteindre dans nos intérêts privés et pour nous frapper dans nos familles. »
« Guerre pour guerre ! »
« Coup pour coup ! »
« Vive le cléricalisme ou Vive la République! »
« Ceci tuera cela (i). »
Dans cet;e « lutte » engagée contre l'Église, la guerre est à mort :
/^ « La lutte engagée entre le catholicisme et la Franc- Maçonnerie est une luite à mort, sans trêve ni merci. »
(( Il faut que, partout où apparaît l'homme noir, apparaisse le Franc- Maçon. »
ft II faut que parlout où l'un élève la croix en signe de domination, l'autre élève le drapeau de la Franc-Maçonnerie en signe de liberté. »
« Les deux camps sont nettement limités. »
« Le camp de Dieu et le camp de Satan, a dit le Pape Léon XIII. .)
« L'hésitaiipn n'est plus possible. »
« Contre l'Église ou contre nous (2) ! »
Et, comme poussés par une force irrésistible pour donner des preuves irrécusables de la justesse absolue des admirables paroles du Souverain Pontife, les Francs- Maçons accumulent dans leur camp de Satan leur munitions de guerre, entassant calomnies sur calomnies, infamies sur infamies :
(( Le cléricalisme est l'ennemi du monde moderne, c'est lui qu'il faut terrasser et anéantir, lui dont l'armée régulière se compose, en France, de plus de 5oo,ooo enfroqués, mâles et femelles, un bon nombre entretenus par l'Etat, et qui, vivant de la sottise humaine, occupent leurs loisirs à abrutir, à force de pratiques supersti-
(1) [.eF.-. G. Desmons, médecin-major et membre du Suprême Conseil, le 27 décemb. 1884. Mémor. du Rite Ecossais ancien accepté, organe off. du Rite en France. N. 85, pages 36 et 37.
(2) Le même, le 20 décembre 1884. Memor. du" Rite Ecoss. anc. Ace. Org. ojff. du Rite en France N. 85, page 48.
tieuses et de légendes malsaines, nos femmes et nos enfants (i). »
/^ « Après plus d'un demi siècle, le parti clérical relève la tête. Il espère ressaisir le pouvoir en flattant la démocratie et en criant : « Vive la Liberté ! »
« Mais, s'il tend au peuple une de ses mains pleine de réformes et de liberté, l'autre, cachée derrière sa soutane, étreint le couteau dont il veut l'égorger (2). »
/, « Si le crucifié du Golgotha revenait sur terre, il se ferait recevoir Franc-Maçon et renierait les prêtres catholiques (3). »
*^ « Les fondateurs de religions. Moïse, Mahomet et autres, pour faire gober leur Dieu à l'Humanité, ont fait de celui-ci un prestidigitateur. »
« Le Catholicisme ne lui a pas même fait tant d'honneur. »
« Il s'est contenté de faire de son Dieu un pître vulgaire (4).^ »
Le Frère Floquet, ancien président du Conseil et président de la Chambre des Députés, etc., a prononcé le 8 juin 1884, à l'occasion de la fête de l'Orphelinat Général Maçonnique donnée au Palais du Trocadéro, le discours suivant :
*^ « Lorsque vous sortirez de cette enceinte, vous pourrez dire que vous n'avez pas entendu ici des paroles de haine, que vous n'avez pas entendu tomber de nos lèvres les vieilles formules caduques et bizarres des excommunications religieuses. » (Bravos.)
« Vous pourrez dire que vous ne nous avez entendu
(1) Le F.'. Salva, oracle de la Maçonnerie de Rouen, en août 1886, dans le Bulletin de la Grande Loge Symbol. Ecossaise. Vol. VII, page, 162.
(2) Le F.". Brunellière, conseiller municipal de Nantes, le 3o janv. 1888, dans le Journ. de la Mac. Univ., année 1888, page 353.
(3) Le F.'. Dide, sénateur, en juin i885, à la Fête départementale des Loges de Seine-et-Oise Monde mac. Vol XXN'Il, page 147.
(4) Le F.'. Clément, rédacteur du Bulletin de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, en octobie 1884. Bulletin de la Grande Loge Symbolique, vol. V, page 216.
parler et que vous ne nous entendrez jamais parler de ce qui divise les imaginations et les esprits, mais seulement de ce qui unit les consciences et les cœurs. C'est que, mes chers amis, mes chers concitoyens, c'est que nous ne proclamons pas, comme on ne cesse de le faire ailleurs, que depuis l'origine des choses, l'humanité est divisée en deux camps ennemis, comme on le répétait naguère dans une encyclique célèbre (Bruyants applaudissements) , que l'humanité est divisée en deux camps ennemis, en deux royaumes : l'un, le royaume de Dieu, pour ne pas dire le royaume de toutes les superstitions profitables; l'autre, le royaume de Satan, dans lequel grouillent toutes les associations misérables et crimmelles parmi lesquelles on signale au premier rang et on stigmatise l'Association des francs maçons. » (Bravos.)
« Au surplus, passons et laissons dédaigneusement les calomniateurs de tout rang aux tristes élucubrations dans lesquelles ils cherchent à déverser leur rage impuissante. Ils continuent leur besogne répugnante. »
« Naguère, au lendemain des désastres de la patrie, ils n'ont pas rougi de porter un dernier coup à cette France abattue, et comme les surprises du hasard, les erreurs du suffrage universel avaient porté cette écume à la surface, ils ont déclaré que la France devait faire pénitence ! Profitant des malheurs sous lesquels elle était inclinée, ils n'ont pas craint d'ajouter une humiliation de plus à l'humiliation de la patrie : ils ont crié au monde que la France était une grande coupable et qu'elle devait faire pénitence, pour avoir doté le monde des principes de la Révolution française, o (Applaudissements.)
« Pendant ce temps, nous, mes chers amis, mes chers frères, nous ne cessions de parler à nos enfants de la grandeur de la patrie, toujours honorée, sainte et pure, même au milieu des humiliations. Nous aurions considéré comme un crime de la faire déchoir devant ces jeunes intelligences, nous leur enseignions qu'il fallait l'adorer comme une mère, jeter comme un voile pieux sur ses erreurs, si elle en avait commis, et travailler uni-
quement de tous nos efforts à la résurrection de l'illustre malade dans si puissance des temps passés. » (Applaudissements répétés.)
« Dans ces jours de toute puissance néfaste, ils avaient aussi rêvé de fonder dans Paris, sur une des saintes montagnes de notre ville de la Révolution humaine, je ne sais quel monument superbe, dans les obscurités duquel ils tâcheraient d'amener comme des pénitents tous les citoyens de la France moderne, et ils avaient proclamé qu'un jour ils descendraient de cette montagne, qu'ils sortiraient de ce monument, qu'ils se répandraient en longues files victorieuses dans les rues de la ville nationale et qu'ils mèneraient à notre face les funérailles civiles de la Révolution de 1789. »
« Eh bien, leur Église, elle s'élève lentement et menace d'avoir le soit d'une autre tour de Babel et de rester inachevée au milieu de la confusion d'une langue qui est désormais ignorée des générations humaines! »
« Tandis que nous, francs-maçons, nous sommes ici dans un palais qui a été élevé en quelques jours par la toute puissance du travail moderne, où tiennent leurs assises l'industrie vivante, le commerce qui doit prospérer, les arts qui rayonnent dans notre France, où nous pouvons librement parler de la Liberté, de l'Égalité, de la Fraternité, pour le triomphe desquelles a été faite la Révolution de 178g. Et dans cinq années, presque jour pour jour, au 4 mai, nous célébrerons ici, tandis qu'ils pleureront dans leur crypte my^térieuse et derrière leurs dogmes désertés, et au lieu d'assister aux sombres funérailles de la Liberté et de la raison qu'ils nous avaient promises, nous célébrerons ici le Jubilé de i789,lecentenaire de la Révolution. » ( Tonnerre d'applaudissements.)
