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LA FRÀNC-MAÇONNERIE BELGE

S'il est un pays où les intimités de la « Compagnie de Satan » aient été soigneusement, jalousement cachées aux yeux des profanes, c'est bien la Belgique.

C'est pour cela que nous avons pris à tâche de ne dévoiler ces intimités qu'au moyen de documents officiels, indiscutables, destinés aux Maçons dirigeants seuls.

Nous défions hautement, formellement toute contradiction, car nous avons sous les yeux les originaux de tous les documents dont nous faisons usage.

Le F.'. Adolphe de Vergnies 32^, a déclaré, le 4 mars 1887, le jour où le F.*. Bids, Bourgmestre de Bruxelles, a été fait « Chevalier de Saint- André », que: « La Franc- Maçonnerie ne croit ni à un Dieu qui fait tout bien, ni à un Diable qui gâte l'ouvrage de Dieu. »

« Elle ne croit pas que l'homme dégénère. »

(( Elle ne met pas l'idéal dans le passé, »

« Elle a confiance dans l'avenir (i). »

Cette phraséologie manque de clarté, mais d'autres Frères seront plus explicites :

/. « Le véritable Franc-Maçon est celui qui :

» Dans l'ordre philosophique, ne reconnaît d'autre guide que la froide raison;

» Dans l'ordre économique, est noblement épris des aspirations modernes ;

» Dans l'ordre politique, voue à l'idéal théocratique une haine pi?'ile et saine, sans s effrayer d'aucune solution.

» Dans l'ordre maçonnique, veut la marche en avant sans faiblesse et sans frayeur.

(1) Bulletin des travaux du Suprême Conseil de Belgique, n° 3o, page 5o.

» Composée de ces Maçons, la Franc-Maçonnerie peut seule donner la solution des grands problèmes qui se dressent devant nous et qu'il faut résoudre ou périr (i).» Comme c'est l'ordre maçonnique qui nous occupe, il est intéressant de bien connaître « la marche en avant ».

Le 26 novembre 1886, le Souverain Commandeur du Suprême Conseil de Belgique, le F.". Van Humbeeck, ancien ministre de l'instruction publique, a déclaré que le F.". Washer, ancien membre de la Chambre des représentants et Administrateur des Hospices et Hôpitaux de Bruxelles, a pris sur lui de faire suivre chacune des tenues régulières d'une réunion intime où, prenant ensemble quelques rafraîchissements, les F.', puissent faire plus ample connaissance et resserrer entre eux les liens maçonniques, et il a demandé que le Suprême Conseil approuve cette innovation.

Le Suprême Conseil approuve à l'unanimité le maintien de ces réunions intimes (2).

Ces « réunions intimes » n'ont pas le don de plaire à tout le monde, car :

^\ « La Maçonnerie belge adopta la constitution du pouvoir, de l'autorité par voie d'élection, pour que ce pouvoir fût composé des plus dignes. »

« Malheureusement il arriva ce qui arrive souvent dans les œuvres des hommes. A quoi bon des lois, si les mœurs font défaut? »

« Et il en fut ainsi dans la Franc-Maconnerie Belge (3). »

Mais ces protestations si intéressantes ne continueront pas à se faire jour. Les grands chefs mettent le holà, et le

(1) Le F.v Ernest Rei'sse, 33*, agent de change, vice-président du Conseil provincial du Brabant, le g septembre 1888. Bulletin du Grand Orient de Belgique, XV, page 56.

(2) Bulletin du Suprême Conseil de Belgique, n" 3o, pages i i et 12.

(3) Le F.". Henri Pappaert, avocat, grand orateur du Suprême Conseil, le 27 novembre 1874. Bulletin du Suprême Conseil, n» 18, pages 9 et 10.

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Grand Maître National, le F.\ Henri Berge, professeur à l'Université et ancien membre de la- Chambre des Représentants, a attiré l'attention de l'assemblée du Grand Orient de Belgique, sur « les conséquences fâcheuses résultant des indiscrétions commises sciemment ou par négligence ».

Il a insisté sur « les mesures sévères qu'il est indispensable de prendre pour éviter le retour de ces faits regrettables ».

