Correspojidance, Y'^ssim
lili LENNTI
pour moi, ni moi pour eux; il y en a même dans ceux que je vois le plus souvent, en qui je démêle une jalousie, une envie dont je suis occupée sans cesse à arrêter les effets et les progrès ; la vanité, les prétentions rendent la plupart des gens insociables. Ai-je tort de trouver qu'il est malheureux d'être né^? » « On ne peut être en paix ni avec les autres, ni avec soi-même; on mécontente tout le monde : les uns, parce qu'ils croient qu'on ne les estime ni ne les aime pas assez, les autres par la raison contraire ; il faudrait se faire des sentiments à la guise de chacun, ou du moins les feindre, et c'est ce dont je ne suis pas capable; on vante la simplicité et le naturel, et on bail ceux qui le sont ; on connaît tout cela, et, malgré tout cela, on craint la mort'. » « Convenez que la vie est abominable, que les malheurs sont réels et le bonheur une illusion. J'en suis si fortement persuadée que la vieillesse m'est moins insupportable que naturellement elle le doit être. Je dis sur toutes choses qui me fâchent (et qui sont continuelles) : Cela ne durera pas longtemps; cependant la mort méfait peur; je ne saurais y fixer ma pensée, mais je déteste la vie •^. »
Marc-Aurèle nous offre à considérer l'ennui philoso-
1. Correspondance complèle de la marquise du Deffand, publiOc par M. de Lescure. Lettre à Voltaire en 1T71.