« Oui, au lieu de ces sombres funérailles menées au lugubre bruit des litanies de deuil par de tristes pénitents, nous célébrerons la grande Fête de la vie, de la lumière, nous célébrerons la grande Fête de la Révolution française, entourés de ses jeunes enfants, qui auront déjà grandi, qui seront entrés parmi les jeunes ouvriers serviteurs de l'industrie française; entourés des générations
qui s'élèvent, nous célébrerons cette Fête, appuyés sur toutes les forces vives de la République triomphante, de la France reconquise par elle-même sur tous ses ennemis (i). » (Applaudissements prolongés.)
Et après ce Frère, président de la Chambre des Députés, un Frère, ambassadeur, le F.'. Emmanuel Arago, sénateur et ambassadeur de France en Suisse, a déclaré le 3o octobre 1876 :
/, « Quant aux momeries de l'Église, celui qui y croit et les pratique est un sot, et celui qui les pratique et n'y croit pas est un malhonnête homme (2). »
Dans cette « lutte commune n engagée par les Francs- Maçons contre la religion catholique, tous les moyens sont employés pour achever de ruiner dans l'âme du peuple ce qui lui reste de foi catholique et la remplacer par la haine du catholicisme.
.% « Le XIX® siècle verra-t-il s'effondrer sous le poids écrasant de la raison déchaînée cet échafaudage de mensonges, de principes grossiers et de théories scandaleuses qu'on appelle l'Église catholique ? »
« Espérons-le, mes très chers Frères, car nous ne craignons plus ni l'excommunication, ni la torture, ni les bûchers et nous pouvons regarder notre ennemi dans les yeux. »
« La robe noire n'est plus pour nous un épouvantail et l'immunité sacrée, dont la loi française couvre encore naïvement le prêtre, ne nous empêchera plus de lever le voile et de mettre à nu tout ce qu'il y a de honteux chez ces hommes-là. »
ti Prêtres menteurs, moines hypocrites, vous avez pu pendant des siècles suspendre la publication solennelle de la vérité ; mais sachez bien qu'il n'est plus maintenant en votre pouvoir de la dissimuler sous votre misérable lambeau de drap noir (3). »
(1) Compte rendu officiel, pages 6, 7 et 8.
(2) Journal de la Mac. Univ. 1876, page 172.
(3) Le F.'. Chantegrain, directeur de l'école primaire supérieure de Maintenon, le 8 avril 1888, dans le Bull, de la Grande Loge Symbol. Écossaise, vol. IX, page 62.
/^ « Et quand nos instituteurs, dont le traitement est insuffisant, ont Juste de quoi ne pas mourir de faim, quand nos vieillards, les invalides du travail, tombent d'inanition à tout coin de rue, quand la misère fournit chaque jour de nouvelles recrues à la prostitution et au crime, «05 représentants continueront à jeter nott'e or dans ce gouffre sans fond qui s'appelle l'Église et à payer grassement les formidables hordes cléricales qui, bien mieux que celles des vulgaires justiciables de la Cour d'Assises, forment la véritable armée du mal ( I ) / »
* ^ « Le véritable ennemi de l'Ordre social et moral est l'énergumène qui arme contre les Francs-Maçons les disciples du doux fils de Marie (2). »
Et c'est pour débarrasser la société de ces « hordes cléricales que le service militaire personnel et obligatoire a été voté par le Parlement maçonnique qui gouverne la France, car le franc-maçon Dépilliers, dont nous nous sommes longuement occupé page loi, a écrit dans une de ses brochures de propagande anti-cléricale les lignes suivantes :
^^ « Un troisième moyen, appliqué par l'Etat, de terrasser le cléricalisme, c'est le service militaire imposé dorénavant à tous les postulants du sacerdoce, aussi strictement qu'aux autres citoyens. »
« Trois ans passés dans les camps pour apprendre à servir la patrie au point de sacrifier son sang pour elle : oh ! quelle école ils feront là ! Quelle épreuve ils subiront et qui les rendra, s'ils sont en etîet voués par une inclination irrésistible au sanctuaire, incomparablement plus dignes de leurs fonctions, et bien autrement vénérés du public, qui ne les suspectera plus d'être entrés dans la carrière ecclésiastique uniquement par lâcheté, par manque de patriotisme ! »
(1) Le F." . Salva, Franc-Maçon dirigeant de Rouen, en avril 1888, dans le Bulletin de la Grande Loge Symbol. Écossaise, vol. IX, page 140.
(2) Le F.'. Fehx CoMfn'ss, publiciste, le 3o juin 1884. Journal de la Mac. Univ., 1884, page 275, lignes 9 et 10.
« Et, de plus, ils auront là maintes occasions d'essayer leurs forces contre les assauts que la chair doit leur livrer, non seulement dans leur jeunesse et leur virilité, mais jusqu'à la fin de leur existence. Ils ouvriront les yeux sur les dangers qui les attendent. Or, s'ils n'ont pu, dans un intervalle assez court de trois ans, maîtriser la nature et ses lois impérieuses, force alors leur sera de laisser à d'autres, plus vaillants qu'eux, le soin d'affronter ce combat perpétuel dans lequel ils n'eussent recueilli que de honteuses et décourageantes défaites. Voyant que le Pape et l'épiscopat voulaient les engager, sans connaissance de cause, irrévocablement, dans une lutte afïreuse, au-dessus de leur force, ils sauront que les chefs de l'Église ultramontaine avaient le dessein de les surprendre et de les tromper, que, partant, elle n'est pas en réalité la véritable Église, épouse et représentante du Christ qui n'aima jamais que la vérité produisant la liberté. Ceux qui résisteront à toutes les occasions de chute auront acquis l'espoir fondé d'être en état de résister toujours ; ils pourront donc s'engager dans le sacerdoce avec plus de confiance. »
« On objectera ceci : mais tous succomberont et le sanctuaire alors ne pourra plus se recruter. Est-ce bien cela que l'on veut ? »
« Ah ! ah ! je prends sur le fait les cléricaux et je leur dis : >;
« Vous avouez donc que vos jeunes échappés du petit séminaire, à vingt ans, ne pourront se tenir debout jusqu'à vingt-trois ans au milieu du monde, et vous prétendez que vos échappés du grand séminaire, à vingtquatre ans, vont se tenir fermes durant dix, vingt, trente et cinquante années même? Allons donc! »
« D'ailleurs, si vous ne pouvez plus recruter le clergé dans de pareilles conditions d'hypocrisie et d'immoralité, vous le recruterez plus honorablement. Il arrivera que l'heureuse pénurie de vocations forcera le Pape à proclamer l'abolition de l'ignoble célibat du clergé haut et bas, La moralité, la religion, la patrie, y trouveront leur profit, sinon la papauté, qui seule y perdra. «
Ces écœurantes infamies n'ont pas dû porter, même chez les Francs-Maçons, car leur tactique a été profondément modifiée, et ils ont remplacé l'insulte par la calomnie.
/^ (c N'oublions jamais, mes Frères, qu'il existe une caste qui a horreur du progrès, qui voit avec peine l'humanité aspirer à une destinée tout autre que celle qu'elle lui promet depuis trop longtemps, sans avoir jamais pu ni la prouver ni la définir ; car toute leur prétendue science n'a jamais été que le domaine de charlatans qui s'en servent aujourd'hui, comme ils s'en sont servis de tout temps, pour exploiter la crédulité ignorante des peuples, afin d'en faire des esclaves, dévoués et soumis à leur volonté et leurs caprices (i).»