* ^ « Le Grand Orient décide d'inviter les Loges de l'Obédience à rechercher les moyens propres à empêcher ces indiscrétions (i). »

Au sujet de l'innovation maçonnique d'admettre les dames des Maçons aux banquets maçonniques, le F.\ Inspecteur Scailquin croit que si, d'un côté, « il peut être utile de prouver aux épouses des Maçons que rien n'est plus innocent que nos banquets fraternels, d'un autre côté il peut y avoir un grand danger à révéler une partie de nos mystères, de nos cérémonies, dont la forme symbolique sera mal saisie (2). »

Mais ce Frère, avocat à la Cour d'appel, constate que « la femme joue dans la Maçonnerie un rôle d'autant plus grand qu'elle en est exclue; par ce fait même, elle constitue un obstacle pour la Franc-Maçonnerie, car en repoussant la femme du Temple, la Loge s'aliène une force que la science du cœur devrait lui apprendre toujours à respecter (3). »

Donc, c'est déplorable d'empêcher les indiscrétions, mais il faut les empêcher.

Cet exemple est suivi de près par le Suprême Conseil et le F.". Pierre Van Humbeeck, ancien ministre de l'instruction publique, a fait la proposition suivante : « Au point de vue de l'influence que le Suprême Conseil est appelé à exercer dans le monde profane, il est préférable, afin de lui conserver tout son prestige, que le public ne

(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, IX, page 23.

{2) Bulletin du Grand Orient de Belgique, [Il et IV, page 83.

(3) Bulletin du Grand Orient de Belgique, III et IV, page i23.

connaisse pas les noms de tous les membres faisant partie du Suprême Conseil à ses différents degrés (i). »

Cette proposition a été appuyée par le F.'. Comte Goblet d'Aluiella, professeur à l'Université et membre de la Chambre des Représentants, qui a affirmé que « la publication de ces noms peut compromettre les intérêts d'un grand nombre parmi ces membres des différents degrés (2). »

Il faut donc nous résigner à ne pas connaître les noms des Francs-Maçons belges pour leur laisser intacte « l'influence qu'ils sont appelés à exercer sur le monde profane ».

Mais nous pourrons connaître la Franc-Maçonnerie belge, nous pourrons apprécier cette « influence » ?

Erreur ! Erreur profonde ! Même les Francs-Maçons belges ne doivent pas la connaître ! En voici la preuve :

« Le Lieutenant-Général Bruno Renard, Souverain Grand-Commandeur du Suprême Conseil de Belgique, ayant étudié le 28 avril 1876 dans une longue conférence, divers grades de la Maçonnerie Ecossaise, le F.*. Roffiaen, 33® et artiste peintre, sollicita l'impression de cette œuvre importante. »

« Le Grand Commandeur refusa de se rendre à ce désir, à cause des détails, dans lesquels il avait été obligé d'entrer, sur les hauts grades de la Maçonnerie Ecossaise et qu'zV serait imprudent de faire connaître aux Frères revêtus de grades inférieurs (3). »

Quels sont ces « détails » ? Quelle serait celte « imprudence » ? C'est en recherchant cette imprudence que nous parviendrons à savoir, bien exactement, bien complètement, ce que c'est que la Franc-Maçonnerie belge.

D'abord, elle est esclave d'un Pouvoir suprême, car la Loge « La Liberté » de Gand, ayant demandé l'autorisation de réunir tous les Maçons belges pour préparer

(i) Bulletin du Suprême Conseil, n° 23, page 48.

(2) Bulletin du Stiprême Conseil, n° 28, page 49,

(3) Bulletin du Suprême Conseil, n° 19, lignes 29, 3o et 3i delà page 61 ; et lignes 1 et 2 de la page 62.

un réveil énergique de l'opinion publique belge en faveur des principes de progrès et de liberté, en examinant mûrement les quatre questions suivantes :

L'instruction publique ;

L'organisation militaire ;

La question flamande ;

Les empiétements de l'Eglise sur le domaine des pouvoirs publics ;

pour faire sortir de sa torpeur le parti libéral, expression profane de la Franc-Maçonnerie, dont l'engourdissement momentané est dû au manque de précision de son programme.

Le Grand Orient :

/, (( Centre vital qui reçoit et rend, tour à tour, la sève qui circule dans la Franc-Maçonnerie tout entière(i), lui a déclaré :

« Avoir seul le droit de statuer sur ces questions, comme sur toutes celles qui peuvent intéresser la Franc-Maconnerie (2). »

Ensuite, elle n'enseigne rien du tout, car dans son discours officiel du 28 Janvier 1887, lors de sa réception au 27C degré, au grade de Commandeur du Temple, le F.'. Le Hardy de Beaulieu a dit textuellement :

« Depuis mon entrée dans la Franc-Maçonnerie, le même enseignement m'a toujours été donné, tantôt sous une forme, tantôt sous une autre. »

« J'ai dû niy conformer pour être admis à monter de grade en grade (3). »

S'ils n'apprennent rien, que font-ils et pourquoi déclarer que :

,\ « Il est regrettable de voir, à Bruxelles surtout, des Frères autrefois si assidus lorsqu'ils avaient un rôle dans le monde politique, s'abstenir de paraître en Loge, ne fijt-ce qu'une fois par an, dès le moment où ils sont rentrés dans la vie privée (4). »

f 1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, I, page io3. (7) Id., I, page 129.

