‹ L'ennemie socialeChapitre 21 sur 44 · MM.-. FF · texte numérisé non relu

MM.-. FF

» Qu'il me soit permis de vous entretenir encore un instant. Voici deux jours que je passe au milieu de vous et j'emporterais, nous emporterions tous dans nosOrients des sentiments de fraternité plus grands, si cela était possible, pour cette nation qui, depuis un siècle, a été le champion de la liberté, de l'égalité, de la fraternité dans toute l'Europe. (Applaudissements .)

» Je dis des sentiments plus intimes encore, pour les maçons avec lesquels nous nous sommes trouvés et qui, venus de tous les points de la France, nous ont montré que celte France, que la réaction cherche à nous représenter comme faiblissante et comme vacillante, est encore équilibrée, et encore vigoureuse et qu'elle saura résister aux entreprises qu'on tente aujourd'hui contre elle. (Vifs applaudissements .)

» Je vous remercie MM.-. FF.-.. Nous ne vous quitterons pas sans regrets ; mais aussi ai-je signé avec beaucoup de plaisir cette proposition de réunir de nouveau

quelque part, l'année prochaine, les délégués de tous les Grands-Orients du monde. Il est nécessaire, à notre époque, que les peuples se Joignent, qu'ils se voient, que les maçons (et les maçons sont la seule organisation qui puisse arriver à ce résultat que nous envisageons comme notre idéal, ce résultat qui, permettez-moi de vous le rappeler, a été indiqué hier comme ayant été imprimé pour la première fois dans un livre édité à Bruxelles : la République universelle), il est nécessaire, dis-je, que les maçons se réunissent.

» J'appartiens à une nation qui vit sous la monarchie, mais j'appartiens à une nation où la maçonnerie a quelquefois eu le pouvoir^et oij elle a cherché à réaliser les principes que nous professons tous. Mais j'appartiens à une nation qui, comme la France, du reste, a deux gouvernements ; quand elle a un gouvernement officiel libéral, quand nous sommes au pouvoir, — et dans le dernier ministère libéral, il n'y avait qu'un seul membre qui ne fût pas maçon et il devait être reçu dans nos loges le jour où il a été nommé ministre, — quand nous avons été au pouvoir, nous avions à côté de nous un gouvernement occulte, qui a fini par nous renverser par la calomnie, par la calomnie sur la question la plus importante de toutes, sur la question de l'éducation publique.

)) Oh I conservez-la bien, MM.". FF.*., conservez-la bien cette instruction publique, car nous payons cher la faute de l'avoir laissé compromettre ! (Salve d'applaudissements.)

» Mais, si aujourd'hui les divisions qui avaient pénétré jusque parmi les libéraux et jusque même parmi les maçons, si depuis quelques jours, ces divisions ont cessé d'exister, c'est parce que nous avons compris qu'il y a une première question qui domine toutes les autres, la nécessité de réunir toutes nos forces pour cette lutte.

» Aussi, MM.'. FF."., j'emporterai de chez vous des sentiments profonds dans mon cœur. Je voudrais pouvoir vous donner à tous l'accolade fraternelle, mais permettez-moi de le faire en la donnant à notre F.*. Desmons, car j'étais tout à l'heure jaloux de votre Pre-

mier Surveillant. Permettez-moi de lui donner ainsi notre témoignage d'admiration pour sa conduite maçonnique et en même temps de vous exprimer mes sentiments de sympatliie pour la Maçonnerie et pour la République française. (Double salve d'applaudissements.) ))

(i Les cris de : Vive la République ! Vive la Belgique ! sont poussés par toute l'Assemblée et le Délégué de la Belgique y répond par le cri de : Vive la France !

» La colonne d'harmonie Joue la Brabançonne (i). »

C'est donc bien réellement dans la politique antipatriotique et anarchiste que consiste, pour le malheur de la France et de la Belgique, l'action commune de la Franc-Maçonnerie française et de la Franc-Maçonnerie belge.

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