Voici, pour faire pendant à cette « prétendue science » de l'Eglise, la science réelle de la Franc-Maçonnerie :
Le F.'. Jules Ferry, député, a déclaré le 5 août 1875 dans la Loge « Clémente amitié » de Paris que :
*^ « Si le Positivisme a fait son entrée dans la Franc- Maçonnerie, c'est que la Franc-Maçonnerie était depuis longtemps positiviste sans le savoir (2). »
Et les « définitions probantes » de ses grands esprits :
Le F.'. Littré, académicien, a fait dans la Loge « Clémente amitié » de Paris, le 8 juillet 1875, la déclaration que voici :
*^ « J'ai à exposer quels sont les devoirs de l'homme envers Dieu. Ceux qui me connaissent savent d'avance ce que je vais dire et n'attendent ni une affirmation, ni une négation (3). »
L'immunité dont « la loi française couvre encore naïvement les prêtres » catholiques, pèse bien lourdement aux Francs-Maçons.
Aussi cherchent-ils par tous les moyens à « écraser les
(1) Le F.*. Delaynare, Orateur de la Loge « La Persévérance couronnée » de Rouen, le 28 juillet 1886, dans le Journal de la Mac. Univ. année 1886, page 49G.
(2) Monde maç. 1875, page 240
(3) Le Monde maç. iSyS, p. 100.
infâmes », soit légalement, soit, si besoin en est, par les violences les plus criminelles.
/^ « Nous devons éliminer de la société française l'influence religieuse sous quelle forme qu'elle se présente, car tout acte de foi en des croyances indémontrées et indémontrables est un acte d'abdication; la Franc- Maçonnerie peut arriver à ce résultat par l'instruction vis-à-vis des mineurs et la propagande vis-à-vis des majeurs (i). »
Le F.'. Gambetta a déclaré le 8 juillet iSyS dans la Loge « Clémente amitié », de Paris que :
*^ (1 C'est dans le sein de la Franc-Maçonnerie que nous trouvons des consolations et des encouragements pour lutter contre les outrages grossiers faits à nos lois, sans cesse violées par les ridicules exagérations et les prétentions sans bornes de l'Église (2). »
Le F.'. Charles Brun, sénateur, s'est écrié dans la Loge « la Démocratie » de Nice, le 10 juin i883, que :
.*, « Quand la force morale aura étouffé les haines qui nous menacent, alors, et alors seulement, très chers Frères, il nous sera permis de déposer nos étendards au temple de la paix (3). »
Le F.". Proal, ingénieur et Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, clamait le i3 septembre 1884, au sujet du triomphe du parti catholique en Belgique :
/^ « Voyez, vers le Nord, cette tache noire qui n'est, Dieu merci, que passagère. »
« C'est l'encrier du Vatican qui s'est répandu là. »
« Eh bien, espérons que notre République n'aura pas cette mauvaise fortune, car, réunis comme nous le sommes, nous avons asse^ de moyens et assez de science pour nous préserver de cette tache qui afflige momentanément nos voisins (4). »
(1) Le F.'. Faiire ; député, le 3i octobre i885, dsins ]e Journal off. de la Mac. franc., année i885, page 707.
(2) Monde mac. 1873, page 100.
f3) Journal de la Mac. Univ., i883, page 336. (4) Journal off. delà Mac. franc., septembre 1884, pages 791 et
Voici quelques-uns de ces moyens :
Le F . • . Blatin , député, a prononcé le 8 septembre 1 884, avant l'élection comme président du Grand Convent du Grand Orient de France en 1884 du F.'. Constans, député et ministre, les paroles suivantes :
^\ « L'élection de ce Frère qui a pris l'initiative de la lutte anti-cléricale dans notre pays et de l'application des décrets, sera une bonne réponse à l'Encyclique papale. »
Et le F/. Ernest Constans fui élu président par 206 voix sur 240 votants (i). »
Le F.'. Galopin a déclaré dans la Loge « L'Indépendance » en mai i883 que :
,\ (( Il est de toute nécessité que la femme cesse ses visites à l'église et ne subisse plus longtemps Tinfluence du prêtre dont les etîurts con^tdnts ne rendent qu'à fausser son nitelligence pour la plus grande prospérité de la caisse (2). »
/^(i Ceux qui veulent la liberté de tester, sont les partisans des ennemis des idées modernes, du clergé. »
« Si elle était adoptée, nous verrions sans cesse des familles dépouillées au profit des œuvres cléricales (3). «
Mais bientôt ces moyens d'écraser les ennemis de Satan ont semblé trop lents aux ennemis de Dieu, et leur campagne franchement active « d'écrasement de l'infâme » a été décidée.
Les grands chefs ont tout d'abord recommandé la prudence à leurs troupes.
C'est ainsi que le F.". Poulie, président de la Cour d'appel de Poitiers, vice-président du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France, s'est écrié à Calais, dans la Loge « Le Réveil du Calaisis », le 2 octobre 1887 :
/^ « La Franc-Maçonnerie poursuit d'une façon continue sa lutte contre l'Internationale noire. »
(1) Journal off. de la Maç.franç., septembre 1884, page 576.
(2) Bulletin de la Grande Loge Symbol., ;883, page 79
(3) Le F.-. Proal, ingénieur et Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais en France, le 17 mai i885, en tenue plénière des Loges Ecossaises de Paris. Mémorandum du Rite Ecossais Ancien Accepté, Or g. off. du Rite en France, n.° 88, page 27.
« Dans l'Orient de Calais, la lutte doit être plus active qu'en tout autre lieu. »
« Le devoir de la Loge u Le Réveil du Calaisis » est ainsi tout tracé, et ses membres doivent éviter toute parole imprudente pouvant nuire à l'Atelier (i). »
Ces conseils donnés, ils ont prescrit l'attaque :
/, « La Franc-Maçonnerie aura à combattre tant que le dernier soldat du cléricalisme n'aura pas désarmé.
« Elle a à faire savoir à tous que nous, Francs- Maçons, nous sommes très résolus :
» A démasquer toutes les fourberies et à repousser toutes les agressions de nos adversaires ;
» Et ne pas permettre que l'autorité publique se fasse l'auxiliaire de ce parti du passé que certains agents de r Administration encouragent avec une impimité à laquelle nous avons le devoir de mettre un terme (2). »
Et ils expliquent ainsi comment ils entendent l'effectuer :
,*, " Q"^ ^ empêché le développement des vertus, en faculté d'exécution chez l'homme, et donné, au contraire, tout essor à ses passions ? »
« Le cléricalisme, c'est-à-dire, l'exploitation de la conscience humaine. »
« Que faut-il faire pour favoriser le développement des vertus et enrayer les vices ? »
« Combattre énergiquement et sans trêve le cléricalisme. »
« Si j'avais à démontrer ces points à une assemblée profane, j'entrerais dans quelques détails. »
« Mais en présence de vous, mes Frères, je crois inutile d'insister, convaincu que vous avez déjà saisi, et même dépassé ma pensée (3). »
(i) Revue des Travaux de la Mac. de la région du Nord, 1 1« année, page 723.
(2) Le F.'. Colfavru, député, le 2g novembre i88^, dans la Loge <• Les Amis Philanthropes et Discrets réunis » de Versailles. Journal de la Mac. Univ., 1884, pages 468 et 45g.
(3) Le F.". Lafay, !«'" surveillant de la Loge « Les Zélés Philan-
Mais les soldats de la Franc-Maçonnerie ont eu, sans doute, besoin d'encouragement, car nous voyons leurs chefs leur promettre le carnage et le pillage :
^*^ « Je ne prétends pas appelée' la persécution contre les prêtres, mais je veux qu'on leur ôte toute influence sur la morale, qui ne peut que s'altérer dans des canaux aussi impurs et dans des mélanges à des dogmes aussi absurdes que ceux qu'ils enseignent. »
« Je ne demande pas quon déporte les prêtres, mais je veux qu'on arrache aux mains de ces imposteurs l'espérance de la patrie et qu'ils ne flétrissent plus de leur souffle les premières fleurs de la raison de nos enfants, sous prétexte de les préparer et de les instruire (i). »
^*^ « Si la Réforme a commencé l'œuvre de régénération de l'humanité par la suppression du servage intellectuel, — si la Révolution a continué cette œuvre par V affrujichissement politique, — il faut que la Franc- Maçonnerie la complète par l affranchissement social et que, comme l'a si éloquemment demandé le F.*. Blatin, député et orateur du Grand Convent du Grand Orient de France en i883, il faut que dans ces édifices élevés de toutes parts depuis des siècles aux superstitions religieuses et aux suprématies sacerdotales, la Franc- Maçonnerie soit appelée à prêcher ses doctrines, et que ce soient les maillets, les batteries et les acclamations maçonniques qui fassent retentir les larges voûtes et les vastes piliers au lieu des psalmodies cléricales qui y résonnent encore (2). »
Le pouvoir suprême de la Franc-Maçonnerie a donné ordre à ses adeptes marquants d'essayer de justifier cette
thropes » de Paris, le 23 avril 1886. Brochure publiée aux frais de la Loge, page i5.