(3) Bulletin du Suprême Conseil, n° So, page 3i.

(4) Le F.'. Isidore Eyermann, 33" et conservateur des hypothèques

Pourquoi faire sonner si haut que :

/, « Les devoirs Francs-Maçonniques et les devoirs envers la Franc-Maçonnerie, que tout Franc-Maçon contracte envers l'Ordre, le jour même de son initiation aux Mystères de la Franc-Maçonnerie, ne peuvent être méconnus par lui en aucune circonstance de sa vie maçonnique et profane (i). »

Pourquoi mettre « les points sur les i » et déclarer que :

/, « La qualité de Maçon est indélébile et seule l'infamie maçonnique peut exclure le Maçon parjure de la Franc-Maçonnerie. »

(( La démission de membre actif d'une loge dispense le Maçon démissionnaire de participer aux travaux de la loge et de contribuer aux obligations pécuniaires imposées par les règlements. »

« Mais le Franc-Maçon démissionnaire reste justiciable de la loge à laquelle il appartenait au moment de sa démission. »

« La juste sévérité maçonnique ne permet pas et ne peut pas permettre à aucun homme revêtu de la suprême qualité de Maçon de fouler aux pieds les devoirs maçonniques sans trouver immédiatement le châtiment de son forfait (2). »

Ces menaces si injustement sévères n'étaient pas suffisantes, car voici que l'on décrète la création d'une inquisition Franc-Maçonnique.

Car, en réalité, c'est bien l'inquisition que le Grand Orient de Belgique a établie par le décret suivant :

' ^ « En promettant de remplir ses obligations maçonniques, le Franc-Maçon aliène une partie de la liberté absolue de ses actions.

à Anvers, le 27 novembre 18S7. Bulletin du Grand Orient, XV, page 25.

(1) Circulaire du Grand Orient de Belgique du 2 mars i856.

(2) Le F.'. Ernest Allard, Vénérable de la loge " Union et Progrès » de Bruxelles, le 5 mars 1876, confirmé par le F.\ Henri Pappaert, Grand Orateur du Suprême Conseil le 10 mars 187^1 Bulletin du Suprême Conseil, n° 18, pages ig et 40.

» En conséquence les Loges ont le devoir :

» 1° De surveiller les actes de la vie publique de ceux de leurs membres qu'elles ont fait entrer dans les fonctions publiques ;

» 2° De leur demander des explications lorsqu'il paraît qu'un ou plusieurs de ces actes ne tendent pas à éclairer la société du flambeau de la vérité;

)) 3° D'être sévères et inexorables envers ceux qui, rebelles aux avertissements, poussent la félonie jusqu'à appuyer dans la vie politique, des actes que la Maçonnerie combat de toutes ses forces (i). »

Voici pourquoi.

Le F.'. Henri Pappaert, avocat et greffier au tribunal de commerce d'Alost, 33® et Grand Orateur au Suprême Conseil de Belgique, a déclaré le 1 1 mars 1887, lors de la réception comme 33^ du F.\ Couvreur, ancien vice-président de la Chambre des Représentants, que :

/, « L'Ecossisme à son dernier degré croit devoir rappeler à ceux qui doivent gouverner l'Ordre, diriger et instruire leurs Frères, que l'action des Francs-Maçons doit s'étendre au delà des temples (2). »

Ce même « Procureur Général de l'Ordre », puisque tel est son titre officiel, avait formulé déjà plus clairement ce fait, qui maintenant est indiscutable :

(( Le Maçon véritable ne sépare jamais l'homme du Maçon, le Citoyen du Frère. »

(( // ne peut lui suffire de venir en Loge émettre des idées grandes et généreuses, puis se croiser les bras. »

« Le Franc-Maçon doit devenir citoyen et appliquer à son pays les idées qu'il a émises et celles qu'il a entendu émettre (3). »

Etudions de près, de très près quelles sont ces idées,

(1) Décret no yoS du Grand Orient de Belgique du 1" mars i856.

(2) Bulletin du Suprême Conseil, n" 3o.

(3) Le F.". Henri Pappaert, Grand Orateur du Suprême Conseil, le 27 octobre 1876. Bulletin du Suprême Conseil, n" 19, page 76.

qui sont « émises dans les Loges » et que les Francs- Maçons véritables doivent appliquer à leurs pays.

