Lettre à H. Walpole, en
3. Lettre à H. AValpole, en 1771. — Elle voit à nu le mécanisme qui fait mouvnir les pantins humains lorsqu'elle dit : « J'admirais hier au soir la nombreuse compagnie qui était chez moi; hommes et femmes me paraissaient des machines à ressort qui allaient, venaient, parlaient, riaient, sans penser, sans réfléchir, sans sentir, chacun jouait .son rôle par habitude... »
phique par mépris do la vie, un mépris doux et hautain, avec des retours d'indulgence pour nos compagnons de misère. Le livre des Pensées est la confession d'une âme plongée dans la contemplation de l'universelle vanité. Renan, qui lui a consacré de belles pages, s'exprime ainsi à son sujet : «... A force d'analyser la vie, il la dissout, il la rend peu différente de la mort. Il arrive à la parfaite bonté, à l'absolue indulgence, à l'indifférence tempérée par la pitié et le dédain. « Passer sa vie résigné au milieu des hommes menteurs et injustes », voilà le programme du sage. Et il avait raison. La plus solide bonté est celle qui se fonde sur le parfait ennui, sur la vue claire de ce fait que tout en ce monde est frivole et sans fond réel. » « Sa sagesse était absolue, c'est-à-dire que son ennui était sans bornes'. »
Pascal envisage l'ennui comme étant le fond de la vie humaine; son style procède par coups de poignard, et brutalement il met à nu la vanité bruyante de ce monde, le vide de notre cœur, l'insatiabilité de nos désirs. Les hommes cherchent à se fuir, à s'étourdir, à oublier leur condition misérable ; ils ne peuvent se passer du « divertissement » ; ils tendent au repos par l'agitation. « De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit d'avoir