(1) Le P.'. Ferdinand Renaud, I^r surveillant de la Loge « La Rose Ecossaise », en avril 1884. Mémorandum du Rite Ecossais ancien Accepté, Org. qff. du Rite en France, n° 82, page 24.
(2) Le F.'. Masson, délégué de la Loge « Les Amis de l'Indépendance », le 25 février 1884, Bulletin de la Grande Loge Symbolique, vol. V, page 63.
campagne et d'atténuer l'infamie de ces provocations et de ces instigations, et le F.'. Le Royer, président du Sénat, a déclaré aux Loges réunies de Lyon, le 2 août 1868, que :
/^ « La foi a vécu, et elle disparaîtra à Jamais, parce qu'elle est le dogme de la déchéance humaine. »
« Notre devoir et notre intérêt nous imposent l'obligation de combattre les superstitions comme les servitudes, pour arriver au port avec la raison pour guide(i).))
Mais ces psalmodies ont exaspéré les véritables maçons d'attaque et ont provoqué l'explosion de la vérité tout entière au sujet de la lutte contre le catholicisme entreprise par la Franc-Maçonnerie française.
Le F.". Fleury, inspecteur pénitentiaire, membre du Conseil de l'Ordre, Vénérable de la Loge « Les Philanthropes réunis » de Paris, a déclaré que :
/^ (( Il faut briser Eglise et religions. Pourquoi les tolérer plus longtemps? Quels services ont-elles rendu à l'Humanité? »
« Homme, ne reconnais point la puissance des religions; ne t'incline point devant la souveraineté de l'Eglise. »
« Non, ne soutenons plus les prêtres, ne pratiquons plus la religion et Dieu, prêtres et religions disparaîtront bientôt, une fois les souteneurs des religions privés du budget et réduits à leurs propres forces et à leur propre bourse. »
« Arrière, crucifié, qui depuis dix-huit siècles, et grâce à la connivence du pouvoir tiens le monde courbé sous ton joug ! Ton règne est fini, laisse la place à l'avenir dont la science est le lumineux flambeau. »
« Arrière, prêtres hvpocrites et menteurs, arrière donc prêtres égoistes et sans entrailles, vous avez été traîtres à votre mission toute d'humanité ! »
« Plus de Dieu et plus d'églises ! Il n'y aura plus ni prêtres ni rois, plus de dirigeants, plus de charges inutiles! »
(1) Monde maç., 1868, page 2i3.
« Et il y aura enfin u?ie répartition égale des richesses sociales (i). »
^*^ « La République doit cesser de subventionner la mise en scène des opéras bouffes du culte catholique, le commerce des pains à cacheter de l eucharistie n'intéressant pas la prospérité publique. »
« L'État n'a pas à encourager les marchands de patenôtres, d'eau bénite, de scapulaires et d'autres articles du bazar de la mythologie, car, en commanditant ces escrocs de la crédulité publique, la démocratie se déshonore et se suicide (2). »
*^ « Contre le pouvoir de l'Église, la France n'est pas moins en état de légitime défense que contre tout autre empire en guerre déclarée, car, collée aux flancs de la société moderne, l'Église l'épuisé, l'anémie, et tend à l'absorber dans un avenir rapproché, »
« C'est donc entre les deux la lutte pour l'existence qui existe, lutte implacable d'un côté, du côté de l'Église, timide de l'autre côté. »
« Eh bien, si la société veut se garantir, il faut qu'elle aussi soit implacable ! »
« D'abord, il faut dénoncer le Concordat,^ séparer complètement et sans compensation aucune l'Église de l'État, dissoudre toutes les congrégations, retirer la personnalité civile aux fabriques et opérer le retour pur et simple des biens de mainmorte à la Nation. »
« Ensuite, la société ayant adopté l'organisation collectiviste, dans laquelle il n'y a place ni pour l'oisif ni pour l'exploiteur, l'idée religieuse viendra se^noyer dans cette organisation, comme la propriété de l'Église viendra se dissoudre dans la propriété collective. »
« Alors seulement, la bête étant morte, le venin sera mort et la société sera émancipée de l'Église (3). »
(1) Raison et Religion, pages 170 et 171. Bruxelles, 1881.
(2) Le F.-. Schacre, architecte, député à la Grande Loge Symbolique Ecossaise, en juin i88q, dans le Bulletin de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, vol. X, page 98.
(3) Revue des Travaux de la Maçonnerie de la région du Nord, publiée par le chapitre « La Fidélité sub Rosa » de Lille, I* année, pages 211 et 21 3.
Et pour donner une apparence légale à cette haine contre l'Église catholique, la Franc-Maçonnerie française a fait le serment de n'épargner aucun effort pour faire voter par le Parlement le « Projet de loi pour la séparation de l'Église et de l'État », dont elle a confié la rédaction au F/. ^/^er^Pe^rof, avocat à la Cour d'appel, conseiller général et conseiller municipal de Paris, et dont voici le texte, adopté dès 1882 par le « Congrès National pour la séparation des Églises et de l'État ».
Exposé des motifs.
« La séparation des Églises et de l'État est une des questions les plus urgentes qu'ait à résoudre la République. Le sentiment général la réclame; il est nécessaire qu'au plus tôt la liberté de conscience soit intégralement assurée à tous. Les lois de la République doivent être simples, claires, concises. Celte clarté et cette concision sont les qualités qu'à notre sens doit présenter le projet relatif aux sectes religieuses.
» Le Droit commun, ainsi pourrait être résumée l'idée qui sert de base à notre projet. Rien de ce qui est interdit aux citoyens ne doit être permis aux membres des groupements religieux ; aucun des droits qui appartiennent à tous ne peut leur être enlevé sauf de rares dérogations d'absolue nécessité.
» Art. I . Toutes les croyances sont libres. Nul ne peut être poursuivi ou inquiété à raison de ses opinions.
» Art. 2. Les groupements religieux et ceux qui en font partie sont tenus d'observer expressément toutes les lois auxquelles sont soumis les autres citoyens et associations. Les étabHssements ecclésiastiques et les sociétés ayant un caractère religieux ne peuvent acquérir et posséder par eux-mêmes, ils ne peuvent être considérés comme personnalités civiles.
» Art. 3. L'État ne s'immisce en rien dans l'exercice des cultes. Il n'en subventionne aucun. 11 ne peut intervenir que pour l'exécution des lois ou pour protéger la liberté et la sécurité de ceux qui en font partie.
» Art.4.Les communes ontl'entière propriété des locaux ecclésiastiques, tels qu'églises, chapelles, presbytères, séminaires et de leurs dépendances. Elles les peuvent affecter à telle destination qui sera déterminée par le Conseil municipal ; elles peuvent les louer pour l'exercice d'un culte ou l'usage de ses ministres.
» Art. 5. Aucune subvention publique ne peut être attribuée à l'exercice des cultes ou à l'entretien de ses ministres par les corps ou agents administratifs. Il est interdit aux fonction nan^es publics, corps constitués et à la force armée de prendre part ni d'assister avec un caractère officiel à aucune cérémonie ou manifestation religieuse.