Et d'abord, renseignons-nous au sujet des idées, des opinions de la Franc-Maçonnerie Universelle.

Voici, à titre de document important, les opinions publiquement formulées par le Frère Goffin, Vénérable de la Loge de Spa, dans le « Journal de la Franc- Maçonnerie belge » qu'il dirigeait sous la désignation suivante : « Publié sous la direction d'un Haut Dignitaire de l'Ordre. »

,\ (( Nous ne sommes plus, comme il y a six mille ans, sous l'influence des mystères d'Isis et d'Osiris. Le temps des énigmes et des réunions secrètes a disparu. Il faut que les voiles se déchirent dans l'intérêt des masses ignorantes ou fanatisées et pour le plus grand bien de l'Ordre auquel nous avons l'honneur d'appartenir.

» Les loges maçonniques, foyers de science et de philosophie, se confinent dans leurs temples et recrutent leurs adeptes parmi les gens éclairés et instruits ; le petit nombre de leurs élus cherchaient un centre d'action pour vulgariser leurs idées et espéraient trouver leur point d'appui dans une institution célèbre par l'austérité de ses principes, la notoriété de ses bienfaits et surtout par le mystère qui entoure son existence. A peine initiés, ils découvrent que le secret absolu est une entrave insurmontable à la diffusion de la science, et que pour renverser leurs implacables ennemis, il faut combattre à visage découvert et se soucier fort peu des horions que l'on pourrait recevoir dans la mêlée.

» Nous sommes de ceux-là et nous pensons que tous les compromis doivent être écartés; qu'il faut répandre la lumière à pleines mains; secouer les vieilles habitudes et les traditions surannées; que si la morale des jésuites a été mise à nu par les révélations portées à la tribune française, il est nécessaire que la morale maçonnique ait aussi sa tribune et que l'Ordre, en général, fasse connaître le but qu'il poursuit depuis des milliers d'années. En résumé, il est indispensable de prouver à tous les hommes d'un esprit droit et sensé que la Maçonnerie

n'est pas ce qu'un vain peuple pense et qu'elle est destinée à devenir la véritable religion de l'avenir (i). »

Cette allure religieuse ne plut probablement pas à la clientèle du Frère Goffin, car il ne tarde pas à « séculariser » ses batteries et à déclarer que :

* ^ « Nous ne sommes plus à cette époque d'ignorance générale et de farouche despotisme où les esprits éclairés devaient se réunir secrètement pour étudier en commun les grandes questions qui s'imposent aux méditations de l'humanité. Quand tout s'épanche autour de nous; quand la vie sociale circule avec tant d'énergie et se manifeste dans toutes les conceptions de l'intelligence, la maçonnerie serait seule, de toutes les institutions, à conserver sa forme antique, son rituel suranné, ses usages dispendieux surtout, qui font reculer un grand nombre de jeunes gens désireux d'en faire partie? Gela n'est pas possible! Elle doit se régénérer par l'infusion d'un sang nouveau et se mettre à la hauteur du progrès actuel ; elle doit appeler à elle tous les hommes de bonne volonté pour travailler à la grande œuvre humanitaire ; elle doit rendre l'entrée de ses temples accessible aux classes déshéritées de la fortune et dont le concours, sous la direction des maîtres, serait si utile à la réalisation des importantes réformes que sollicite le bien-être général. »

« A ces conditions seules, la maçonnerie deviendra une association formidable qui pourra culbuter le fanatisme, les superstitions et les préjugés qui ravalent l'homme au niveau de la brute et en font l'instrument docile de la servitude morale et intellectuelle (2). »

D'après le Grand Maître National, le Frère Goblet d^Alviella, voici ce que c'est que la Franc-Maçonnerie.

/^ « Plus qu'aucune autre institution de notre époque, la Franc-Maçonnerie offre au besoin de la forme, naturel à l'homme, des satisfactions, complètes en même temps que rationnelles, dans toutes les sphères de l'activité humaine. »

[\) Journal delà Franc-Maçonnerie belge, n" 1 du 21 janvier 1880. (2) Journal de la Franc-j^Iaço)inerie belge, n° 19 du 2 mai 1880.

