MM.-. FF
» Je vous demande pardon de prendre de nouveau la parole. Sous le coup de l'émotion que j'ai éprouvée en écoutant les magnifiques discours que vous venez d'entendre, je crois qu'il est bon qu'une voix étrangère mais amie, vienne s'associer aux félicitations que vous venez d'adresser à leurs auteurs.
» C'est qu'il est un fait que nous ne devons jamais oublier : lorsque la liberté triomphe en France, elle triomphe chez nous ; mais lorsqu'elle est voilée chez vous, c'est en vain que nous luttons pour la faire triompher. Aussi vous pouvez être certains que nos cœurs sont avec vous dans la lutte que vous soutenez en ce moment contre de nouvelles entreprises qui menacent vos libertés. (Applaudissements.)
» Nous sommes, en Belgique, dans une situation difficile, déplorable même ; la Franc-Maçonnerie avait pris en main la grande cause de l'enseignement public, l'Église nous en a depuis cinq ans enlevé la direction. Depuis cinq ans nous voyons les écoles tomber sous les coups répétés du clergé. Profitez de notre triste expérience, il vous en arriverait de même si la France avait encore la faiblesse de se laisser dominer par ce pouvoir contre lequel la maçonnerie lutte depuis son origine dans le monde. (Vifs applaudissements .)
» Aussi MM,'. FF."., permettez-moi de remercier au nom des maçons étrangers, les Frères Amiable et Colfavru des enseignements qu'ils viennent de nous donner. En nous retraçant l'histoire de la Maçonnerie, en nous retraçant l'histoire de la liberté, ils nous ont montré ce qu'il nous reste à faire et ce n'est pas peu de chose. En Belgique nous connaissons cette devise « Repos ailleurs». Elle est de France, et si nous avons tous le courage de la mettre à exécution, nous vaincrons et mettrons fin à ce despotisme qui pèse sur nous et qui menace d'engloutir cette malheureuse Europe, si elle s'abandonne à la direction du catholicisme. (Bravos.)
» Je vous remercie, MM.". FF."., au nom des frères étrangers, des enseignements que voulez bien nous donner. »
Le F.". Desmons : — /^ « Je crois, MM.". FF.", être encore votre interprète en remerciant du fond du cœur et au nom de tous, non seulement notre F.". Colfavru, nous l'avons déjà fait et nous sommes prêts à le refaire, mais en particulier notre F.". Délégué de la Belgique des
sentiments de solidarité qu'il vient de nous exprimer. Qu'il sache, en effet, que si nous pouvons compter sur la Belgique, la Belgique peut aussi compter sur nous, car les mêmes sentiments de solidarité nous unissent et nous aimons à croire que l'une et l'autre, travaillant pour la liberté, vaincront et triompheront. »
(( Une nouvelle batterie de remerciements est tirée en l'honneur du F.', de Belgique et couverte par les cris de : Vive la République et vive la Belgique. »
Le délégué de la Belgique. — /.« MM.-. FF.-., je conserve maçonniquement cette batterie dans mon cœur et avec vous je crie : Vive la République Française! »
Cris de : « Vive la République » et de « Vive la Belgique. »
Enfin, au Banquet de clôture du 17 juillet 1889, le Frère Nouveau de Lehaie s'exprime ainsi :