» Art. 6. Les vœux ecclésiastiques et monasiiques sont nuls et inexistants devant la loi.
» Art. 7. Les ministres des cultes ou membres de congrégations religieuses ne peuvent enseigner dans les écoles publiques. L'enseignement religieux est exclu de l'école et des programmes d'examen.
» Art. 8. Aucun local ni subvention ne peut être accordé par les communes, les départements ou l'Etat aux établissements d'instruction comprenant dans leur personnel des ministres d'un culte ou membres de congrégations.
» Art. g. Sont annulées sans indemnité toutes conditions imposées par legs, donations ou autres causes de confier la direction de certaines écoles à des instituteurs ecclésiastiques.
» Art. 10. Les séminaires sont des établissements libres soumis aux lois et règlements des établissements libres d'enseignement secondaire.
))Art. II. Les cimetières appartiennent exclusivement aux communes ; le maire en a seul la police ; les ministres des cultes ne peuvent que prêter leur concours religieux pour l'inhumation de ceux qui l'ont réclamé. Les pompes funèbres sont administrées par la commune et forment un service purement municipal.
» Art. 12. Sont maintenuesles dispositions de l'art. 909 du Code civil relatives aux dispositions testamentaires faites au profit des ministres des cultes et de l'art. 333 du Code pénal sur l'aggravation résultant pour la répression d'un crime de la qualité de ministre d'un culte.
» Art. i3. Toutes les dispositions des lois antérieures contraires à la présente loi, comme immisçant l'Etat dans la pratique des cultes ou des questions religieuses, ou constituant un privilège au profit d'institutions, d'établissements, de personnalités ecclésiastiques, sont et demeurent abrogées (i). »
La voilà donc, la Liberté de la société franc-maçonnique !
Pour éviter que « la démocratie se déshonore et se suicide », il faut que dans toute la France et par tous les moyens légaux et illégaux, il n'y ait nulle part de liberté pour ceux qui croient en Dieu.
Pas de liberté pour l'Eglise que la Franc-Maçonnerie met hors du droit commun.
Pas de liberté pour son culte, pour son pouvoir,, pour son enseignement, pour ses œuvres, pour sa charité.
Pas de liberté pour son clergé dont la Franc-Maçonnerie entrave le recrutement, qu'elle éloigne de toutes ses forces des écoles, des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance, qu'elle calomnie et qu'elle veut affamer !
Et pour que nul doute, nulle obscurité ne puisse exister sur ce sujet qui est le cœur même de la Franc- Maçonnerie, elle a permis à deux de ses esprits dirigeants de proclamer bien haut que :
« La Liberté, c'est l'Etat refusant de gouverner le dogme, et refusant d'être gouverné par lui ; c'est la séparation des églises et de l'Etat (2). »
« La Liberté, /rt tolérance ! Tout cela ne sera
qu'un vain mot tant que le dogme n'aura pas été chassé de l'esprit humain (3). »
Pas de dogme et pas d'Eglise catholique! L'anti- THÉiSME, voilà la LIBERTÉ franc-maçonnique!
(i) La République maç., n» du 7 mai 1882.
(2) Le F.-. J///es5î?«o», sénateur et Grand-Maître de l'Université, le 14 mai 1869, dans la Loge " Le Progrès» de Paris. Compte rendu off. de la Fête solsticiale, page 42.
(3) Le F.-. Albert Manger, 33® et Très Sage du Chapitre « Les Amis Bienfaisants et Imitateurs d'Osiris réunis » de Paris, en avril 1884. Le Monde maç., vol. XXV, page 11.
L'Action de la Franc-Maçonnerie en France.
Nous avons étudié l'introduction, le développement et l'exploitation en France delà Franc-Maçonnerie, et les documents officiels que nous avons accumulés dans les pages précédentes nous permettent de préciser d'une manière formelle l'Action véritable de la Franc-Maçonnerie en France.
La société secrète, politique et sociale qui possède aujourd'hui la souveraineté en France sous le nom de Franc-Maçonnerie française, déclare n'être que la réalisation sociale de sa triple devise :
Liberté, Égalité, Fraternité.
Comme tout est triple en Franc-Maçonnerie, les Francs-Maçons voient, dans chacun de ces trois mots d'ordre, un but sinon avouable, du moins avoué, un moyen et un but inavoué et inavouable.
Liberté.
Le but avoué est la négation de toute religion ; Le moyen — l'oppression de l'Église par les Francs- Maçons ;
Le bue inavoué — la haine de Dieu.
Égalité.
Le but avoué est la révolution radicale. Le moyen — le partage de la fortune publique et privée de la France entre Francs-Maçons ; Le but inavoué — l'anarchie.
— >49 — Fraternité.
Le but avoué est l'enseignement matérialiste ;
Le moyen — la haine contre tous ceux qui disputent la suprématie aux Francs-Maçons ;
Le but inavoué — la corruption sociale.
La France est donc entre les mains d'hommes qui veulent l'Anarchie, — la Corruption, — l'Anti-théïsme, et qui sont membres d'une société secrète qui ne reconnaît aucune suprématie.
Cette société secrète, cette association anti- sociale aux buts infâmes et criminels est toute puissante aujourd'hui en France.
, Pourquoi ? Plus d'une fois les conservateurs euxmêmes, parmi les militants, en ont fait reproche à leur propre parti : parce que trop de conservateurs dorment pendant que les Francs-Maçons agissent, — parce qu'ils manquent de virilité et d'énergie ;
— parce que, s'ils sont éveillés par quelque attentat par trop épouvantable contre l'ordre social, ils se contentent de gémir ;
— parce que, s'ils craignent, c'est pour leur propre intérêt et se rassurent bien vite si la rente ne baisse pas ;
— parce que, en un mot, les conservateurs tiennent plus à conserver leur fortune que leur religion.
Nous avons prouvé dans les pages qui précèdent que la Franc-Maçonnerie française est l'ennemie mortelle de la grandeur, de la puissance et de la richesse de la France.
Notre cri d'alarme, notre démonstration irréfutable, ne seront pourtant entendus que d'un bien petit nombre.
Mais ayant la main pleine de révélations les plus accablantes, les plus indiscutables, les plus alarmantes, nous l'avons ouverte sans souci du danger ni des conséquences.
Nous avons conscience d'avoir rempli notre devoir jusqu'au bout.
Action commune de la Franc-Maçonnerie française et de la Franc-Maçonnerie belge.
Les Francs-Maçons français ne veulent ni la revanche, ni l'Alsace, ni la Lorraine, ni l'intégrité de la France.
Ils ne veulent qu'une chose : l'Anarchie.
Voici la preuve éclatante de leur anti-patriotisme :
^*^ (( En portant la santé des maçons malheureux, nous adressons l'expression de notre sympathie et l'assurance que nous ne les oublions pas, aux Maçons d'Angleterre, admis à bégayer notre premier mot : Liberté, seulement après avoir salué dans le temple l'héritier de la Couronne; aux Maçons d'Allemagne qui, enivrés par le vin de la victoire qui a troublé leurs cerveaux novices, redisent dans leur ivresse temporaire le blasphème : La Force prime le Droit. »
« Nos souhaits vont à tous et notre main se tend vers tous (i). »
Oublier l'Alsace et la Lorraine, c'est mal. Mais les trahir, c'est crime de lèse-patrie. Et pourtant en voici la preuve : « La Franc-Maçonnerie ne doit pas, quelles que soient les circonstances et les événements, perdre de vue son caractère essentiellement international. Elle vise l'abolition des frontières, et ne saurait, sans inconséquence, prévoir de nouvelles luttes et préparer ses enfants pour de nouveaux combats (2). »
Et voici la preuve de leur anarchisme :
/^ « Nos ennemis nous accusent d'être des destructeurs et des révolutionnaires. »
(( Et ils ont raison. »
(1) Le F.'. Gonnard, médecin et Grand orateur du Suprême Conseil de France, le 27 décembre 1884.. Mémorandum du Rite Ecossais ancien accepté, org. uff. du Rite en France. N° 89, page 37.