« A la fois traditionnelle et progressive, locale et cosmopolite, multiple et une, elle possède des rites qu'on peut dire universels, elle repose sur des traditions dont l'origine se perd dans la nuit des temps, elle professe des symboles dont la beauté mystique n'exclut pas la partie réelle et est, enfin, par cette plénitude d'organisation, en état de lutter contre sa grande ennemie. »

« La Grande Ennemie de la Maçonnerie est l'Église de Rome, doublement puissante par l'importance de son rôle dans le passé et la hauteur de ses prétentions pour l'avenir, nombreuse, habile, disciplinée, s'attachant tous les âges, tous les sexes, tous les rangs par des liens multiples et séduisants. »

« Pour combattre un tel adversaire, seul le parti libéral sera en force, s'il complète son programme politique par le système de doctrines positives et harmoniques de la Franc-Maçonnerie, s'il comprend, enfin, que la Franc-Maçonnerie est la philosophie du libéralisme (l). n

Mais cette « philosophie du libéralisme » est essentiellement intolérante et autoritaire, car : ^\ « Il faut bien le reconnaître : »

« La tolérance politique et religieuse n'est pas encore réalisée dans nos temples. »

(I La Maçonnerie anglaise continue à proclamer qu'il faut être chrétien pour devenir Rose-Croix et au delà. » (( La Maçonnerie américaine, plus puissante encore, tient aussi en majorité à cette même idée, n

'< La plupart des Loges allemandes continuent à exclure de leurs rangs les israélites. »

« Les Loges américaines excluent les nègres. » '( Et si on les sollicite de faire un pas en avant, ces Francs-Maçons répondent :

(( Non, nous n'ouvrirons pas nos Temples aux Juif^-, aux Athées, aux Matérialistes, aux Nègres. »

« Cette réforme rendrait nos temples inhabitables et

(i) Déclaration du Frère Goblet d'Alviella du 6 août 1887. ■^"'letin du Grand Orient de Belgique, 111 et IV, pages 147 et 148.

ceux que nous y aurions admis nous chasseraient au nom du progrès maçonnique. »

« De la tolérance ils n'ont, eux, nul souci et leur exclusivisme est cent fois pire que le fanatisme que vous nous reprochez. »

« Et il faut le reconnaître aussi : »

« Il en résulte la destruction entre les Francs-Maçons de tout esprit de bienveillance mutuelle et d'égalité. »

« Car rien de cette fleur ne reste dans les Loges, quand y entre le fanatisme (i). »

Voilà une peinture bien réaliste de la Franc-Maçonnerie Universelle, une peinture que la si haute situation maçonnique de son auteur rend officiellement, indiscutablement vraie.

Mais, en Belgique, la Franc-Maçonnerie est-elle aussi gangrenée, aussi haïssable ?

Voici les déclarations du même chef dirigeant :

^\ « Eh bien, mes Frères, voici ce que nous voyons en Belgique ! »

« En matière pohtique, des Loges proclament comme étant le but maçonnique la réalisation de la démocratie et discutent, adoptent et cherchent à imposer des solutions en matière àe politique pratique immédiate. »

(( D'autres Loges sacrifient tout au suffrage individuel, et donnent fièrement Ventrée du Temple à des profanes qui ne savent ni lire ni écrire. »

« En matière religieuse, des Loges déclarent ouvertement la guerre à tous les cultes. »

« Elles assignent à la Franc-Maçonnerie cette mission, certes gigantesque — de les détruire tous. »

« Et pour être plus sûres d'accomplir celte tâche, elles veulent que la Franc-Maçonnerie substitue à leurs cérémonies les siennes, en vertu de cet axiome : On ne détruit que ce que l'on remplace. »

(i) Le F.'. Gustave Jottrand, avocat, ancien membre de la Chambre des Représentants, SB*" et Grand secrétaire général adjoint au Suprême Conseil de Belgique, le 28 janvier 1887. Bulletin du Suprême Conseil, n° 3o, page 37, lignes 1 1 à 37.

« D'autres Loges, faisant un pas de plus, refusent d'admettre les récipendiaires qui font profession de Déisme et de Spiritualisme. »

« D'autres, enfin, se constituent pour défendre une doctrine philosophique déterminée, une profession de foi dogmatique, « le matérialisme scientifique » par exemple (i). »

Il est donc avéré, j^roz^î'e d'une manière irréfutable que si dans la Franc-Maçonnerie universelle l'Égalité et la Fraternité n'existent pas, dans la Franc-Maçonnerie belge il manque en outre la Liberté.

Voilà le grand secret, voilà la raison de l'inquisition maçonnique !

La Franc-Maçonnerie belge est une association sans Liberté, sans Égalité et sans Fraternité, qui veut imposer des « solutions » àt politique pratique immédiate en se servant d'illettrés comme instruments inconscients, et qui veut détruire tout culte, quel qu'il soit.

Telle est, nous l'avons prouvé, la tactique de la Franc- Maçonnerie belge. Étudions ses opérations sur la Belgique, au triple point de vue de la politique, de l'enseignement et du catholicisme.

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