(2) Le F.'. Manteaux, 33" et membre du Suprême Conseil de France, en tenue pléniére des Loges Ecossaises de Paris, le 16 décembre 1884. Mémorandum du Rite Ecossais ancien accepté, org. of. du Rite en France. N" 85, page 57.
« Tant qu'il y aura des gens qui se gorgent et d'autres qui meurent de faim, nous serons des destructeurs, nous serons des révolutionnaires. »
(( Tant qu'il y aura un sacerdoce qui amusera les nations avec des espérances fallacieuses pour leur faire supporter la tyrannie, des rois, des financiers et des exploiteurs, nous serons destructeurs, nous serons révolutionnaires. ))
« Tant que les Sociétés seront couvertes de l'ombre du moyen âge, de ses institutions et de ses idées, nous serons destructeurs, nous serons des révolutionnaires ( i).»
Révolution ! Destruction de l'ordre social ! Et contre qui la faire et comment la réaliser ?
/, « Aujourd'hui quatre classes oppriment le peuple : l'épée, la robe, la bourse et la soutane. »
(( Ces quatre classes forment toute la bourgeoisie qui ne vit que du peuple, de ses productions et de son travail. »
(> La bourgeoisie triomphante de la corporation et dominant la commune a ravi au peuple toute propriété, toute liberté, toute égalité. »
« En vain, pour être gouverné, le peuple donne son sang, sa sueur, son or et ses droits à des dirigeants affrontés et hypocrites qui le ballottent sans cesse de l'anarchie au despotisme, qui le font tourner sans cesse dans un cercle infernal. »
« Que le peuple se souvienne de 1789, de 1848 et de 1871 ! Qu'il s'organise, et il sera prêt, qu'il soit uni, fédéré et il sera fort (2) ! »
La Franc-Maçonnerie française veut donc la fédération du peuple français pour la destruction de l'ordre social et pour la « républicanisation de la propriété ». Mais elle veut cette anarchie sociale avec ses Loges comme cadres et avec ses Frères dirigeants comme chefs :
(i) Le F.'. Doinel, Orateur de la Loge " Les Adeptes d'isis- Montyon » d'Orléans, chef de la Franc-Maç. dans TOrléanais. Journal de la Mac. Universelle, année 1887, page i5.
(2) Le F.'. Fleiiry, membre du Conseil de l'Ordre et Inspecteur pénitentiaire. Revendications sociales, page 78 et 4.
/, « Persuadons bien les ouvriers, en leur ouvrant aussi largement que possible les portes de nos temples, que la République, non pas telle que nous lavons, mais telle que nous voulons l'avoir, est un terrain où tout ce que les prolétaires peuvent réclamer pour améliorer leur condition, est sûr d'être obtenu par Yemploi résolu des volontés ouvrières {\). »
En présence de ces faits officiels, avérés, prouvés et indiscutables, il semblerait que la Franc-Maçonnerie française dût être mise hors la loi parla France.
Les Francs-Maçons belges veulent, eux, la séparation du pays flamand et du pays wallon et le morcellement de la Belgique. En voici la preuve :
Ils veulent détruire l'unité nationale de la patrie belge :
*^ « Le peuple flamand fut autrefois vaillant et fort ; nulle puissance ne pouvait le courber. Mais soudards et bourreaux burent le meilleur de son sang; prêtres et moines lui déprimèrent son cerveau ; l'ignorance et la superstition l'entourèrent de murailles infranchissables. »
a A ce peuple flamand la Franc-Maçonnerie veut infuser un sang plus pur, retremper son intelligence, lui faire respirer un air frais et libre, renverser et détruire les obstacles qui lui barrent la route delà science et du progrès (2). »
Car ils sont une société secrète, révolutionnaire et anti-sociale :
*^ « Nous glorifions les Templiers dont nous sommes les héritiers et nous devons faire tout ce que comme membres d'un tribunal secret nous pouvons faire (3). »
Le secret politique des Francs-Maçons belges est donc
(1) Le F.". Desmons, député et membre du Conseil de l'Ordre, le 18 février i^<H4, dans la Loge « Justice et Vérité » de Saint- Quentin. Journal delà Mac. Univ., 1884, page i5o.
(2) Le F.*. Van den Bosch, Vénérable de la Loge « Les Elèves deThémis » d'Anvers, le i3 novembre 1887. Bidl. du Grand Orient, page 77.
(3) Le F.". Rahlenbeek, SS^ et membre du Suprême Conseil, le 9 avril 1886. Bidletin du Suprême Conseil de Belgique, n° 29, page 44.
— ib3 —
qu'ils organisent l'anarchie sociale en Belgique, au moyen de la Révolution ouvrière, et qu'ils veulent la séparation du pays flamand et du pays wallon, le démembrement, l'effondiement de la Belgique.
Rien de ce qui se passe en Belgique n'est indifférent aux maçons français et la communauté d'action des sectaires des deux pays apparaît jusque dans les plus petites choses. En novembre 1884, la loge Y Etoile Polaire de Paris a voté une somme de 35 francs pour la souscription ouverte par la Loge le Réveil du Nord de Lille, et autorisée par le Suprême Conseil du Rite Écossais en France, en faveur des instituteurs belges révoqués par le ministère clérical de Belgique.
Et voici l'explication et la preuve de cette action commune.
La Franc-Maçonnerie est le laboratoire de la Révolution. L'œuvre révolutionnaire (la déification de l'homme et la déchéance sociale de Dieu) préparée dans les ateliers maçonniques de France, a fait le tour du monde, grâce aux loges créées sur tous les points de l'univers. Partout maintenant où se trouvent les adorateurs du Dieu fait homme, on voit s'agiter les fanatiques partisans des droits de l'Homme fait dieu.
Cette rapide propagation de principes subversifs de tout ordre social ne peut s'expliquer que par une entente entre toutes les puissances maçonniques « des deux hémisphères ». Si la Révolution a été pour ainsi dire universelle, c'est que le laboratoire a partout fonctionné, c'est que la Franc-Maçonnerie est une conspiration universelle contre l'Église de Jésus-Christ.
Cette entente des loges des différents pays de la terre est d'ailleurs la chose du monde la plus facile à établir.
/, « Le Suprême Conseil de France, s'écriait le 19 septembre 1887 le F.'. Dequaire, agrégé de philosophie et membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient, relève, dans certains cas, d'un Congrès International, et on ne sait pas ce qui pourrait se produire. » (Journal officiel de la Maçonnerie Française, année 1887, page 632.)
Voilà un aveu dépouillé d'artifice, mais il en est une infinité d'autres qu'il nous serait aisé de recueillir. Au surplus, les Congrès maçonniques internationaux sont assez fréquents pour qu'il soit superflu d'insister.
Il suffit de citer, pour le Rite Ecossais, le Congrès de tous les Suprêmes Conseils qui s'est tenu, en septembre 1875, à Lausanne, et, pour le Rite Français, les Congrès qui ont eu lieu à Paris à l'occasion des expositions universelles de 1867 et 1889.
En 1867, c'est le lieutenant général Mellinet, Grand Maître du Grand Orient de France, qui « convie les Francs-Maçons de tous les Orients et de toutes les obédiences à resserrer les liens qui unissent les membres épars de la Famille maçonnique. » (Bolletino del Grande Oriente délia Massojieria in Italia, 1867, volume II, page 84.)
En 1878, il n'y eut point de Congrès. Sans doute quelques francs-maçons étrangers assistèrent aux travaux du Couvent annuel du 9 au 14 septembre, mais il ne fut point alors question d'entente internationale.
La Franc-Maçonnerie du Rite Français se réservait pour 1889, l'année du « glorieux » centenaire de la Révolution. Le mardi 16 juillet 1889, en l'hôtel du Grand Orient de France, a été ouvert solennellement un Congrès maçonnique international fréquenté par les représentants de presque toutes les puissances maçonniques européennes, et même par les délégués des loges du Brésil, de l'Australie et des États-Unis d'Amérique. Les délégués du Grand Orient de Belgique étaient les F.". F.". Houzeau de Lehaie, Petitbois et Tassel. Des travaux du Congrès nous ne dirons que ceci, c'est que les différents orateurs qui prirent la parole ne s'occupèrent que de la glorification de la Révolution, œuvre de la Franc-Maçonnerie française.
Il nous faut cependant mentionner l'intéressante proposition que voici et qui eut pour auteur le F.'. Eduardo de Puga, délégué du Grand Orient National d'Espagne:
/, « Le Grand Orient National d'Espagne a l'honneur de soumettre à l'appréciation du Congrès international Maçonnique les conclusions que voici :
» Premièrement. — La mission actuelle de la Franc- Maçonneiie consiste à réaliser les progrès praticables des sciences biologiques en ce qui concerne les notions de Liberté, d'Egalité et de Fraternité Universelles.
» Deuxièmement. — Pour contribuer plus efficacement à l'accomplissement de cette mission, toutes les puissances qui participent au Congrès doivent constituer une Fédération à laquelle les autres puissances pourront se joindre ultérieurement.
» Troisièmement. — Dès qu'elle sera constituée, la Fédération donnera naissance à un « Grand Conseil International » qui la représentera d'une façon permanente. Les attributions et les obligations de ce Grand Conseil International seront les suivantes;
» A. Exécuter les décisions du Grand Conseil.
!) B. Proposer les arbitrages par voie de négociations où l'on examinerait les dissidences et litiges qui surgiraient entre les puissances reconnues, liées par le pacte fédératif, à la condition toutefois que les dissidents déclarent se soumettre à l'arbitrage.
)) C. Publier en langue française un bulletin trimestriel contenant, en dehors des dispositions d'intérêt général, tout ce qui peut contribuer utilement à la mission actuelle de la Maçonnerie.
» D. Comme signe d'union à la fois évident et palpable, on adoptera un « mot de l'année » particulier aux puissances confédérées que celles-ci, de leur côté, feront parvenir aux affiliés en rapport avec elles.
» Quatrièmement. — Le Grand Conseil International se composera d'autant de membres qu'il y aura de puissances représentées dans la Confédération, il résidera cinq ans dans la capitale de la Nation à laquelle appartiendra chaque puissance, quel que soit le nombre des puissances comprises dans une même nation. Les fonctions de président, secrétaire et autres membres du bureau du Grand Conseil International seront dévolues à des membres dudit Conseil élus par l'Assemblée; il faudra, d'ailleurs, tenir la main à ce que le Président, pour le moins, soit astreint à la résidence dans la capi-
taie respective. L'ordre à observer pour la fixation successive des divers sièges du Grand Conseil dans les capitales des puissances confédérées sera fixé par voie de tirage au sort en Congrès. Il ne pourra être modifié que par décision d'un autre Congrès. »
Cette proposition donna lieu à la résolution suivante due à l'initiative du F.\ Viguier et votée dans la tenue du mercredi 17 juillet 1889 :
*^ « Est déclarée profitable à l'Ordre maç.\ en général la convocation d'un Congrès universel des puissances maç.*. qui serait faite dans le courant de l'année 1890, à une date et en un lieu qui seraient ultérieurement déterminés de concert entre elles. Ce Congrès réglerait lui-même sa périodicité, décennale ou autre, et le lieu de ses tenues ultérieures,
» Le Grand Orient de France est invité, au nom de toutes les puissances présentement représentées comme au sien, à ouvrir avec les diverses puissances mac.", du globe l'échange d'idées nécessaire pour que les conditions d'existence et de formation ainsi que de travail du prochain congrès de 1890 soient, non pas l'œuvre de tel et tel groupement mac."., mais le résultat du consentement commun, préalable et réfléchi, de tous les corps mac.', existant régulièrement à la surface du globe. »
Cette proposition portait les signatures suivantes :
Paul Viguier (G.*. O.". de France) ; A. Houzeau, G.". O.'. de Belgique) ; J.-F. Vegar (G.'. O.". Lusitanien) ; G^e Francolin (G.-. O.-. de Fr.-.); Friquet (G.-. L.-. Symb.-. Ecoss.".) ; E.-C. de Puga (G.\ O.'. National d'Espagne) ; André Tramû (G.*. O.'. du Brésil); E. Bérard (S.*. C". Ecos.*. anc". et ace*, pour la France) F. Desmons (G.*. O.*. de France) ; Louis Amiable (id.) Foussier (id.) ; An. Favrot (G.". L.*. Alpina Suisse) Charles Gester (Suisse) ; Malfuson (G.*. O.'. de France) Poulie (id.) ; Kuhe (O.". de Melbourne) ; Dalsace (G.\ O.". d'Italie) ; de Hérédia (Suprême Conseil de Colon et Cuba).
Ce qui n'était qu'un projet a reçu déjà un commencement d'exécution. Dans sa séance du 2 3 décembre dernier,
le Conseil de l'Ordre du Grand-Orient de France a arrêté les termes d'une circulaire aux puissances maçonniques avec lesquelles le Grand-Orient de France est en relations officielles et amicales et dont voici l'énumération :
Belgique. — Grand-Orient.
Hollande. — Grand-Orient.
Luxembourg. — Suprême Conseil Mac.'.
Suisse. — Grande Loge Alpina.
Hongrie. — Grande Loge Symb.-.
Portugal. — Grand-Orient Lusitanien uni.
Espagne. — Grand-Orient National (Pantoja.) — — Grand-Orient (Rojo Arias.)
Italie. — Grand-Orient.
Grèce. — Grand-Orient Sup.*. Conseil.
Etats-Unis (Amer.). — Grande Loge du Missouri (Boonville.)
Etats-Unis (Amer.). — Grande Loge de l'Ohio.
Mexique. — Suprême Grand-Orient.
Cuba. — Grande Loge de Colon et Cuba.
— — Suprême Conseil.
Haïti. — Grand-Orient.
Saint-Domingue. — Suprême Conseil.
Colombie. — Suprême Conseil.
— (Bolivar). — Suprême Conseil néo-Grenadin (Carthagène).
Brésil. — Grand-Orient.
Pérou. — Grande Loge.
République-Argentine. — Suprême Conseil Grand- Orient.
Uruguay. — Suprême Conseil Grand-Orient.
Libéria. — Grande Loge.
Nouvelle-Galles du Sud. — Grande-Loge.
Cette circulaire, rédigée par le F.". Amiable, maire d'un arrondissement de Paris et président de la Commission des relations extérieures du Grand-Orient de France, était ainsi libellée :
^\ « Très Honorés et TT.*. CC.'. FF.*.,
» Le Congrès maçonnique international, réuni à l'hôtel du Grand-Orient de France, a, par un vote unanime, dans sa séance du 17 juillet dernier, favorablement accueilli la motion suivante, proposée par un certain nombre de FF.\ appartenant aux différentes puissances qui s'y trouvaient représentées. »
(Suit l'ordre du jour voté au Congrès, reproduit cidessus.)
u En vertu de cette résolution, nous vous invitons, Très Honorés et TT.*. CC.'. FF.*., à nous faire connaître le plus promptement qu'il vous sera possible, vos idées relativement à un congrès qui se réunirait dans le courant de l'année qui va commencer, et auquel prendraient part les représentants dûment accrédités des Puissances maçonniques régulières ayant donné leur adhésion.
» Vous voudrez bien donner votre avis sur le lieu et l'époque de la réunion. Le Congrès de 1889 ayant siégé à Paris, nous estimons que celui de i8go pourrait être tenu hors de France; nous vous prions de nous indiquer vos préférences pour un pays oià la Franc-Maçonnerie jouit de sa pleine liberté d'action. — Veuillez nous dire aussi comment vous comprenez l'organisation et le fonctionnement de ces grandes assises maçonniques, notamment quelle devrait être la durée de la session. Il serait utile, enfin, de nous indiquer les sujets que vous désireriez voir traiter sous forme de rapports ou de discours, ou qui comporteraient un débat contradictoire.
» Vous recevrez très prochainement trois exemplaires du volume contenant le compte rendu du Congrès de 1889 avec le texte des discours qui y ont été présentés. Nous avons l'espérance que, en le lisant, vous vous convaincrez que ce premier essai n'a pas été infructueux, et qu'il fait bien augurer, pour l'avenir, de nouvelles réunions du même genre.
» Après le grand succès de l'Exposition universelle, qui a produit de si heureux effets pour le rapprochement des peuples et le maintien de leurs relations pacifiques, il
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appartient à la Franc-Maçonnerie de continuer son œuvre en répandant toujours davantage la Fraternité parmi les hommes, en réduisant de plus en plus le ténébreux domaine de l'ignorance, du fanatisme et de la superstition.
» Agréez, Très Honorés etTT/. CC*. FF.', la cordiale assurance de nos sentiments fraternels. »
Dans sa séance du 20 janvier 1890, le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France décida l'envoi, aux puissances maçonniques non comprises dans la première liste, d'une seconde circulaire préparée parle F.*. Viguier et ainsi conçue :
*^ « Très Honorés et TT.*. CC*. FF.".,
» Le Congrès maçonnique international qui a eu lieu à Paris au mois de juillet dernier, et auquel ont participé là plupart des Puissances maçonniques qui ont pu être convoquées en temps utile, a adopté à l'unanimité la résolution suivante : »
(Suit l'ordre du jour voté au Congrès.)
« Cette proposition a été présentée au nom des représentants des Puissances maçonniques suivantes :
» Grand Orient de Belgique;
» Grand Orient d'Italie;
» Grand Orient national d'Espagne;
» Grande Loge Suisse Alpina ;
» Grand Orient du Brésil;
» Grand Orient Lusitanien uni;
» Suprême Conseil de Colon et Cuba ;
» Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté pour la France ;
» Grande Loge Symbolique écossaise de France;
» Grand Orient de France, Suprême Conseil pour la France et les possessions françaises ;
» Elle a reçu, postérieurement au vote unanime du Congrès, l'adhésion rétrospective de diverses Puissances mac.*.;
)) C'est donc en vertu, non pas d'une initiative propre, — que nous n'avons plus à prendre — mais pour nous acquitter du mandat collectif dont nous sommes investis que nous avons la fav.-. de vous demander, TT.*. CC.'. et honorés FF.'., s'il vous convient de participer à l'échange de vues qui doit, dans la pensée de nos mandants, précéder l'organisation éventuelle ou effective d'un Congrès futur.
» Il ne nous appartient, quant à présent, de concevoir aucune prévision ni quant au lieu, ni quant à la date, ni quant à l'objet de ce Congrès universel.
» Nous nous acquittons seulement d'un devoir de convenance et de gratitude envers noshôtesde 1889 'E. •.¥.•.) en déclarant, par avance, que l'Orient accepté par nous pour ce frat.*. rendez-vous, ne sera pas nécessairement un Orient français.
)) La brochure contenant le compte rendu des Trav.*. du Congrès mac.", internat.", de juillet 1889 vous sera très prochainement adressée.
» Veuillez agréer, TT.'. ce*, et honorés FF.*., l'assurance de nos sentiments frat.\ »
Par l'emploi de cette seconde circulaire on organisait, selon l'expression du F.". Level, « le maximum possible des adhésions au futur Congrès ».
Plusieurs réponses des Puissances maçonniques sont déjà parvenues au Grand-Orient, et le F.". Amiable, déjà nommé, en a donné connaissance aux membres du Conseil de l'ordre dans la tenue du lundi 10 février 1890.
On ne sait pas encore dans quelle ville siégera ce fameux congrès international, qu'on veut rendre périodique, et dont il est superflu de faire ressortir l'importance.
Le rédacteur de la Revue maçonnique italienne exprime le désir qu'il se tienne à Rome. En 1872,1e Grand Orient d'Italie avait eu la pensée d'un Concile maçonnique, et voici les sentiments que les maçons italiens expriment aujourd'hui : « Si vraiment un Congrès universel de la Franc-Maçonnerie est possible, il ne peut être réuni
qu'à Rome. Ici, où a siégé le dernier Concile œcuménique des catholiques, doit siéger le premier Concile œcuménique des Francs-Maçons. »
(Bulletin du G.-. 0.\ de France. — Novembre 1889,
page 476.)
Cet accord, cette entente, cette action commune, sont officiellement reconnus et avoués dans les trois discours du Frère Auguste Hou^eau de Lehaie, professeur à l'École des Mines de Mons et Bourgmestre à Hyon, ancien grand maître adjoint et délégué du Grand Orient de Belgique, prononcés au Congrès Maçonnique International du Centenaire de la Révolution de 1789.
*^ « Très Cher Frère Président, Frère Premier Surveillant, Frère Second Surveillant, et vous MM.\ FF.-. ; en vos grades et qualités,
» C'est au nom du Grand Orient' de Belgique que je viens remercier nos frères de France ; j'ai été tout particulièrement heureux de venir à cette date qui, pour nous, est, comme pour vous, le centenaire d'une grande époque. Vous connaissez tous les liens intimes qui unissent mon pays à la France. Vous vous rappelez que lorsque nous avons voulu chasser l'étranger de chez nous, c'est à la France que nous avons fait appel. Le sang français a coulé à Anvers pour assurer l'indépendance de la Belgique. (Vifs applaudissements.)
)) Nous ne l'oublierons jamais, quelles que soient les destinées de notre pays ; nous sommes un peuple qui avons la reconnaissance dans le cœur. (Nouveaux applaudissements.)
» Aussi, je vous le disais, c'est avec bonheur que je suis venu, parce que la Révolution de 1789 est pour nous la source où nous avons puisé nos institutions politiques. Nous croyons toutefois avec vous que cette Révolution n'est pas terminée; nous croyons avec vous que si vous avez proclamé et si nous proclamons bien haut l'excellence de ses trois principes : Liberté, Égalité, Fraternité, leur application n'est pas encore complète. (Brapos.)
» Nous croyons que si, en 1789, la bourgeoisie a fait litière des privilèges de la noblesse, si elle les a abolis, si elle a profité d'avantages immenses, il est encore, dans la société, des classes qui n'y participent poïnX (très bien). Aussi, nous pensons comme vous, Maçons belges comme Maçons français, et j'ose le dire, Maçons de tous les Orients étrangers, — car ces FF.*, m'ont autorisé à parler en leur nom, — nous pensons dans le monde entier, la Maçonnerie pense qu'il y a plus à faire qu'il n'a été fait jusqu'à présent, que si la Maçonnerie a toujours été à la tête du progrès politique et social, elle doit y rester. Il faut que, dans un siècle, ceux qui viendront puissent dire qu'elle a fait encore quelque chose pour le bonheur de l'humanité.
» Non, toutes les bastilles ne sont pas tombées, la réaction en élève sans cesse de nouvelles. La date que vous célébrez doit être pour nous un enseignement. A la fin du siècle qui s'ouvre, nous devons avoir abattu les obstacles que, chaque jour, la réaction place en travers de notre route. (Applaudissements.)
» C'est pour cela que je vous salue de tout cœur et que je vous remercie d'avoir invité à votre réunion, non seulement les Maçons de France, mais ceux du monde entier, à venir ici proclamer leur attachement à des principes que nous ne devons jamais oublier. (Applaudissem entspro lo ngés .) »
Le Frère Nouveau de Lehaie confirme le discours que l'on vient de lire, prononcé à la séance d'ouverture, le 16 juillet i88g, par le suivant, prononcé à la première séance solennelle du même jour :